Les Bleus du PSG et le mur Ancelotti

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Les Bleus du PSG et le mur Ancelotti
Par William-Alexandre PROUST|Ecrit pour TF1|2012-05-25T22:06:00.000Z, mis à jour 2012-05-26T22:13:36.000Z

Les Parisiens Kevin Gameiro, Guillaume Hoarau et Mamadou Sakho n'iront pas à l'Euro 2012. Ils n'ont même pas su trouver une place dans la liste élargie. C'est la conséquence fâcheuse et indirecte de l'arrivée de Carlo Ancelotti à la tête du club de la capitale. Pour eux, l'hiver a tout changé.

Ancelotti m'a tuer. L'été dernier, l'histoire semblait déjà écrite : Mamadou Sakho allait poursuivre sur la lancée de sa formidable saison 2010-2011 et rallier l'Euro 2012 en tant que capitaine du PSG en puissance. Accompagné de Kevin Gameiro, l'attaquant de pointe des quatre fantastiques des Rouge et Bleu, et peut-être même de Guillaume Hoarau, qui avait lui aussi un bon coup à jouer avec son profil "atypique". Près d'un an plus tard, ces trois-là ont été écartés de la pré-liste de Laurent Blanc. Mamadou Sakho n'est plus que le capitaine du banc de touche. Nenê, Javier Pastore et Jérémy Ménez ne forment plus que les "trois fantastiques" car le héros Kevin Gameiro a perdu ses pouvoirs. Puis Guillaume Hoarau n'est plus l'attaquant de pointe d'1m92 en vogue, Olivier Giroud, même taille, a pris son costume. En plus, il joue, il marque, il est sacré champion de France.

C'est le symbole d'un projet ambitieux qui n'a pas profité à tout le monde au Paris Saint-Germain. L'absence de ces trois Rouge et Bleu n'est qu'un dommage collatéral pour les têtes pensantes du club de la capitale. Pour les intéressés, c'est surtout la conséquence de l'arrivée de Carlo Ancelotti à la trêve hivernale. Sous les ordres d'Antoine Kombouaré, Kevin Gameiro était encore sous le feu des projecteurs. "Il a eu des problèmes quand je suis arrivé, reconnaissait Carlo Ancelotti en conférence de presse. Il a donc perdu un peu de confiance en deuxième partie de saison."

On a beau être l'attaquant numéro un d'un club, quand le coach décide de jouer avec seulement trois milieux offensifs et aucune pointe, on se rend compte qu'on n'est plus si indiscutable. C'est l'expérience faite par l'ancien Lorientais, qui a joué 1593 minutes (pour neuf buts) sous l'ère Antoine Kombouaré mais seulement 689 minutes (pour deux buts) avec Carlo Ancelotti. Pendant un temps, Guillaume Hoarau lui est même passé devant dans la hiérarchie. Un coup fatal porté au capital confiance de Kevin Gameiro, alors que le Réunionnais partait d'encore plus loin. Mais ce dernier, s'il a considérablement amélioré son temps de jeu avec l'Italien aux commandes, a beaucoup moins joué qu'Olivier Giroud en seconde partie de saison (640 minutes contre 1585 pour le Héraultais). "Ça faisait un petit moment qu'ils ne jouaient plus, alors forcément ils se posaient des questions", avouait Christophe Jallet vendredi dernier. Pour Mamadou Sakho, il était plus sceptique.

Sakho, le gros coup dur

Les Bleus du PSG et le mur Ancelotti

Car c'est bien le cas qui fait le plus débat. L'absence du jeune capitaine parisien à l'Euro a beau soulever des points d'interrogations en pagaille du côté des Camp des Loges, il faut bien reconnaître qu'elle n'a rien d'illogique. L'équipe de France est déjà bien fournie en défense centrale et la convocation de Mapou Yanga-Mbiwa n'a rien de scandaleuse. Cette saison, le Francilien a disputé 1772 minutes de jeu. Le Motpelliérain, lui, 3049 minutes. "Mamadou traverse une situation délicate avec son club. On doit appeler un quatrième défenseur central capable de jouer de suite", avait expliqué Laurent Blanc à l'annonce de sa pré-liste.

L'ennui, c'est que Mamadou Sakho a pâti lui aussi de l'arrivée de Carlo Ancelotti, alors qu'il avait toute la confiance d'Antoine Kombouaré. Et ce, même s'il a au final moins joué avec le Kanak que l'Italien, mais en raison d'une blessure qui l'a écarté des terrains sept journées durant en septembre et octobre dernier). "Ce sont des coups durs que l'on doit accepter, souligne d'ailleurs Antoine Kombouaré. Il faut relever la tête et ne pas douter de ses qualités pour repartir de l'avant. A lui de relever ce défi." Christophe Jallet a son analyse : "Je pense qu'il s'agit d'une perte de confiance. Il s'est peut-être posé trop de questions. Mais il est jeune, je pense qu'il rebondira vite."

Malheureusement, le tort de Mamadou Sakho ne s'est pas limité à de la perte du temps de jeu. Les rares fois où il a joué sous Carlo Ancelotti, il n'a pas été rassurant, en témoigne par exemple son entrée calamiteuse à Lille (1-2) lors d'un faux pas qui, pour certains Parisiens, a été le tournant de la fin de saison. La chute est en tout cas plus dure que pour ses coéquipiers. Annoncé comme étant le futur patron des Bleus, au point d'avoir une apparition de choix dans les derniers spots de pub de l'équipementier de la sélection, le défenseur en vient à réfléchir désormais à son avenir à court-terme. "C'est le temps de jeu qui comptera pour moi la saison prochaine", a-t-il confié au Parisien. L'arrivée de QSI est ce qui pouvait arriver de mieux au Paris Saint-Germain. Pour son avenir. Mais les dommages collatéraux sont sérieux.