La course aux buts des Pays-Bas

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Les Pays-Bas s'amusent, le Danemark se reprend
Par Thomas CHOLET|Ecrit pour TF1|2012-06-09T14:43:02.000Z, mis à jour 2012-06-10T09:08:08.000Z

Les douze choses que vous devez savoir sur les Pays-Bas avant leur entrée en lice à l'Euro, samedi. Auteurs de 37 buts en 10 matches éliminatoires, les Bataves pourraient être les grands favoris si leur défense était moins médiocre.

SES LEADERS : Les lumières Robben et Sneijder, Van Bommel en disjoncteur

En 2010, Wesley Sneijder méritait pour beaucoup d'être Ballon d'or. S'il a moins brillé cette année, il ne faut surtout pas enterrer le meneur de jeu hollandais, qui est du genre à gérer ses saisons. Grâce à sa vision du jeu inégalée et aux ballons qu'il distille ou frappe, du droit ou gauche, le numéro 10 néerlandais sera une clé de la sélection Oranje. Lors des deux derniers tournois majeurs (Euro 2008 et Mondial 2010), l'Interiste a été directement impliqué sur la moitié des buts bataves (11 sur 22).

Dans un genre différent, mais tout aussi redoutable, la patte gauche d'Arjen Robben peut faire la différence à tout moment, et face à n'importe quel défenseur. Son crochet, toujours le même, passe quasiment à chaque fois. Et en général, le Munichois enchaîne sur des frappes à la précision chirurgicale...

Mark Van Bommel, quant à lui, est également très précis lorsqu'il vise les tibias adverses. Souvent critiqué pour son jeu plus que limite (il n'a rien à envier à son coéquipier Nigel De Jong), le milieu récupérateur du Milan AC abat un travail monumental dans l'entrejeu. Capitaine depuis le départ de Van Bronckhorst, Mark Van Bommel (35 ans) apportera par son expérience et son inimitable talent pour faire disjoncter les adversaires.

SON COACH : Le dilemme de Bert van Maarwijk

Les problèmes de riches ne sont pas forcément les plus faciles à résoudre. En titularisant Robin Van Persie en pointe de l'attaque batave, Bert van Maarwijk a condamné Klaas-Jan Huntelaar au banc touche. Vainqueur de la Coupe de l'UEFA avec le Feyenoord en 2002, finaliste de la Coupe du Monde en 2010, le sélectionneur néerlandais a eu le cran de se priver du meilleur buteur des éliminatoires de l'Euro (12 buts), "déçu et fâché". Autant dire que Van Persie ne doit pas se louper...

SES "FRANÇAIS" : Aucun joueur retenu dans la liste des 23 Néerlandais ne joue ni n'a joué en France.

SES GRANDS ABSENTS : Mathijsen à l'infirmerie, Van Nistelrooy à la retraite

La défense batave vacille. Déjà fébrile habituellement, elle sera très probablement privée de son pilier, Joris Mathijsen, blessé à une cuisse face à la Bulgarie en match préparatoire. Pour épauler John Heitinga, les doublures ne rassurent pas. Bouma, inquiétant face à la Slovénie, devrait passer devant Vlaar davantage grâce à son expérience qu'à son niveau de jeu... L'attaque du plat pays est quant à elle orpheline d'un grand chasseur de but. Après avoir participé aux éliminatoires (2 buts), Ruud Van Nistelrooy a décidé de tirer sa révérence au mois de mai. À 35 ans, celui qui a été meilleur buteur dans trois championnats (Pays-Bas, Angleterre, Espagne) a avoué avoir "atteint (ses) limites physiques", et s'est arrêté à 35 buts en 70 sélections avec les Oranje.

SES GRANDES RÉFÉRENCES :

Trente sept buts en dix rencontres, cela vous pose une équipe. Ou plutôt une attaque, car la défense néerlandaise n'a jamais rassuré lors des éliminatoires de l'Euro 2012, bien qu'elle n'ait jamais eu de vrai gros test à passer. Les hommes de Bert Van Marwijk ont par ailleurs remporté neuf de leurs dix matches qualificatifs, s'inclinant uniquement contre la Suède (3-2) alors que les Bataves étaient déjà assurés de la première place de leur groupe.

SON CALENDRIER : Une entrée en douceur

Pour leur entrée en lice dans l'Euro 2012, samedi, les Pays-Bas affrontent le moins fort de leurs adversaires. Face au Danemark, le plat pays aura l'occasion de régler sa défense et de soigner sa différence de but. Les choses sérieuses commenceront le 13 juin face à l'Allemagne, l'un des favoris de la compétition, et se concluront le 17 juin, face à l'outsider portugais emmené par Cristiano Ronaldo.

SES AMBITIONS : Une revanche sur l'Espagne?

