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"Les Bleus dans un cercle vertueux"

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'Les Bleus dans un cercle vertueux'
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2012-06-18T12:08:52.000Z, mis à jour 2012-06-18T13:59:54.000Z

Pour notre envoyé spécial en Ukraine, Maxime Dupuis, la victoire face à l'Ukraine peut constituer un déclic pour les Bleus.

Valti : La France peut-elle aller au bout de cet Euro ?

Maxime Dupuis : A question directe, réponse directe. Peuvent-ils aller au bout ? Pourquoi pas ? Jusqu'ici, l'équipe de France suit une progression linéaire, et ceci depuis le début de la préparation. Si les Bleus poursuivent sur leur lancée, tout est permis, même si, il faut le reconnaître, l'Espagne et l'Allemagne évoluent un bon ton au-dessus. Ces deux formations ont construit quelque chose depuis de longues années désormais. Et la France n'est qu'au début de son histoire.

Yannou : Une défense Koscielny - Mexès ne serait-elle pas plus souhaitable que de nouveau une défense Rami - Mexès pour le match de mardi ?

M.D. : Je ne crois pas. Et d'ailleurs, Laurent Blanc ne le fera pas. Il faut se faire à l'idée que Mexès - Rami est sa charnière. Point barre. Et sauf accident, qui serait d'ailleurs, peut-être rédhibitoire, il ne changera pas. Samedi, le sélectionneur a parlé de Rami. Ce dernier a besoin d'être rassuré mais Blanc croit plus que jamais en lui.

Visiteur : Pensez-vous que Ménez aura sa place dans le prochain onze de départ ?

M.D. : En tout cas, il la mérite. Et au-delà de son but, vendredi face à l'Ukraine, c'est surtout son apport et son positionnement qui ont fait du bien aux Bleus. Nasri, à droite, rentrait trop dans l'axe, Ménez, lui, s'est tenu à son couloir, sauf quelques permutations logiques, et a permis aux Bleus de gagner en latéralité et d'étendre la défense ukrainienne. Face aux Anglais, les Français avaient joué dans un entonnoir.

Fastkoala : Pourquoi ne pas ménager Lloris pour les quarts, et faire jouer un peu Mandanda ou Carrasso ?

M.D. : Ménager un gardien ne sert pas à grand chose. Ensuite, on ne peut pas dire que Lloris ait eu énormément de travail lors des deux premiers matches où seuls deux tirs adverses ont été cadrés. Enfin, il serait bon de ne pas oublier que les Français ne sont pas encore qualifiés pour les quarts de finale de la compétition.

Djé : L'équipe de France va-t-elle faire tourner son effectif ou viser la première place ?

M.D. : Je le répète, il n'est pas question de première ou de deuxième place mais de se qualifier. Et même si les conditions semblent favorables aux Bleus, ils ne sont pas assurés de jouer les quarts. Donc, prudence. Quelques exemples passés devraient pousser à rester les Bleus sur leurs gardes.

Tom-Filip : Cabaye est-il vraiment le stratège au milieu ? La tête pensante des Bleus ?

M.D. : Je ne dirais pas "stratège". Mais Cabaye est d'une grande importance dans le jeu des Bleus, ce n'est pas un numéro 10 mais un relayeur qui sait quand donner le ballon, à qui et où. Son intelligence est reconnue et saluée par le sélectionneur et il est désormais essentiel, voire même indispensable à la bonne marche des Bleus. En revanche, pas sa tête pensante. Pas encore...

Alp91 : A votre avis, Valbuena a-t-il une chance d'être titulaire contre la Suède ?

M.D. : Aucune. Sauf en cas d'épidémie. Mais néanmoins, le voir entrer ne serait pas une surprise si grande que cela. Tout dépend des besoins et des circonstances. Si les Bleus mènent, Laurent Blanc pourrait être tenté de donner du temps de jeu au Marseillais. Depuis le début de la compétition, 16 des 20 joueurs de champ ont déjà joué. Pas impossible qu'une partie de ceux que l'on a pas encore vus soient sollicités mardi.

Thibaud : La victoire contre l'Ukraine peut-elle constituer un déclic important pour cette nouvelle équipe de France ?

M.D. : Un déclic ? Peut-être. Mais même si ce n'est pas le cas, elle a permis aux Bleus d'avancer et c'est là le plus important. Dans une compétition comme celle-là et avec une équipe comme les Bleus, qui n'a pas encore beaucoup d'expérience, chaque petit pas compte. Ne serait-ce que pour la confiance. Là, désormais, les Bleus savent qu'ils peuvent gagner un match en compétition internationale, ce qui n'était plus arrivé depuis 2006. Et s'ils peuvent en gagner un, pourquoi pas ? C'est un cercle vertueux.

Xav : Blanc adapte l'équipe en fonction de l'adversaire et des qualités de chaque joueur français, pensez-vous qu'il fera son équipe à partir des 17 joueurs déjà utilisés ou certains des six autres joueurs peuvent espérer avoir du temps de jeu demain ?

