Les contours sont trop nets

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Les contours sont trop nets
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-06T13:59:27.000Z, mis à jour 2012-06-07T09:03:33.000Z

Les trois matches de préparation ont permis aux Bleus de dégager une équipe-type. Où la logique dépasse parfois celle des chiffres.

LES TEMPS DE JEU NE MENTENT PAS

Le voile est levé. Les trois matches face à l'Islande (3-2), la Serbie (2-0) et l'Estonie (4-0) ont dégagé l'horizon. A moins d'un coup de théâtre, l'équipe de France qui débutera l'Euro lundi, face à l'Angleterre, est connue. Elle ressemblera comme deux gouttes d'eau à celle alignée mardi soir. Parce qu'en début de semaine, Laurent Blanc l'avait admis à demi-mots. Parce que, surtout, les deux dernières semaines ont établi une hiérarchie assez nette. Les onze joueurs titularisés au Mans sont ceux qui ont joué le plus sur l'ensemble des trois rencontres. Philippe Mexès a disputé plus de minutes que n'importe quel autre Bleu. Au terme d'une saison tronquée, le défenseur milanais avait besoin de temps de jeu. Ça s'est vu. Qu'il soit associé à Adil Rami ou à Laurent Koscielny.

Les contours sont trop nets

A l'instar de Mexès, Samir Nasri a squatté les équipes de départ. Mais pas pour les mêmes raisons. Si le Citizen a bénéficié d'un temps de jeu conséquent, c'est avant tout parce que Laurent Blanc lui cherche un rôle bien précieux. Face à l'Islande, son association avec Yoann Gourcuff, dans un 4-3-3 audacieux, a fait pschitt. Le sélectionneur l'a donc installé sur le flanc droit, au poste qu'il occupe en club. Sans plus de succès. Et pourtant, Nasri reste, a priori, l'option privilégiée pour épauler les indispensables Franck Ribéry et Karim Benzema. Plus que Jérémy Ménez (129 minutes joués en trois matches), Hatem Ben Arfa (90 minutes) et Mathieu Valbuena (54 minutes).

Au milieu, Alou Diarra a profité d'un concours de circonstances pour se frayer un chemin. L'expérimentation islandaise a d'abord montré combien l'équipe de France avait besoin d'un authentique récupérateur. Malgré toutes ses qualités, Yohan Cabaye n'en est pas un. Ensuite, la sortie prématurée de Yann M'Vila face à la Serbie a catapulté Diarra sur le devant de la scène. Une aubaine pour le Marseillais : sa puissance athlétique est vite devenue le meilleur allié de ses deux nouveaux acolytes, Malouda et Cabaye, à la justesse technique incontestable et à l'activité débordante. Le trio a aujourd'hui une longueur d'avance sur la concurrence. M'Vila et Matuidi ne sont pas encore sur pied. Et durant les matches de préparation, Marvin Martin s'est contenté de rentrer dans la dernière demi-heure.

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DERRIÉRE LES CHIFFRES, DES CHOIX... DISCUTABLES

Pour tirer des enseignements exhaustifs de ces trois matches de préparation, la simple lecture des temps de jeu ne suffit pas. Elle n'a de sens que si on en analyse le contenu. Et le contenu, justement, a dégagé des états de forme inégaux : certains sont déjà au point, quand d'autres suscitent de vives inquiétudes. Si Ribéry (trois buts et une passe décisive en 141 minutes) est désormais porté par ses jambes munichoises et incarne à merveille la première classe, Evra, Mexès, Nasri et Rami, entre autres, sont à la traîne. Quatre joueurs que Blanc considèrent, pour l'heure, indéboulonnables. Le cas du latéral gauche de Manchester United est à ce titre symptomatique : hors sujet face à l'Islande, Evra s'est à peine ressaisi face à l'Estonie. Entre-temps, Clichy a marqué des points contre la Serbie. Insuffisamment pour déloger le Red Devil et ses 41 sélections. Cette "logique" s'applique aussi aux cas de Mexès, Nasri et Rami, sur qui la concurrence n'a pas de prise. Pas encore.

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