Evra - Clichy, primaire à gauche

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Evra - Clichy, primaire à gauche
Par Maxime DUPUIS (à Clairefontaine)|Ecrit pour TF1|2012-05-25T10:57:04.000Z, mis à jour 2012-05-27T18:26:58.000Z

Si Patrice Evra part avec une longueur d'avance pour occuper le flanc gauche de la défense des Bleus, Gaël Clichy n’est pas résigné.

Cette saison, Gaël Clichy a délogé Patrice Evra de son trône. De l'autre côté de la Manche, avec Manchester City, le latéral gauche s'est offert le scalp de Manchester United et, indirectement, de son compatriote et néanmoins rival. Sur sa lancée d'une fin de saison réussie et compte tenu du forfait d'Eric Abidal, Gaël Clichy - qui avait reculé de quelques rangs dans la hiérarchie - a rebondi et retrouvé l'équipe de France. Dans les roues d'un Patrice Evra qui ne jouit plus d'un statut à part et qui a réalisé une saison correcte - ni plus, ni moins -, l'ancien joueur d'Arsenal attend son heure. Patiemment. Mais conscient que la porte est au minimum entrouverte.

"En sélection, la donne est différente. En club, un coach peut suivre la progression d’un joueur sur l’année et lui faire confiance s’il voit son comportement évoluer après trois semaines. En sélection, le temps est plus réduit, il doit y avoir une hiérarchie. Elle est là, à moi de faire le maximum pour avoir mes chances", confie Clichy qui, aussi jeune soit-il (26 ans), n'a pas la mémoire courte et sait que la vérité d'un jour n'est pas forcément celle du lendemain. Doublure peut-être. Titulaire pourquoi pas. "Le coach (Laurent Blanc) a fait partie de l’équipe où, en 1996 (ndlr, à l'Euro), Thuram et Lizarazu sont entrés dans le onze en cours de compétition et n’en sont pas sortis pendant dix ans. Cela montre que la porte est ouverte."

"Il faut deux latéraux et on est deux"

Si Clichy a mis un pied dans l'entrebâillement, Evra, lui, pousse fort pour la laisser fermée. Le latéral de Manchester United, capitaine des Bleus en Afrique du Sud, s'imagine parfaitement à la gauche de Philippe Mexès le 11 juin face à l'Angleterre. Revenu de - très - loin, Evra ne lâchera pas le morceau. Même s’il assure ne pas se sentir titulaire, l’ancien Monégasque rêve de revanche. Et celle-ci ne viendra que du terrain : "Vous savez, quand j'ai pris six matches de suspension, un journaliste a posé une question à Laurent Blanc pour savoir si on me reverrait en bleu. Il a répondu que six matches cela faisait beaucoup et que la concurrence aurait le temps de s'installer. Ensuite, il y a malheureusement eu les problèmes de santé d'Abi et j'ai été appelé pour jouer contre le Luxembourg, on avait gagné difficilement 2-0. Après, je pense avoir marqué des points lors du mini-tournoi en Ukraine et en Pologne", se remémore-t-il, d’un ton offensif.

"Le sélectionneur me connaissait comme joueur de Manchester, il m'a découvert comme joueur de l'équipe de France. J'ai vu une certaine satisfaction", se félicite encore le joueur de Manchester United qui, à défaut d'être le numéro un à l'Euro, ne doute pas de sa place dans les 23 : "Dans le foot, on ne sait jamais. Mais bon, je me dis qu'il n'y a pas beaucoup de latéraux à gauche. Il en faut deux... et on est deux." Le compte serait bon si Evra n'omettait pas la polyvalence d'Anthony Réveillère, qui a marqué contre l’Albanie alors qu’il était entré à gauche à sa place, ou celle de Mapou Yanga-Mbiwa, qui a déjà joué à gauche avec Montpellier. De surcroit, Laurent Blanc hésite encore à partir en Ukraine avec sept ou huit défenseurs. La porte est vraiment ouverte. D'entrée comme de sortie.