Entrez, c'est autorisé

Voir le site Euro 2012 de football

Entrez, c'est autorisé
Par notre envoyé spécial à Donetsk, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-12T12:45:34.000Z, mis à jour 2012-06-13T12:39:41.000Z

Les Bleus ont manqué de présence dans la surface de réparation, lundi face à l'Angleterre. La responsabilité en incombe autant à Karim Benzema qu'au jeu tricolore. A corriger avant d'affronter l'Ukraine.

La meilleure manière de casser un mur reste encore de le perforer. Généralement, ça marche mieux avec un foret si possible très pointu. Lundi soir face à l'Angleterre, la perceuse tricolore était émoussée. Durant un peu plus de quatre-vingt-dix minutes, l'équipe de France a beaucoup tourné autour de sa proie, ballon au pied (60% de possession) mais n'a pas réussi à lui faire rendre les armes. Faute de réussite, se sont globalement justifiés les acteurs du match. Faute de présence dans la zone de vérité aussi.

A la Donbass Arena, les Bleus ont joué comme ils l'avaient fait face à la Serbie (2-0) et à l'Estonie (4-0). Dans l'esprit tout au moins. Chaleur en plus et adversaire d'un autre calibre face à eux, les Français ont développé leur animation tant bien que mal : jeu court, dézonage, permutations et transmissions rapides. A l'image de Karim Benzema qui a beaucoup bougé sur le terrain mais ne s'est que trop rarement aventuré dans les seize mètres de Joe Hart. Sa position moyenne sur le terrain fut la même - à quelques centimètres près - que celle de Danny Welbeck, son alter ego dont l'équipe jouait bien plus bas. Le joueur du Real Madrid a beaucoup cherché Ribéry (14 passes) et Nasri (12 passes). Si ce dernier lui a rendu la pareille (18 passes), le premier a eu du mal à trouver son partenaire favori durant la préparation des offensives (6 passes).

Benzema "joue habituellement comme ça"

Les mouvements du Madrilène tiennent autant à son goût pour le jeu qu'au visage de cette équipe de France et le football qu'elle souhaite développer. On n'est pas encore dans le délit de dézonage made in Anelka. "Vous dites qu'il décroche mais il le fait aussi énormément au Real Madrid, a défendu Laurent Blanc mardi en conférence de presse. Entre Terry et Lescott, face à une équipe regroupée, il faut essayer de se démarquer. Il joue habituellement comme ça. Il aurait fallu dédoubler sur les côtés mais, même là, les Anglais étaient bien armés." A l'arrivée, des frappes déclenchées hors de la surface de réparation, comme celle de Nasri, auteur de l'égalisation française. "On a pris notre chance de loin. Ça a failli marcher avec Cabaye à la fin". Mais ça n'a pas fonctionné.

Les Bleus n'ont cependant pas fait que tirer de loin. "En première mi-temps, il y a eu pas mal de centres", a remarqué Marvin Martin. Mais personne pour les reprendre. Au grand dam de Mathieu Debuchy, actif à droite et bien souvent en manque de clients : "Par moments, il est vrai qu'on manquait un peu de solutions devant le but. Mais on aime aussi jouer dans les pieds et redoubler les passes." A corriger avant l'Ukraine. Laurent Blanc en est conscient, même si dosage entre le dézonage et la présence au combat n'est pas évident à trouver. Il le faudra pourtant, surtout si l'Ukraine se comporte comme les Anglais.

Il faudra également retrouver ce goût de l'impact, quelque peu perdu dans le jeu, comme sur les phases arrêtés où, à part Alou Diarra, personne n'a répondu présent. "Le fait de décrocher permet de prendre un peu l'air mais à un moment donné, l'important est d'être présent devant le but, a reconnu Laurent Blanc. Il faudra regarder ça et faire en sorte qu'il y ait plus de monde devant le but." Pour en marquer, c'est plus facile.