Le chantier touche à sa fin

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Le chantier touche à sa fin
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-04T20:51:00.000Z, mis à jour 2012-06-05T16:43:54.000Z

Le match amical de mardi (21h00), face à l'Estonie, doit servir à dégager l'équipe de France qui débutera l'Euro face à l'Angleterre.

C'est un match amical qui n'en est pas tout à fait un. Il fleure bon la répétition générale. Mardi soir, au Mans, l'équipe de France bouclera sa préparation pour l'Euro face à l'Estonie. La perspective de croiser le fer avec la 54e nation mondiale ne fera pas lever les foules. Mais elle n'est pas dénuée d'intérêt pour autant : six jours avant de défier l'Angleterre, la soirée sarthoise s'annonce même déterminante. Riche en enseignements. Officiellement, Laurent Blanc "ne peut pas affirmer" que les onze Bleus alignés mardi seront ceux qui débuteront le 11 juin. Le sélectionneur a déjà été assez refroidi par les blessures de Loïc Rémy, Yann M'Vila, Blaise Matuidi et Steve Mandanda pour savoir que, "d'ici là, beaucoup de choses peuvent changer". "Et puis je ne vais pas vous annoncer des certitudes, a-t-il lâché lundi, à Clairefontaine. On n'est que le 4 juin."

Mais ce discours de façade ne masque pas une réalité : l'heure n'est plus franchement aux essais. Plutôt à dessiner les contours d'une équipe-type. "L'idée, c'est bien sûr de s'en rapprocher le plus possible", admet Blanc. Le Cévenol compte donc sur cette ultime sortie pour accréditer la thèse d'une "montée en puissance", entretenue par les succès face à l'Islande (3-2) et contre la Serbie (2-0). Il "espère qu'il n'y aura pas de problèmes physiques", histoire d'avoir le choix des armes le 11 juin. Et surtout, que son équipe saura être "plus constante dans le jeu". "Jeudi dernier, on a été constant durant soixante minutes. Cette fois, il faudra l'être encore plus longtemps."

"Votre 'kiff', c'est de tout remettre en cause après chaque match"

"On doit monter encore d'un cran et accumuler un maximum de confiance, insiste Florent Malouda. C'est essentiel de prendre de bonnes habitudes." Comme à Reims, le milieu offensif de Chelsea épaulera Alou Diarra et Yohan Cabaye dans l'entrejeu. Sauf coup de théâtre, ces trois-là débuteront l'Euro. A vrai dire, seuls trois points d'interrogation entourent encore le onze qui sera aligné face à l'Angleterre. La "bonne prestation" de Laurent Koscielny face à la Serbie laisse la porte ouverte à une titularisation du Gunner en charnière centrale. Mais Blanc n'a visiblement pas l'intention de bousculer l'ordre établi. Il l'a dit, sourire en coin, lundi, à Clairefontaine : "Votre 'kiff', c'est de tout remettre en cause après chaque match. Doucement... Je sais que ça fait parler et écrire, mais doucement..."

L'autre incertitude majeure concerne le flanc gauche de la défense. Le dossier est brûlant. Blanc s'est contenté de l'esquiver, en rappelant simplement "que l'absence d'Eric Abidal, le numéro un à ce poste, l'avait obligé à redessiner le côté gauche". Patrice Evra et Gaël Clichy se disputent la succession du Barcelonais. Hors sujet face à l'Islande, le Red Devil a laissé le Citizen marquer des points face à la Serbie. A l'image des "latéraux modernes", les deux Mancuniens "sont meilleurs offensivement que défensivement". Probable titulaire mardi, Evra aura l'occasion de corriger le tir. Il n'aura pas le droit à l'erreur. Sous peine de laisser Clichy lui passer devant.

Reste, enfin, le cas du milieu offensif droit. Un poste où Blanc a l'embarras du choix. Mais où il refuse, du moins publiquement, de dégager une hiérarchie claire. Lundi, le sélectionneur s'est pourtant trahi lorsqu'il a évoqué le cas de Samir Nasri. "On sait où on veut le faire jouer", a-t-il d'abord certifié. A droite, là où il a débuté face à la Serbie et où il a ses repères en club ? "Vous verrez le 11 juin... enfin, s'il débute." Vous avez dit lapsus ?

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