Clichy - Evra, alternance à gauche

Voir le site Euro 2012 de football

Evra - Clichy, primaire à gauche
Par Maxime DUPUIS (envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-17T18:02:34.000Z, mis à jour 2012-06-18T21:52:09.000Z

Depuis le début de l'aventure, Gaël Clichy et Patrice Evra se partagent les titularisations à gauche. Une habitude qui pourrait perdurer alors que les deux hommes ont des qualités bien différentes. Laurent Blanc souhaite en profiter à plein.

Ils vivent dans la même ville, ont lutté pour la même couronne toute la saison et, de l'autre côté de l'Europe, lorgnent désormais la même place en équipe de France. Gaël Clichy et Patrice Evra, respectivement latéraux de Manchester City et de Manchester United, sont en quelque sorte devenus inséparables. Depuis le début de la préparation, les deux hommes se sont partagés les honneurs et les titularisations. Une fois toi, une fois moi. Evra, capitaine des Bleus durant la dernière Coupe du monde, a démarré face à l'Islande, l'Estonie et l'Angleterre. Clichy a eu le droit à la Serbie et, dernièrement, à l'Ukraine.

Si les deux hommes se relaient, ce n'est pas que Laurent Blanc est circonspect. Mis à part Evra face à l'Islande, leurs prestations ont été plutôt positives. Mais le sélectionneur a décidé de s'appuyer sur les qualités et les profils distincts des deux Mancuniens. "On a deux joueurs solides avec des qualités différentes. L'un apporte peut-être un peu plus offensivement, l'autre est sans doute plus rassurant défensivement", se justifie Blanc. Comprenez : Patrice Evra (42 sélections) est meilleur dans sa partie de terrain, Gaël Clichy (13 sélections) plus précieux dans l'autre, lorsqu'il s'agit d'apporter le surnombre. Ceci explique pourquoi Evra avait été choisi face aux Anglais et que Clichy lui a succédé face aux Ukrainiens, alors que le premier n'avait pas démérité contre les hommes d'Hodgson.

"Si on arrive en finale, on sera d'accord"

Vendredi, Laurent Blanc savait que les Bleus auraient plus d'espaces. Il était donc intéressant de voir le joueur de Manchester City débouler dans son couloir, un coup vers l'avant, un coup vers l'arrière. "Il (Laurent Blanc) m'a dit qu'il savait que l'Ukraine avait un arrière droit avec des jambes. Il voulait voir si j'en avais", révèle Clichy, qui a passé le test avec mention. Mais vous l'aurez compris, cela ne lui offre aucune garantie en vue du prochain match. C'est plutôt le profil de la Suède qui lui donne une légère longueur d'avance sur son concurrent direct.

Ce job à mi-temps ne perturbe pas Clichy plus que cela : "Tant mieux si plusieurs joueurs peuvent évoluer à ce poste. Si on joue un match chacun et qu'on arrive en finale, on sera d'accord je pense". L'ancien Gunner se dit prêt à partager mais la situation est-elle viable alors que la défense bleue est encore à stabiliser ? "Si on parlait de changer toute la défense, ce serait un peu affolant, lance-t-il armé de son débit mitraillette. Mais là, sur quatre joueurs, il y en a trois qui restent et un qui tourne."

Si jamais Blanc se décidait en faveur de Clichy, celui-ci serait néanmoins prêt à assumer. Critiqué il y a un an et demi par le sélectionneur pour son manque d'assurance défensive et passé derrière Abidal, Evra, voire même Mathieu, au fil des mois, le Mancunien a rattrapé le temps perdu à vitesse grand V. "C'est marrant mais depuis cette année, je suis un joueur différent. Faire le choix d'aller à City a été un moment clé de ma carrière. Je voulais voir où ça pouvait m'emmener. Ça fait dix ans que je suis en Premier League. Je suis champion avec Manchester City. Quand on arrive avec une coupe dans le sac, on se sent plus costaud." Sur ce plan-là, Clichy a pris le dessus définitif sur Evra. Mais pour le reste...