Deschamps a demandé du temps

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Et maintenant, Deschamps ?
Par Cédric ROUQUETTE|Ecrit pour TF1|2012-07-02T21:49:25.000Z, mis à jour 2012-07-03T12:52:21.000Z

Selon nos informations, Didier Deschamps, épuisé, a demandé du temps à Noël Le Graët avant d'évoquer la succession de Blanc. Mais il n'a pas dit non.

Mardi matin, au comité exécutif de la FFF, Noël Le Graët va évaluer avec son équipe les termes de la succession de Laurent Blanc, qui n'est plus depuis samedi le sélectionneur des Bleus. Le nom de Didier Deschamps figurera bien au menu des discussions. Mais contrairement aux fuites qui ont circulé toute la journée, il ne s'agira pas de comprendre pourquoi l'ex-entraîneur de l'OM a dit non. La question sera de savoir s'il reste, ou pas, la priorité numéro un de la Fédération pour la fonction. Selon nos informations, Didier Deschamps n'a absolument pas refusé de prendre la direction de l'équipe France, lundi. S'il a exprimé une position à Noël Le Graët, le patron de la FFF, qui est bien rentré en contact direct avec lui, c'est qu'il n'était tout simplement pas en état d'engager une discussion sereine sur la question. Il a demandé un peu de temps pour remettre ses idées en place et reconstituer son énergie avant d'accepter un tel challenge. L'obtiendra-t-il? C'est toute la question du moment. Si le comité exécutif de la FFF répond oui en considérant la valeur du candidat, Didier Deschamps restera un petit moment encore la piste numéro un de la FFF. Si la Fédération lui fait passer le message que c'est maintenant ou jamais, Deschamps ne prendra pas le risque de se brûler.

Dans sa tête, Didier Deschamps n'est plus l'entraîneur de l'OM depuis le 24 mai. Mais en droit, il est libéré de ses obligations depuis le milieu de la nuit de dimanche à lundi. Les discussions avec son ex-employeur sur la rupture de son contrat qui courait jusqu'en 2014 se sont achevées très tard, dans un état de stress intense, la veille de la reprise. Ces semaines ont visiblement été parmi les plus pénibles de la carrière de Deschamps, déjà passablement touché par une fin de saison très difficile. Après trois ans dans le bain phocéen, il ne se sent pas capable de repartir sans délai dans un tourbillon professionnel et médiatique aussi puissant que la prise en charge de l'équipe de France et de la mission Brésil 2014. Mais en aucun cas il n'a expliqué au patron de la FFF qu'il n'était pas intéressé par la fonction à court terme. Il est toujours habité par l'idée qu'il prendra la direction technique de l'équipe dont il a été le capitaine le plus glorieux. Un jour ou l'autre, et pourquoi pas un jour prochain.

Pas encore de frein identifié à son arrivée

De frein réel à son arrivée à la tête des Bleus, il n'y en a pas beaucoup. Didier Deschamps connaît le salaire que percevait Laurent Blanc. Il est inférieur à celui qu'un entraîneur de club de sa dimension peut envisager mais, comme son possible prédécesseur Laurent Blanc, il est à l'abri du besoin et n'en fera pas une affaire d'argent. Noël Le Graët apprécie le technicien qui a permis à l'OM d'en finir avec dix-sept saisons sans titre et le fait que Jean-Pierre Bernès soit l'agent personnel de l'ex-capitaine ne semble pas devoir lester le dossier d'un poids insurmontable. Quant à Deschamps, tout indique qu'il a surmonté la déception de 2008 dans l'appréciation de la personne de Noël Le Graët. A l'époque, après l'Euro calamiteux de l'équipe de Raymond Domenech, Deschamps était libre et disposé à prendre en main la sélection. Mais le Breton, vice-président de la FFF, avait exercé toute son influence pour la solution de la continuité et DD en avait pris ombrage. Le temps a passé. Quant à la question du périmètre du staff technique, noeud de tension entre Blanc et Le Graët, elle n'a pas encore été abordée entre les deux hommes et n'a donc pas été identifiée comme un souci.

Ami avec Laurent Blanc, Didier Deschamps sait qu'il saura trouver les raccourcis nécessaires pour comprendre les forces et les faiblesses de la sélection s'il devait la prendre en main. Les rumeurs annonçant que DD ait pu être vacciné par le spectacle de l'Euro ukrainien ne sont pas fondées, toujours selon les informations que nous avons recueillies au terme de la longue journée parisienne de Deschamps. Le vrai obstacle qui se dresse entre Deschamps et la FFF, ce mardi matin, est le temps. Le temps de reconstituer sa force de travail pour DD. Le temps que se donnera, ou pas, Noël Le Graët pour trouver une alternative qui fasse autorité. Lundi soir, le nom de Paul Le Guen était le plus souvent cité, sans que l'origine de cette fuite ait pu être identifiée. L'ex-entraîneur à succès de l'OL est pourtant sous contrat jusqu'en 2013 avec Oman. Parmi les alternatives, aucune n'a le même évidence (sportive ou contractuelle) que Deschamps, qu'il s'agisse de Le Guen, donc, ou d'Alain Giresse, Philippe Bergeroo, Francis Smerecki, Rudi Garcia, René Girard, Raynald Denoueix ou Francis Gillot. Le temps est compté. Dans un mois, il faudra que la France ait un sélectionneur capable de retenir 23 joueurs pour le France - Uruguay du 15 août au Havre. D'ici là, chaque jour comptera pour les recruteurs de la FFF. Et chaque jour comptera aussi pour Didier Deschamps. Dans les heures à venir, il mesurera si l'hypothèse d'une année sabbatique correspond à ses aspirations ou lui est insupportable. Si la deuxième solution s'impose, Noël Le Graët pourrait rapidement en être informé.

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