Les Bleus sur courant alternatif

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Les Bleus sur courant alternatif
Par Gil BAUDU, envoyé spécial au Mans|Ecrit pour TF1|2012-06-05T20:51:49.000Z, mis à jour 2012-06-06T15:03:14.000Z

La nette victoire face à l'Estonie (4-0) n'a pas balayé le manque de constance d'une équipe de France encore trop fébrile derrière.

ORGANISATION AU COUP D'ENVOI :

Lundi, à Clairefontaine, Laurent Blanc avait clos le débat : l'équipe de France joue "en 4-3-3, avec une sentinelle devant la défense et deux milieux plus libres offensivement". Au Mans, comme à Reims cinq jours plus tôt, les Bleus ont effectivement évolué dans cette configuration. Dans un onze de départ qui ressemble à s'y méprendre à une équipe-type, celle susceptible de débuter l'Euro lundi prochain, face à l'Angleterre (18h). Sur le flanc gauche de la défense, le sélectionneur a privilégié l'expérience de Patrice Evra à la forme de Gaël Clichy. En charnière centrale, il a maintenu sa confiance au tandem Rami-Mexès, malgré la "bonne prestation" de Laurent Koscielny face à la Serbie (2-0). Au milieu, le trio Cabaye-Diarra-Malouda, si complémentaire à Reims, a logiquement été reconduit. Et devant, Samir Nasri a préservé sa place sur le flanc droit. A un poste où il a ses repères à Manchester City. Mais où il n'a pas encore convaincu en Bleu.

De la 1re à la 20e minute : Du retard à l'allumage

C'est un mal suffisamment récurrent pour qu'il faille le gommer au plus vite: cette équipe de France connaît des débuts de matches poussifs. Ce fut le cas face à l'Islande (3-2). Ce fut encore le cas face à l'Estonie. Pendant une vingtaine de minutes, les Bleus ont affiché de vrais signes de fébrilité. A trop vouloir apporter offensivement, Debuchy et Evra en ont, une fois de plus, occulté leurs obligations défensives. Résultat : un duo Rami-Mexès livré à lui-même, et pour tout dire, inquiétant. Comme sur cette relance kamikaze du Milanais, dont Puri a failli profiter au bout de huit minutes. Pendant ces vingt minutes initiales, Malouda a réclamé un pressing qui s'est fait désirer ; Nasri a souvent déserté son flanc droit pour se rapprocher de Ribéry ; et le jeu tricolore était trop lent, trop prévisible, pour faire frissonner la MMArena.

De la 20e à la 30e minute : L'art du contre

Puisqu'elle était incapable de prendre le contrôle des opérations, l'équipe de France s'est mise à reculer. De cette façon, elle s'est ouvert des espaces qui lui manquaient jusqu'ici. Comme en Allemagne (1-2), les Bleus ont alors excellé dans l'art du contre. Le but de Franck Ribéry, sur une remise géniale de Karim Benzema, n'a fait qu'illustrer ce propos. Il a récompensé une période au cours de laquelle l'équipe de France a laissé le ballon aux Estoniens.

De la 30e minute à la mi-temps : Du mouvement, enfin

Le but de Ribéry a aussi eu le don de débloquer l'équipe de France. Il l'a incitée à raviver son dessein initial : jouer. Avec, cette fois, des mouvements et des combinaisons qui ont rappelé la première période, convaincante, face à la Serbie. Enfin sûre d'elle, la bande à Laurent Blanc s'est ainsi créé des occasions à la pelle. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle a lâché le ballon plus vite, parce que ses transmissions ont été précises. La frappe victorieuse de Karim Benzema a nettoyé la lucarne estonienne à un moment où la domination tricolore était enfin perceptible.

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De la 46e à la 65e minute

Quand cette équipe de France est en confiance, quand elle ne se pose plus des questions métaphysiques, elle fait mal. Son début de seconde période n'a été qu'une suite logique de sa fin de première. Et là encore, il a été matérialisé par un but de Benzema. L'entrée de Mathieu Valbuena, à la place de Yohan Cabaye, n'a pas freiné son enthousiasme. Ni bouleversé son organisation : le lutin marseillais s'est positionné dans l'entrejeu, aux côtés de Diarra et de Malouda. Au grand dam de Nasri, qui voulait manifestement s'octroyer davantage de libertés. Lundi, Blanc affirmait "savoir où faire jouer" le Citizen. On a la réponse : ce sera à droite, et pas ailleurs.

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De la 65e à la 90e : Des changements qui redistribuent les cartes

Laurent Blanc a profité, comme il l'avait annoncé, de la dernière demi-heure pour multiplier les changements. Les entrées de Marvin Martin et de Laurent Koscielny ont redistribué les cartes au milieu : le Sochalien s'est placé comme relayeur, à gauche... de Koscielny. Le Gunner a suppléé Alou Diarra dans son rôle de sentinelle. Un rôle inédit pour l'ancien Tourangeau, mais où il a pu exprimer ses qualités défensives. Les entrées successives de Giroud, Ménez et Ben Arfa ont donné au 4-3-3 initial un air de 4-2-3-1 expérimental. Mais plus efficace qu'il n'en avait l'air : le quatrième but, signé Ménez, a masqué des dernières minutes poussives.

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