"C'est à ça qu'on juge une équipe"

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'C'est à ça qu'on juge une équipe'
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-15T21:38:16.000Z, mis à jour 2012-06-16T13:49:27.000Z

Six ans sans victoire en compétition et, finalement, un grand ouf de soulagement. Pour les Bleus, ce succès obtenu face à l'Ukraine (2-0) va plus loin que le simple gain de trois points.

Toutes les expériences font grandir. Mais certaines un peu plus vite que d'autres. Vendredi soir à Donetsk, l'équipe de France n'a pas battu la meilleure équipe d'Europe. Personne ne dira le contraire. Eux non plus d'ailleurs. Mais les Bleus en sont désormais à 23 matches sans avoir concédé la moindre défaite. Et, surtout, ont fait sauter un bouchon qui restait coincé dans la bouteille depuis six ans. Six longues années. Entre France - Portugal, demi-finale de la Coupe du monde 2006, et ce 15 juin 2012, l'équipe de France n'avait plus gagné le moindre match de compétition internationale. C'est désormais chose faite. Et ça change tout.

"Six ans en compétition officielle, c'est très long. J'espère que la prochaine victoire de l'équipe de France ne sera pas dans six ans parce que dans ce cas, je ne serai plus là pour vous en parler. J'aurai été viré bien avant", a plaisanté Laurent Blanc, ravi de sa soirée, en conférence de presse. Même son de cloche du côté de Franck Ribéry, d'un niveau exceptionnel face à l'Ukraine. Les défaites et les désillusions, le feu follet du Bayern Munich a donné : "Cela faisait six ans qu'on n'avait pas gagné de match en grande compétition, c'est quand même énorme. On s'est lâché et on a pris beaucoup de plaisir. On est une équipe jeune, on veut tout le temps attaquer et marquer. Plus tard, on devra peut-être faire la part des choses."

"On a de tout"

Quand ce temps sera venu, Alou Diarra sera là pour calmer les ardeurs et la fougue bleue. Mais on n'en est pas encore là et le Marseillais voit déjà dans ce succès un révélateur. Un vrai : "On est dans le vif du sujet. C'est l'Ukraine, la compétition officielle. C'est à ça qu'on juge une équipe. C'est pas mal, on va savourer. Ça faisait six ans qu'on n'avait pas gagné en compétition officielle." Cela valide le travail et la construction d'une équipe qui monte en puissance et ressemble à un mélange bien dosé : "L'expérience et l'insouciance, ça marche bien. Il faut des joueurs d'expérience dans une équipe de haut niveau pour gérer temps forts et faibles. Certains joueurs sont arrivés à maturité, d'autres vont apprendre et le seront dans quelques années. L'amalgame se fait très bien."

Un amalgame qui n'est pas seulement générationnel mais dans la qualité des joueurs : "On a de tout, de la puissance, de la technique et de la vitesse, enchaîne un Alou Diarra très prolixe. On doit encore progresser sur des domaines mais on va dans le bon sens, travailler en faire plus et ne pas seulement se reposer sur le talent de certains. On a une équipe beaucoup plus constante et difficile à jouer. J'espère qu'on va continuer à monter en puissance. Il faut être ambitieux et perfectionniste." Prochain arrêt : Kiev et la Suède pour une place en quart de finale à décrocher. Histoire de grandir encore un peu plus.