Espagne et Allemagne en brillante compagnie

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Espagne et Allemagne en brillante compagnie
Par Maxime DUPUIS (Envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-26T12:25:14.000Z, mis à jour 2012-06-27T08:35:58.000Z

Le carré final de l'Euro 2012, composé de l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et du Portugal, est constitué de valeurs sûres du Vieux Continent. Les "gros" ont fini par reprendre le dessus après un début de XXIe siècle qui avait souri aux forces émergentes.

Huit Coupes du monde et six Championnats d'Europe des Nations. Le casting du dernier carré de l'Euro 2012 pèse très lourd. Et le Portugal, qui arrive les mains vides, pourrait faire office d'intrus s'il n'avait pas trusté les places d'honneur depuis le début du XXIe siècle. De l'Euro 2000 à cette demi-finale à venir face à l'Espagne, les Portugais ont disputé une finale de Championnat d'Europe face la Grèce (2004) et deux demi-finales de grandes compétitions (Euro 2000, Coupe du monde 2006), perdues à chaque fois face à l'équipe de France. Mercredi, pas de Bleus mais une Roja imbattable depuis quatre ans. Un peu plus à l'ouest du continent, ce sont les deux plus gros poids lourds de l'histoire du football européen, l'Allemagne et l'Italie, qui se défieront à Varsovie. Casting idéal et sans surprise, même si l'on pouvait imaginer en début de tournoi que les Pays-Bas, vice-champions du monde en titre, auraient leur mot à dire.

Qu'il n'y ait pas de surprise en est une petite à l'échelle de la dernière décennie, ouverte par la Coupe du monde 2002 et l'Euro 2004, deux compétitions qui avaient fait la part belle aux outsiders. En Corée du Sud et au Japon, la finale avait certes opposé le Brésil et l'Allemagne, qui étaient tout sauf des perdreaux de l'année. Mais au rendez-vous des demies, Turquie et Corée du Sud s'étaient invitées à un banquet où les tables n'avaient pas été dressées pour elles. Italie, France et autres nations "favorites" s'étaient pris les pieds dans le tapis bien plus tôt, rincés par des saisons à rallonge et des conditions de préparations tronquées. La Coupe du monde, qui avait débuté le 31 mai, en raison du climat, avait pénalisé les grosses nations et profité aux émergentes, dont les Etats-Unis. Spécificités météorologiques en moins, l'Euro 2004 et la victoire de la Grèce avait été la preuve ultime de cette redistribution des cartes au profit de formations moins talentueuses, dont les joueurs étaient moins sollicités les mois précédents le grand raout de juin.

Depuis le triomphe lisboète des Hellènes, la donne a quelque peu évolué. Si l'Euro 2008 a ouvert la porte des demies à des pays tels que la Russie et la Turquie - encore elle -, trois des quatre dernières grandes compétitions internationales ont fait la part belle aux cadors. D'ailleurs, des demi-finalistes de la Coupe du monde 2006, il ne manque que la France, remplacée par l'Espagne. De surcroit, l'Allemagne et l'Espagne, présentes ensemble dans le dernier carré en 2008 et 2010, sont encore là. Un tel niveau de régularité est exceptionnel, preuve que les cadors ont repris l'avantage, malgré les saisons exceptionnellement chargées du Bayern Munich, principal pourvoyeur de la Nationalmannschaft, de Barcelone et du Real Madrid, qui alimentent la Furia Roja, et des préparations courtes et parfois déséquilibrées. Demandez donc à Joachim Löw, qui a dû patienter un certain temps avant de récupérer sa colonne bavaroise. Au final, et c'est une forme de morale, le travail de fond, le talent individuel mis au service du collectif et la philosophie rectiligne de ces formations découle sur des débuts d'été qui chantent.