Dans l'actualité récente

Donetsk, intermittente de l'Euro

Voir le site Euro 2012 de football

Donetsk, intermittente de l'Euro
Par notre envoyé spécial à Donetsk, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-13T14:33:04.000Z, mis à jour 2012-06-14T14:37:20.000Z

Donetsk, qui accueille deux rencontres des Bleus au premier tour, a du mal à passer à l'heure de l'Euro. Hormis les jours de match, c'est morne plaine.

Soleil de plomb. Chaleur écrasante. La rue Artema, principale artère de la ville de Donetsk, tourne au ralenti en ce début d'après-midi. Quatre jeunes volontaires présents et disponibles pour accueillir les touristes attendent sous leur petite tente de couleur verte. Ils s'ennuient et s'occupent, l'un en lisant, l'autre en mangeant, les derniers en papotant. Personne à l'horizon. Pas un Anglais. Pas un Français. Pas un chat. Moins de vingt-quatre heures après France - Angleterre (1-1), premier match disputé dans la ville, les touristes/supporters ont déserté Donetsk, cité minière de l'est de l'Ukraine dont les charmes ne sautent pas aux yeux.

Retenue pour accueillir l'Euro en raison de ses infrastructures sportives, à savoir la superbe Donbass Arena, dont la modernité et la fonctionnalité jurent quelque peu avec le reste de la ville, Donetsk n'a pas grand chose de plus à offrir aux curieux. Mis à part quelques bars et des boites de nuit qui occupent les soirées, les activités se font rares. Habitués à suivre leur équipe tout autour de la planète, les Anglais se sont montrés plus discrets qu'à l'accoutumée. Les Français comme d'habitude. Arrivés via une escale à Varsovie ou Istanbul, ils étaient moins d'un millier dans le stade lundi. Les Anglais au moins quatre ou cinq fois plus. "La FFF ne nous aide pas", confie un membre de la FSE (Football Supporters Europe), "ambassade des supporters" constituée par des volontaires et mise sur pied pour aider les voyageurs. Rien de superflu dans un coin de l'Europe où l'usage de la langue de Shakespeare est aussi peu répandu que les oasis de fraîcheur dans Donetsk.

Un camping au bord de l'autoroute

Donetsk, intermittente de l'Euro

Mis à part les oriflammes violets siglés Euro 2012 qui ont du mal à flotter tant le vent a déserté l'endroit, difficile d'imaginer que le deuxième événement sportif le plus important de l'année se déroule ici. La plupart des supporters ont été refroidis par la position très orientale de la ville, par le risque et les problèmes d'hooliganisme ou de racisme annoncés et qui, il faut le reconnaître, n'ont pas touché la ville, au contraire de Varsovie où Polonais et Russes ont donné une bien triste image de la compétition, mardi en marge du match qui opposait les deux équipes nationales.

A Donetsk, les prix pratiqués par les hôteliers ont également quelque peu calmé les curieux. Du coup, des chambres dont les prix ont quadruplé ou quintuplé restent aujourd'hui inoccupées. Et les tarifs, montés à 300 euros dans certains hôtels du centre, sont redescendus à 60 euros. Une aubaine pour deux supporters heaxagonaux, arrivés en Ukraine sans logis. Pour les autres, comme des centaines d'Anglais ou des Français, il y a ce camping improvisé à une quinze de kilomètres du centre de la ville, à quelques hectomètres du lieu de résidence de l'équipe de France à Kirsha. Là, un paquet de tentes, un drapeau à la croix de Saint-George et des habitants. Le tout placé dans la pampa et au bord d'une autoroute flambant neuve qui n'a pas eu le temps d'être terminée. Surréaliste. Définitivement.