Pour le finaliste de la Coupe du Monde 2010, ne pas sortir du groupe, même "de la mort", serait un échec. "Au cours des trois dernières années, nous n'avons pratiquement perdu aucun match. Nous visons donc la première place. Je ne dis pas cela par arrogance, mais par réalisme", a d'ailleurs lancé le sélectionneur hollandais. S'ils terminaient premiers de leur poule, les Pays-Bas pourraient même rêver d'une revanche en finale face à l'Espagne (à condition que la Roja finisse également première de son groupe). Pour rappel, les Ibériques avaient battu les Néerlandais en finale de Coupe de Monde 2010, et en prolongations (0-1)...

SES ATOUTS : Une force de frappe hallucinante

Si Huntelaar et Van Persie ne figurent pas dans les leaders de la sélection, ils en sont pourtant les principaux dangers. Respectivement meilleur buteur de Bundesliga (29 buts) et de Premier League (30 réalisations), les deux attaquants de pointe n'ont été départagés qu'à l'issue du denier match de préparation. Le joueur de Schalke 04, meilleur buteur des éliminatoires (12 buts, sur les 37 des Pays-Bas!) a sans doute fait les frais d'une exposition médiatique moins importante que le Gunner, qui a porté Arsenal à bout de bras pendant toute la saison. Ajoutez à ces phénomènes des pourvoyeurs de ballons comme Robben, et surtout Sneijder, ou des ailiers comme Kuyt et Affelay, et vous obtenez l'attaque la plus impressionnante de cet Euro.

SES FAIBLESSES : Une défense inquiétante

Pour se rassurer, certaines équipes campent dans leur moitié de terrain. Les Pays-Bas devront, eux, attaquer à tout va. Car derrière, la probable absence de Mathijsen va peser lourd. L'arrière-garde néerlandaise, déjà considérée comme le point faible de la sélection, pourrait même empêcher le plat pays de s'imposer face aux meilleurs. La paire Heitinga-Bouma est apparu aux abois face à la Slovénie, en match de préparation. Qu'en sera-t-il à l'heure d'affronter l'Allemagne ou le Portugal?

SON HISTOIRE À L'EURO : Le titre des trois Milanais, puis les places d'honneur

Une magistrale volée du droit, dans un angle fermé à double tour, fait sauter le verrou soviétique. En 1988, la Hollande de Van Basten remporte l'Euro et éclabousse le Vieux Continent de son talent. Emmenée son triple Ballon d'Or et ses trois Milanais (Van Basten, Gullit et Rijkaard), les Oranje se font surprendre par le Danemark en demi-finale de l'Euro 1992. Une autre génération prometteuse prend la relève, celle des vainqueurs de la Ligue des Champions 1995 (Van der Sar, les frères de Boer, Seedorf, Davids, Overmars ou Kluivert). Mais ces anciens joueurs de l'Ajax Amsterdam seront toujours placés, jamais couverts de lauriers, échouant notamment en demi-finale de l'Euro en 2000 et 2004. Avec trois demi-finales et un quart depuis le titre de 1988, la Hollande est tout de même la sélection la plus régulière de la compétition.

SA PLACE DANS LE FOOT MONDIAL : "Football total", réussite minimale

Deux équipes des Pays-Bas ont marqué le football mondial. La première, emmenée par le "Hollandais volant" Johan Cruijff, a révolutionné le jeu. Mais le "football total" des années 1970 -où toute l'équipe attaquait et défendait d'un seul homme- n'a pas été récompensé par les titres, malgré deux finales de Coupe du Monde (1974 et 1978). L'honneur n'a pas suffit à la génération suivante. En 1988, le plat pays remporte le premier et seul titre de son histoire face à l'URSS (2-0). A l'Euro 1992, cette même équipe est favorite, mais se fait sortir en demi-finale par le Danemark, futur vainqueur, aux tirs au but. A l'image de son quart de finale perdu (3-2) face au Brésil lors du Mondial 1994, la Hollande régale souvent ses spectateurs, mais ne parvient pas à gagner des titres, échouant au pied du Graal, en 2010, face à l'Espagne.

UNE ANECDOTE: La malédiction des tirs au but

En Hollande, la culture footballistique est davantage portée sur le jeu que sur le calcul. Et ce d'autant plus qu'on joue les phases finales d'une compétition internationale. La défaite en demi-finale de l'Euro 1992 face au Danemark (2-2, 5-4 t.a.b.) marque le début d'une malédiction dans l'exercice des tirs aux buts. Ce jour là, Peter Schmeichel repoussait une frappe du mythique Marco Van Basten. A l'Euro 1996, les Pays-Bas s'inclinent une nouvelle fois face aux Bleus, en quarts de finale, avant d'être écartés par le Brésil en demi-finale de la Coupe du Monde 1998 (1-1, 4-2 t.a.b.), puis contre l'Italie en en demi-finale de l'Euro 2000 (0-0, 3-1 t.a.b.). Il faudra attendre l'Euro 2004 pour que les Oranje gagnent enfin aux tirs au but (face à l'Allemagne), les Bataves n'étant pas devenus adeptes de l'exercice pour autant.

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