Les changements, ce n'était pas maintenant

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Les changements, ce n'était pas maintenant
Par notre envoyé spécial à Donetsk, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-12T10:33:57.000Z, mis à jour 2012-06-13T07:06:47.000Z

Face à l'Angleterre, Laurent Blanc a attendu la 84e minute de jeu pour injecter du sang-neuf dans son équipe. Pas dans l'habitude du sélectionneur et définitivement trop tard.

Olivier Giroud n'est jamais rentré. Mais on l'a vu sortir, lundi soir dans les travées de la Donbass Arena. Démarche nonchalante, allure un brin désabusée. Sans doute par le résultat du match, qui a laissé les Bleus sur leur faim. Probablement également par le fait de rester les fesses vissées sur le banc de touche alors que les Bleus butaient sur un mur blanc et que, malgré toutes les meilleures intentions du monde, il manquait probablement un point fixe dans la surface, celui-là même qui aurait pu délivrer les Bleus et offrir quelque chose de différent. Laurent Blanc en a décidé autrement, comme il n'a pas jugé bon d'injecter un peu de sang neuf avant que le sablier ne soit quasiment vide.

En guise de coaching, Laurent Blanc n'a pas utilisé la totalité de ses cartouches, lundi face à l'Angleterre. Alors que les Bleus dominaient outrageusement les hommes de Roy Hogdson et que la chaleur étouffante pesait clairement sur les épaules des vingt-deux acteurs, le sélectionneur national a patienté jusqu'à la 81e minute pour appeler Marvin Martin et Hatem Ben Arfa. Malheureusement pour eux, victimes d'une phase de jeu interminable et d'un arbitre qui a tardé à les voir alors qu'ils étaient prêts à foncer sur le terrain, il a fallu patienter quatre longues minutes supplémentaires pour que leur Euro commence. Trop tard.

L'heure de jeu en général

Martin et Ben Arfa avaient déjà endossé ce rôle de "jokers" durant la préparation, face à la Serbie ou l'Estonie notamment. Mais avec plus d'élan et de temps pour espérer apporter leur écot. A Reims et au Mans, le Sochalien était rentré à deux reprises à l'heure de jeu tandis que le joueur de Newcastle avait été lancé dans le grand bain à un quart d'heure de la fin dans un contexte, il est vrai, complètement différent. On peut tout de même se demander pourquoi Blanc a-t-il patienté autant de temps. D'autant que sur les derniers matches officiels joués par les Bleus (Albanie et Bosnie), le patron avait œuvré plus rapidement. Et jamais patienté au-delà de l'heure de jeu pour tenter de modifier la donne et déstabiliser les blocs adverses.

Laurent Blanc a regretté la timidité de ses hommes sur le terrain en début de match. L'a-t-il lui même été pour ses grands débuts sur le banc dans une phase finale ? Eclairage avec le principal intéressé : "On revient dans le match. On est à 1-1. On ne peut pas perdre le match. On avait des armes sur le banc, elles sont rentrées à dix minutes (cinq, ndlr) de la fin parce qu'on commençait à piocher dans le cœur du jeu. Si ça avait été un autre match, on aurait peut-être fait des changements un peu plus tôt." Sans doute. Et peut-être un de plus que les deux effectués tardivement. Olivier Giroud l'a sans doute pensé très fort.