Les "démons" vus par Malouda

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'Ce que j'ai vu a réveillé quelques démons'
Par Maxime DUPUIS (Envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-20T15:56:52.000Z, mis à jour 2012-06-21T14:01:28.000Z

Florent Malouda s'est montré inquiet au lendemain de la défaite face à la Suède (2-0). Certaines attitudes l'ont gêné. La sonnette d'alarme est tirée.

Florent Malouda n'est pas du genre à se cacher. Dans la défaite comme dans la victoire, le joueur de Chelsea se livre et offre souvent une analyse circonstanciée des événements et des matches. Mardi soir, il a traversé la zone mixte en vitesse, sans s'arrêter. Il avait pourtant beaucoup à dire et gros sur le cœur. Mais s'ouvrir à la presse n'eut pas été une bonne idée. "C'est aussi ça l'expérience" a-t-il plaisanté mercredi. Avant d'ajouter le plus sérieusement du monde, deux ans jour pour jour après la grève de Knysna : "Ce que j'ai vu a quelque part réveillé en moi quelques démons. Je ne voulais pas l'exprimer devant les médias. On peut faire très mal en parlant à chaud. Il vaut mieux verbaliser que balancer des fusées et des missiles."

Les fusées et les missiles avaient de toute manière déjà été lancés dans le vestiaire de l'équipe de France quelques minutes plus tôt. Après la défaite des Bleus face à la Suède, les joueurs se sont parlés. Et balancé quelques vérités après une prestation dont l'indigence n'était pas dissimulable. Personne n'a souhaité les extirper du secret du vestiaire. Laurent Blanc a même dégonflé l'épisode orageux avec humour : "Oui, ça a été chaud hier. Après, on a pris une bonne douche froide..."

La suffisance bleue n'a pas pris germe dès la première seconde du match face à la Suède. Mais la veille déjà, l'air était vicié et les joueurs bien moins concernés. Laurent Blanc l'a senti et a coupé la séance pour un recadrage qui n'a pas débouché sur des débordements d'implication. "Le coach s'est exprimé. Il l'a dit pendant l'entraînement et a abordé le fait qu'il y avait de la nonchalance. On ne préparait pas le match pour le gagner. On était en ville, on nous a proposé un match, on l'a fait. On est là pour faire un résultat. Comme le dit Jean-Louis (Gasset), on n'est pas à Punta Cana en claquettes. Là, on repart en arrière, il faut repartir de l'avant", s'est alarmé Malouda.

"La façon de jouer de Samir n'a pas changé"

Pour repartir de l'avant et avoir une chance face à l'Espagne, il va falloir que la remise en cause soit individuelle. Mais tournée vers le collectif car les "démons" qui sont revenus traîner autour de l'équipe de France, Florent Malouda, entré en jeu à la 59e minute, les a vus plus proches de têtes que des pieds. "Je parlerais d'attitude, c'est ce qu'on dégage et ce que l'on apporte à l'équipe. C'est frustrant, surtout vu du banc. Si on avait eu l'attitude et l'esprit des Suédois, on ne serait pas réveillé avec la gueule de bois. On aurait pu perdre le match quand même... Mais au niveau de l'attitude, on n'a pas été au niveau de la compétition sur le match d'hier."

Mercredi, Florent Malouda n'a incriminé personne directement. Mais quand le nom de Samir Nasri a été prononcé, le vétéran n'a pas pu s'empêcher de livrer le fond de sa pensée et de donner quelques conseils à son cadet : "C'est difficile de pointer du doigt des individualités par rapport à leur façon de jouer ou leurs objectifs personnes. Il y a eu une défaite, il faut trouver la cause et l'explication mais la façon de jouer de Samir n'a pas changé du jour au lendemain. Contre l'Angleterre, on était tous contents quand il a pris ses responsabilités."

Et maintenant ? "Il faut mentalement se reconstruire, éviter les non-dits. On s'est dit pas mal de choses dans le vestiaire. Maintenant qu'on a soulevé certains problèmes, il faut les résoudre collectivement, non pas en faisant les héros qui tentent de débloquer les situations. L'équilibre est très fragile. Si on se dit : 'on est à l'Euro et on veut faire la différence seul', ça va faire dérailler la machine."