M.D. : Dans les six, vous pouvez déjà retirer les deux gardiens de but. Après, tout reste ouvert. Si l'on en croit Laurent Blanc, il prend les joueurs pour leurs qualités et en fonction de l'adversaire. On l'a notamment vu avec Evra et Clichy. Cela pourrait continuer demain. Néanmoins, plus la compétition va avancer, plus le sélectionneur s'appuiera sur les "hommes forts". C'est naturel. Et Matuidi, Réveillère, Valbuena et Koscielny auront sans doute du mal à être de ceux-là. Mais au moins savent-ils qu'ils peuvent avoir leur chance.

Gab : M'Vila, indéboulonnable depuis deux ans sous l'ère Laurent Blanc, va-t-il définitivement être victime de sa blessure face à la Serbie, au vu des dernières performances d'Alou Diarra, ou peut-il encore revenir à la place ou à côté du Marseillais ?

M.D. : Yann M'Vila a confié qu'il était "un petit peu déçu" de ne pas jouer. C'est humain. Mais le Français a également tiré un grand coup de chapeau à Alou Diarra, qui est excellent depuis le début de la compétition. Si bien qu'il est difficilement sortable du onze. En revanche, comme vous le dites, Yann M'Vila peut entrer dans cette équipe. A côté de Diarra, comme face à l'Angleterre.

Skyline : Benzema mérite-t-il d'être titulaire ?

M.D. : C'est sans doute une boutade ? Non ? Je vois où vous voulez en venir alors. 0 but en deux matches, une propension à jouer loin du but qui vous agace semble-t-il. Vous n'êtes pas le seul. Et ça se comprend : Benzema gagnerait à jouer dans la boite. On est d'accord. Néanmoins, le Madrilène a juste délivré deux passes décisives, vendredi face à l'Ukraine. Dont une splendide à Cabaye. Ce n'est pas si mal. Et rien que pour ça, on peut imaginer que Benzema mérite d'être là.

DRIDRI : Si la France venait à se qualifier, quel serait le meilleur adversaire ?

M.D. : Je n'aime pas raisonner en ces termes. C'est après un match que l'on peut tirer des conclusions. Mais à défaut de vous donner mon avis sur le meilleur, je ne vais pas vous étonner en vous disant que l'Espagne serait le pire cadeau possible.

Xav : La forme ascendante de Mexès : il y a eu des commentaires sur ses quelques kilos en trop. Il semble plus affuté maintenant, le staff de l'équipe de france lui a-t-il fait un programme physique spécifique ou les matchs répétés sont la raison de cette amélioration ou les deux ?

M.D. : Honnêtement, je ne le trouve pas plus affûte physiquement. Mais plus en forme, en jambes et assuré, oui. C'est certain. Après une saison tronquée, Philippe Mexès avait besoin de rythme. Il l'a repris petit à petit. Quant à son programme, rien de spécifique, sinon que le staff le suit de près et l'encourage à faire des efforts, au niveau de son alimentation notamment. Il est lui-même volontaire. Cela semble porter ses fruits, sans mauvais jeu de mots.

Mathis : Maintenant que la France joue bien, beaucoup d'observateurs et de journalistes placent la France parmi les favoris de cette Euro. Qu'en pensez-vous ?

M.D. : Dans le groupe des journalistes français, personne ne dit cela. Cependant, à la vitesse où vont les choses et compte tenu des joueurs qui composent cette équipe, elle deviendra rapidement un outsider sérieux si la Suède se passe bien et que les Bleus avancent encore.

Longe : Les Bleus sont-ils en confiance avant la Suède ?

M.D. : Oui, globalement. Le groupe avance dans la sérénité. Quand vous avez des résultats, c'est toujours plus facile. De surcroît, le travail de Laurent Blanc est remarquable à ce niveau. Il ne s'enflamme pas, ne porte pas ses joueurs sur un piédestal mais a la distance nécessaire pour les mettre dans des conditions idéales. Sa gestion loyale du groupe est essentielle.

Mathis : Pensez-vous que la France à définitivement tourné la page Knysna ?

M.D. : Chez les journalistes, on y pense toujours un peu. Même sur le ton de la boutade, c'est logique. Mais ce que réalisent les joueurs aujourd'hui est de nature à effacer ces souvenirs. Blanc disait en début de stage que les résultats étaient la meilleure des thérapies, il avait complètement raison. La victoire efface beaucoup de choses. Malheureusement, tout dérapage ou rechute et la référence ressortirait naturellement. C'est peut-être injuste mais certaines choses ne s'oublient guère.

LeSunTzu : L'attaque Ibrahimovic-Elmander sera-t-elle le premier test sérieux pour la charnière centrale ?

M.D. : Elmander ne devrait pas jouer mais Zlatan, à lui tout seul, est un test. Le Milanais sera alors le meilleur attaquant que Rami et Mexès aient rencontré jusque-là. Imaginez une excellente prestation face au Milanais et c'est de la confiance supplémentaire que la paire accumulerait. Les Bleus et leur défense ont tout à gagner. Définitivement.