Evra, la thérapie par les mots

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Evra, la thérapie par les mots
Par Gil BAUDU, à Clairefontaine|Ecrit pour TF1|2012-05-22T20:58:27.000Z, mis à jour 2012-05-26T15:26:42.000Z

Pour Patrice Evra, le prochain Euro est l'occasion de prendre une revanche non pas sur "ce qu'il s'est passé en 2010, mais par rapport à ma carrière". Frustré de n'avoir rien gagné avec les Bleus, le défenseur de Manchester United a "envie de donner le meilleur d'Evra à cette équipe de France".

Patrice Evra est "heureux d'être là", à Clairefontaine, au milieu de Bleus en comité restreint. Il se dit même "privilégié". Le latéral gauche de Manchester United ne s'est pas gêné pour le faire savoir mardi. Face à une dizaine de journalistes, sa conférence de presse fleurait bon l'opération séduction. C'est en tout cas ce que ses sourires répétés indiquaient. Mais n'allez surtout pas croire qu'Evra se délecte des réjouissances médiatiques. "On ne va pas abuser non plus, se marre-t-il. Aujourd'hui, je suis ouvert. Je veux jouer pour l'équipe de France."

Dans sa bouche, de tels propos virent presque à l'obsession. "Habitué à gagner avec Manchester", Evra "n'a jamais connu cette joie" sous le maillot bleu. Et forcément, ça le frustre. Terriblement. "Jusqu'ici, j'ai toujours eu cette impression de faire mon métier à 50%. Avec l'équipe de France, je n'ai que des mauvais souvenirs. Je voudrais enfin gagner quelque chose avec elle. A l'Euro, j'ai envie de donner le meilleur d'Evra à cette équipe de France. On se doit de faire un grand Euro, de donner une belle image. Ca me tient vraiment à cœur."

"Comment faut-il que je redore mon blason ?"

Deux ans après le douloureux souvenir de Knysna, cela sonnerait comme une "revanche". "Pas par rapport à ce qu'il s'est passé en 2010, précise-t-il, mais par rapport à ma carrière." Evra, 39 sélections au compteur depuis 2004, en est pourtant bien conscient : "Oui, je reviens de loin." Pour lui, cet Euro est une occasion de réécrire sa propre histoire internationale. Mais certainement pas l'heure du grand pardon, comme cela lui a été suggéré mardi. "Mais comment il faut que je le redore mon blason ? Il faut que je fasse quoi ? Quel comportement ? Après la Coupe du monde, j'ai été suspendu six matches en tant que capitaine de l'équipe de France. Pas en tant que meneur des mutins ou je ne sais quoi."

Ce "passé douloureux", Evra s'efforce de tirer un trait dessus. De l'enfouir au plus profond de sa mémoire. Laurent Blanc n'en manque pas. Mais dans son esprit, la page sud-africaine est bel et bien tournée. "Quand il m'a rappelé face au Luxembourg (0-2, le 25 mars 2011), j'ai senti une confiance et une satisfaction du sélectionneur. S'il avait écouté beaucoup de personnes, il m'aurait déjà coupé la tête. Mais Laurent Blanc est quelqu'un de droit. Il a écouté sa personne. Il a voulu voir de ses propres yeux qui j'étais vraiment, me juger de lui-même. J'espère ne pas le décevoir jusqu'au bout." Evra a beau prétendre le contraire : il a beaucoup à se faire pardonner.