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Diarra a pris du galon

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Alou Diarra, plus qu'un recours
Par De notre envoyé spécial à Donetsk, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-12T17:38:44.000Z, mis à jour 2012-06-13T12:43:40.000Z

Très bon face aux Anglais, Alou Diarra a tenu la baraque dans l'entrejeu. A tel point qu'on a du mal à l'imaginer sortir du onze, vendredi face à l'Ukraine. Et ceci alors que Yann M'Vila est prêt à en découdre.

Alou Diarra peut dormir sur ses deux oreilles. Pour quelque temps, les questions sur son rôle dans le groupe France, sa relation avec Laurent Blanc et le contrat de confiance qui lie les deux hommes sont autant de sujets qui vont disparaitre des conversations. Désormais, il y a autre chose à raconter. Comme les prestations du milieu de terrain et l'impact qu'il apporte - enfin - à une équipe dont il aurait pu être le capitaine si son niveau de jeu ces deux dernières saisons s'était rapproché de ce que l'on a vu sur la pelouse de la Donbass Arena.

Lundi, l'Angleterre avait une bonne demi-douzaine de guerriers sur le terrain. La France au moins un. Chargé de nettoyer l'entrejeu, le Marseillais a parfaitement tenu son rôle, comme depuis le début de la préparation où son entrée en jeu face à l'Islande avait donné le ton. Alou Diarra aime le combat et celui-ci le lui rend bien. Impeccable et dur sur l'Anglais, mis à part sur le but de Lescott où "sa responsabilité est engagée" dixit Blanc, le milieu de terrain a rayonné et fait ce qu'il sait faire. Ni plus. Ni moins. "J'ai un rôle sur le terrain : récupérer les ballons et casser les attaques adverses, expliquait-il samedi. C'est ingrat, mais bien pour l'équipe". Mieux que ça, indispensable. "Avec lui, nous savons où nous allons. Ce qu’il sait faire, il le fait très bien. Il a fait une saison moyenne, mais il est toujours présent quand on a besoin de lui", justifiait Blanc avant le début de la compétition.

Quid de M'Vila ?

Retenu parmi les 23 pour les raisons esquissées ci-dessus par Laurent Blanc, et qui n'étaient pas que sportives puisque le Marseillais a suivi la courbe de performances de son club, Alou Diarra a gagné sa totale légitimité sur le terrain. Par son abattage et son mental. "A 0-1, on aurait pu s'écrouler. Ça n'a pas été le cas. A l'image d'Alou, dont la responsabilité est engagée sur le but de Lescott", s'est félicité Blanc. Le milieu de terrain s'est relevé et a donné le ton, manquant d'un rien l'égalisation sur un coup de tête.

Appelé à suppléer Yann M'Vila, sentinelle en chef privée de début d'Euro en raison d'une blessure à la cheville, Alou Diarra a fait mieux que cela. Et à l'heure où le Rennais est sur pied et postule à une place de titulaire face à l'Ukraine, difficile d'imaginer Blanc sortir Diarra, qui évolue dans un autre registre peut-être plus utile à des Bleus qui ont suffisamment de joueurs de ballons et peut-être pas assez de combattants.

Vendredi, à l'heure de l'acte II des aventures des Bleus en Ukraine, Laurent Blanc va-t-il remettre en selle Yann M'Vila ou laisser les clés du camion à Alou Diarra ? Voire aligner les deux joueurs dans un dérivé un peu plus technique de ce que les Bleus avaient fait en Bosnie (0-2), en septembre 2010 ? Il faudrait alors sortir Florent Malouda, en retrait face aux Anglais. Tout reste ouvert. Une chose est certaine, éclipser Alou Diarra du onze ressemblerait à une forme l'injustice sportive. C'est nouveau. Et ce n'est pas plus mal. Pour l'intéressé et les Bleus.