Dans l'actualité récente

Cabaye, la tête et les jambes

Voir le site Euro 2012 de football

Cabaye, la tête et les jambes
Par De notre envoyé spécial à Donetsk; Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-09T15:55:07.000Z, mis à jour 2012-06-10T10:20:10.000Z

Par son activité et son intelligence, Yohan Cabaye est devenu l'un des joueurs qui comptent en équipe de France. Laurent Blanc en est fan.

Yohan Cabaye a l'allure de ces joueurs que l'on ne remarque pas. Pas très grand, pas très costaud, pas très rapide. De prime abord, on serait tenté de le coller dans la case "joueurs de complément", avant de se rendre compte qu'il est indispensable à la bonne marche d'une équipe. Ce constat, Laurent Blanc l'a intégré depuis quelques mois déjà. Quand il couche son onze sur la feuille de match, le sélectionneur n'a pas de doute quant au sort réserve à l'ancien Lillois. Dans un autre sport, qui se joue avec une grosse balle orange, on dirait de lui qu'il a un QI basket élevé.

Jeudi, à son arrivée sur le sol ukrainien, Laurent Blanc s'est livré au plus beau commentaire qui soit concernant le milieu de terrain de Newcastle : "Yohan Cabaye confirme tout le bien que l'on dit de lui. Ce joueur-là sent le football. Il est intelligent. Des joueurs comme ça, pas besoin de leur expliquer les choses. Ils comprennent." Le genre de remarques qui vous colle une pression monstre sur les épaules. Ou vous sublime. "Ce sont des compliments qui me font vraiment très plaisir, a réagi le principal intéressé samedi. J'ai la confiance du staff et du coach, ce qui me donne encore plus envie de faire plus pour leur rendre la confiance. Si le coach continue à m'aligner, c'est qu'il apprécie que je fais."

L'Angleterre l'a transformé

Depuis octobre 2011, Yohan Cabaye n'est sorti qu'une fois du onze de départ des Bleus. C'était en novembre, lors d'une rencontre amicale remportée face aux Etats-Unis (1-0). Aligné aux côtés de Yann M'Vila le plus souvent, désormais - et par la force des choses - avec Florent Malouda et Alou Diarra, l'international français (13 sélections) s'est installé. Et sera évidemment de la partie face aux Anglais. Pas mal un an après être parti s'exiler à Newcastle, où certains craignaient qu'il noie ses chances et sa carrière internationale dans la Tyne locale. Il n'en fut rien.

Dans le Nord de l'Angleterre, Cabaye, fan revendiqué de Xavi, a pris de l'envergure et de l'épaisseur. "J'ai dû m'adapter au style du championnat anglais. Cela m'a fait gagner en intensité. J'enchaîne mieux les efforts. Courir près de 12 kilomètres à chaque match m'a permis d'étoffer mon coffre, juge-t-il. Je peux enchaîner les actions offensives, jouer dans la surface adverse et réussir à revenir défendre. Le 'box to box' que je faisais déjà à Lille, j'arrive de mieux en mieux à le faire."

Laurent Blanc ne peut que s'en frotter les mains. Lorsqu'il a repris les rênes des Bleus sur les cendres encore fumantes de Knysna, le "Président" est arrivé avec l'ambition de remettre l'équipe nationale d'aplomb. Mais pas n'importe comment. En produisant du jeu. Cela passait évidemment par le talent individuel d'un Karim Benzema ou d'un Franck Ribéry. Mais aussi par un Yohan Cabaye, chef d'orchestre collectif dont le profil et l'intelligence de jeu n'ont pas beaucoup d'équivalence dans le groupe France. Il y a deux ans, lorsqu'il est entré en fin de match face à la Norvège, ce n'était pas encore une évidence. Ça l'est devenu.