"Ça, c'est l'Italie"

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L'Italie s'est retrouvée
Par A. P. et G. Ba.|Ecrit pour TF1|2012-06-10T21:01:55.000Z, mis à jour 2012-06-11T13:07:04.000Z

Pour avoir tenu tête à l'Espagne (1-1), la Squadra Azzurra a balayé les doutes nés de sa préparation houleuse. En étant elle-même.

On l'annonçait fébrile. Touchée au moral par l'affaire des matches truqués. Mais dimanche, l'Italie a tenu la dragée haute à l'Espagne (1-1). Au champion d'Europe et du monde en titre. Ce nul aux allures de victoire, la presse transalpine l'a accueilli avec un soulagement teinté de fierté. "Pétillante, tonique, jamais peureuse" pour La Republica, la Squadra Azzurra a, dixit Tuttosport, "montré sur le terrain tout l'orgueil et l'enthousiasme qui semblaient avoir disparus après des semaines de nuages de poussière, de scandales, de massacre médiatique et politique". Pour reprendre les mots lâchés à chaud par Cesare Prandelli, "ça, c'est l'Italie". "Une grande et belle Italie", souligne La Gazzetta dello Sport, pour qui "la Nazionale s'est débarrassée des doutes des dernières sorties" en ayant "fait jeu égal avec la Roja qui a tout gagné".

Pour comprendre l'emballement médiatique qui s'est emparé de l'Italie, il faut se replonger attentivement dans la prestation de son équipe nationale en ouverture de cet Euro 2012. Positionnée en 3-5-2, l'équipe de Prandelli a assumé sa volonté de subir le jeu. Mais elle s'est aussi montrée entreprenante sur le plan offensif. A tel point d'ailleurs qu'Antonio Di Natale a refroidi les Espagnols le temps de quelques minutes en ouvrant le score avec sang froid. Ce but a récompensé une stratégie moins frileuse qu'elle n'en avait l'air. "Nous avons tenté de mettre la pression sur les Espagnols et pendant soixante minutes, nous avons joué non pas avec cinq mais avec trois défenseurs", décryptait Prandelli après coup.

"Quand nous étions en possession du ballon, nous en faisions bon usage"

Protégée par le pressing du trio Marchisio-Pirlo-Motta, la défense italienne a souvent muselé les milieux de terrain adverses. Un dispositif idéal pour lancer Cassano ou encore Balotelli en contre sur chaque ballon récupéré. Si le Milanais a beaucoup bougé pour user Arbeloa dans son couloir, le Citizen s'est signalé par une nonchalance et un flegme déconcertant. Comme à la 53e minute, lorsqu'il s'est présenté face à Iker Casillas. Au lieu d'accélérer, Balotelli a pris tout son temps pour ajuster le gardien espagnol. En marchant, il a permis le retour de Sergio Ramos. Et a précipité son remplacement par Di Natale. "J'avais déjà cette idée avant que Balotelli ne manque cette occasion, assure Prandelli. J'avais pensé à Di Natale parce que c'est un joueur très créatif et il s'est avéré qu'il nous a aidés à beaucoup percuter en attaque. Sur l'occasion manquée de 'Balo', je n'ai pas grand-chose à dire. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, je pense qu'il a hésité entre le centre ou le tir, voilà tout."

Puisque les attaquants ont tardé à faire la différence, les milieux de terrain italiens ont profité des espaces pour frapper au but. Marchisio et Thiago Motta ont tour à tour tenté leur chance en première période. "Quand nous étions en possession du ballon, nous en faisions bon usage", s'est félicité Prandelli. Preuve que son 3-5-2 n'a pas annihilé ses ambitions offensives, l'Italie a cadré six de ses onze tentatives. Autant que l'Espagne en dix-neuf tirs. C'est l'autre motif de satisfaction pour Cesare Prandelli : sa défense a tenu le choc face aux assauts de la Roja. Daniele De Rossi n'y a pas été étranger. Repositionner le milieu de la Roma en charnière centrale n'avait pourtant rien d'une évidence. Avec la Louve, l'expérience avait plutôt mal tourné (huit buts encaissés en quatre tentatives). Cette fois, de Rossi a réussi ses interventions. Dans les vingt dernières minutes, quand l'Italie commençait à flancher physiquement, il a su tenir la baraque. Accrocher l'Espagne, qui restait sur quatorze succès consécutifs, n'est pas donné à tout le monde. Prandelli y voit le signe que ses joueurs sont "à 100%". Mais le sélectionneur italien sait que la route menant vers les quarts de finale est encore longue. "Pour la suite, nous devons encore améliorer de nombreux aspects."