Ciel bleu et dégagé sur Donetsk

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Ciel bleu et dégagé sur Donetsk
Par Maxime DUPUIS, à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-07T12:42:56.000Z, mis à jour 2012-06-08T07:48:30.000Z

Pour Laurent Blanc, il n'y a pas lieu de s'inquiéter des quelques errements défensifs entrevus face à l'Estonie (4-0). En revanche, il y a de quoi se réjouir des promesses offensives de la préparation.

Après la thèse face à l'Islande (3-2), l'antithèse contre la Serbie (2-0) et la synthèse devant l'Estonie (4-0), Laurent Blanc a tiré les conclusions de la préparation de l'équipe de France, jeudi à Donetsk. Le sélectionneur national est plutôt serein et encouragé par ce qu'il a vu de Valenciennes au Mans, en passant par Reims. A quatre jours de l'entrée en lice des Bleus face à l'Angleterre, le "Président" sait où il va. Et à vitesse croissante.

D'une équipe complètement tournée vers l'avant et rechignant au combat à une formation plus équilibrée, quoiqu'un peu inquiétante sur sa base arrière, Laurent Blanc a rectifié le tir. Et, lui, ne se fait pas de souci concernant son "back four". Si Philippe Mexès a montré deux ou trois choses préoccupantes face à l'Estonie (4-0), c'est bien en plus en raison de la conjoncture. "Il faut, sans dédouaner les joueurs, dire qu'on avait fait une grosse séance dimanche et qu'ils l'ont plus ou moins bien encaissée. Il y avait un petit peu de fatigue", a révélé Laurent Blanc. Avant d'ajouter, en forme d'avertissement aux premiers concernés, Mexès en tête : "Des fois, aussi, on veut participer à la fête. On se complique la tâche pour mériter une meilleure note le lendemain. Ce ne sont pas des matches pour les défenseurs centraux. Il faut jouer simple. Les Estoniens ont eu trois possibilités, dont deux offertes par l'équipe de France."

En attaque, un tandem est né

Laurent Blanc ne remettra donc pas en cause la paire Mexès - Rami, au moins contre l'Angleterre. Après, tout dépendra de ce qu'aurait réussi (ou raté) les deux acolytes face à Danny Welbeck et ses copains. Le sélectionneur marche à la confiance et voit plus loin. "La confiance, c'est aussi de ne pas remettre en cause chaque joueur à chaque match. SI tu remets en cause ton équipe et ton système..." Avant d'ajouter, en guise de rappel : "On s'est reposé sur une bonne défense durant la qualification. Tout le monde le disait, même si on a dû beaucoup changer de joueurs en raison des absences (ndlr : Philippe Mexès s'est blessé en avri 2011 et n'a retrouvé les Bleus qu'en février 2012). J'espère qu'on va retrouver notre potentiel car sans défense, on ne peut pas aller très loin."

Le secteur offensif, en revanche, plane. Franck Ribéry et Karim Benzema, dont l'entente a enfin éclaté au grand jour, est la grande satisfaction de cette campagne de préparation. Les deux hommes se trouvent comme deux larrons en foire et ont inscrit 5 buts à eux deux. Un tandem est né. "Fondamentalement, on savait qu'on avait des qualités offensives. Encore fallait-il les montrer. Franck Ribéry est sur la bonne voie depuis trois matches, Karim Benzema confirme sa bonne saison au Real", se réjouit Laurent Blanc qui n'oublie pas le reste de sa troupe, ni même Samir Nasri dont il attend plus. "On a des types de joueurs différents, c'est une arme pour un entraîneur."

Compte tenu de cette préparation qui est allée crescendo, Laurent Blanc aborde le premier rendez-vous des Bleus avec suffisamment de certitudes pour, déjà, avoir son équipe en tête. Un luxe que certains de ses prédécesseurs n'ont pu se payer. "Contre l'Estonie, on a joué avec une équipe très proche de celle qui va débuter contre l'Angleterre. Les blessures à l'entraînement pourraient le remettre en cause mais il y a des joueurs qui ont encore confirmé ce que l'on attendait d'eux. Il faut maintenant voir comment l'équipe d'Angleterre va jouer. Ça va se jouer à un ou deux éléments." Les "deux éléments", c'était sans doute pour tenter de brouiller les pistes. On ne sait jamais, des Anglais écoutaient peut-être.