Les Bleus enfermés dans leurs incertitudes

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Les Bleus enfermés dans leurs incertitudes
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-23T21:32:34.000Z, mis à jour 2012-06-24T16:00:33.000Z

La France a été sortie par une Espagne qui a gentiment déroulé, aidée par un adversaire appliqué, mais incapable de se lâcher. Analyse.

Organisation au coup d'envoi : dans la lignée des trois premiers matches, on imaginait bien que Laurent Blanc réserverait une petite surprise quant à la composition de départ de l'équipe de France. Mais pas à un tel chamboulement. Pour répondre au défi technique imposé par l'armada espagnole, le sélectionneur des Bleus a troqué le 4-2-3-1 pour le 4-3-3 et a changé quatre de ses hommes. Pour l'un, il n'a pas eu le choix (Koscielny entrant, Mexès sortant). Pour les trois autres, en revanche, il a agi en son âme et conscience. Exit Nasri, Diarra et Ben Arfa. Bonjour - ou rebonjour - Réveillère, Cabaye et Malouda. Conscient que le travail principal des Bleus serait de boucher les trous et de solidifier l'assise défensive, avant d'espérer mieux, Blanc a positionné Debuchy sur le côté droit de son animation afin de profiter de ses qualités de défenseur, ainsi que de sa propension à aller de l'avant, héritée de son ancienne vie de milieu de terrain. Florent Malouda, entré en pointe gauche du milieu à trois, a lui été relancé pour son aptitude au combat et son expérience. En défense, aucune surprise quant à l'organisation des quatre, Koscielny entrant dans l'axe gauche.

Les Bleus enfermés dans leurs incertitudes

De la première à la 45e minute : Une surprise ? Pas de surprise

Les matches ne ressemblent jamais à ce que l'on imaginait. Sauf exceptions, dont Espagne - France fait partie. Comme prévu et annoncé, les Bleus ont accepté de laisser le ballon aux Rouges et se sont avant tout concentrés sur le quadrillage du terrain, le pressing et la récupération du ballon. Ils ont été compacts avec un Yohan Cabaye qui a parfois pressé à hauteur de Karim Benzema ou de Franck Ribéry, lequel a constamment "joué la carotte". Durant le premier quart d'heure, pas d'alertes écarlates, mais des avertissements venus du côté gauche de Clichy, où Fabregas et compagnie se sont fait un malin plaisir à passer. A droite, Réveillère et Debuchy avaient correctement tenu leur couloir, avant que le but trouve son origine de leur côté sur un débordement de Jordi Alba, repris par Xabi Alonso laissé complètement seul par Gaël Clichy, encore une fois trop rentré dans l'axe, et Florent Malouda, qui n'a pas suivi le Madrilène.

Menés au score, les Bleus n'ont pas dévié de leur plan initial, forcés par l'adversaire et leur disposition tactique. Jouer vite à la récupération du ballon, c'est bien. Problème, cela amène souvent à perdre le ballon rapidement et à offrir à la vague la possibilité de déferler, si tant est que le verbe soit adéquat tant les champions du monde et d'Europe ont fait preuve de patience dans la construction et dans la gestion de leur avantage, preuve de leur extrême maturité. A la demi-heure, l'équipe de France a connu un coup de mieux. Plus tranchants une fois en possession du ballon, ces derniers n'ont cependant jamais mis en danger l'Espagne, toujours très bien en place, sinon sur un coup franc de Cabaye.

De la 46e à 65e minute : L'Espagne endort le match

Forte de son avantage, l'Espagne a repris la seconde période comme elle avait terminé la première. Sur un rythme de sénateur. Les Bleus, eux, ont eu du mal à sortir de leur logique, trop appliqués à éviter les trous dans les intervalles mais ont profité de la somnolence ibère pour mettre un peu plus de peps dans leurs offensives. Devant, Karim Benzema a une nouvelle fois préféré prendre du recul plutôt que d'offrir des solutions dans la profondeur. C'eut pu fonctionner si, sur les quelques possibilités bleues, Ribéry et lui avaient fait preuve de plus de justesse technique.

De la 65e à 78e minute : Nasri et Ménez, renforts absents

Dans l'impasse en 4-3-3, Laurent Blanc a lancé Samir Nasri et Jérémy Ménez dans le bain, en lieu et place de Florent Malouda et Mathieu Debuchy, et remis le 4-2-3-1 au goût du jour. Yann M'Vila et Yohan Cabaye restant désormais seuls dans l'entrejeu. Les minutes passant, le bloc s'est logiquement étiré sans que l'Espagne ne montre plus de vie et d'envie. Les Bleus n'en ont pas profité. Les deux entrants n'apportant pas plus que de la fraîcheur.

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Après la 78e minute : Giroud, mais pas deux pointes

Même mené à dix minutes de la fin d'un match à élimination directe, Laurent Blanc n'aura pas osé aligner deux pointes ensemble sur le terrain. Si Olivier Giroud est entré à la place de Yann M'Vila, Karim Benzema est venu se positionner en lieu et place de Samir Nasri, en 10, alors que ce dernier a reculé dans l'entrejeu. Giroud et son poids n'ont servi à rien. Benzema s'est parfois aventuré à gauche mais jamais à hauteur du point de penalty, là-même où Xabi Alonso a terminé le travail et renvoyé les Bleus au pays.

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