De Knysna à Kirsha

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De Knsyna à Kirsha
Par Maxime DUPUIS, à Kirsha|Ecrit pour TF1|2012-06-07T21:39:10.000Z, mis à jour 2012-06-08T21:54:42.000Z

Le luxe ostentatoire de 2010 a laissé la place au fonctionnel du centre d'entraînement du Shakhtar, où les Bleus ont pris leurs quartiers.

Quand on parle de Kirsha, on entend encore un peu Knysna. La proximité phonétique est évidente. De là à aller chercher une analogie entre les deux lieux, il n'y a qu'un pas que l'on ne franchira pas. Du moins, pas maintenant. Deux ans après le luxe tapageur du Pezula Hotel, juché sur les hauteurs de la désormais célèbre Knysna, quatre ans après le tout aussi inaccessible Mirador Kempiski helvète, l'équipe de France est revenue à d'autres valeurs que l'on qualifiera de plus fonctionnelles. Installés tout au long de l'Euro dans le centre d'entraînement de Kirsha, dont le Shakhtar Donetsk est l'occupant habituel, les Bleus cultivent toujours et encore le sceau du secret. Mais dans un esprit et un cadre tourné à 100% vers la pratique du football.

Situé à 17 kilomètres du centre de Donetsk et de la Donbass Arena, où les Français joueront face à l'Angleterre (11 juin) et l'Ukraine (15 juin), le complexe ultra-moderne, sorte d'oasis artificiel qui jure avec les environs, n'a rien à envier à ceux des plus grands clubs d'Europe de l'ouest. Quarante-trois hectares de verdure, neuf terrains de jeu (dont un couvert dont les Bleus se sont servis jeudi), une salle de musculation, une piscine, un sauna et des services médicaux high tech : rien n'a été laissé au hasard pour les footballeurs du Shakhtar, vainqueurs de la Coupe de l'UEFA en 2009. Rinat Akhmetov, l'homme qui est derrière la réussite du club, n'a pas lésiné sur les moyens pour faire du club orange et noir l'une des places fortes du Vieux-Continent.

"Ce n'est pas extraordinaire"

Les Portugais souhaitaient y passer l'Euro et avaient d'ailleurs réservé les installations, avant que le tirage au sort et le calendrier en décide autrement. Du coup, les Bleus ont foncé, même si Laurent Blanc comptait installer le camp de base des Bleus en Pologne, alors que Noël Le Graët préférait limiter les dépenses et faire bonne figure face à la population locale. Quelques mois plus tard, Laurent Blanc affirme le contraire. Non, le président de la FFF n'a rien imposé, jure-t-il. "On voulait éviter les voyages et mettre de côté nos atouts au niveau de la récupération. (...) On avait présenté le camp de base aux joueurs en insistant sur la qualité principale du centre, ses qualités professionnelles. Ils sont unanimes : c'est de la hauteur de ce qu'ils connaissent en Angleterre notamment."

De Knsyna à Kirsha

Et les principaux intéressés, qu'en pensent-ils ? "Les chambres, ce n'est pas extraordinaire mais ça suffit. On est là pour dormir", se console Franck Ribéry, qui a visité quelques palaces durant sa vie en bleu. Mathieu Valbuena, qui a également connu le Pezula, ne dit pas le contraire : "On a découvert Kirsha mercredi soir. Rien à dire, les terrains sont des billards. Après, les chambres sont moins luxueuses qu'à Knysna. Mais ça m'est égal." Jérémy Ménez, lui, va plus loin dans la visite : "Il y a une salle de jeu, avec table de ping-pong et de billard. Ça permet de faire autre chose. On va s'occuper et discuter." Aucune sortie n'est prévue. Sinon pour aller aux points presse. Ce qui n'est pas la tasse de thé des joueurs. Et pas seulement pour les raisons que l'on croit. Ribéry, Valbuena et Ménez, qui ont essuyé les plâtres jeudi matin, ont mis cinquante minutes pour venir, quand trente auraient dû suffire. Simple incompréhension avec le chauffeur, qui n'a pas emprunté le bon chemin. Tant que les seuls soucis des Bleus se limitent à cela...