Fabregas, flambant neuf

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Fabregas, flambant neuf
Par M. M. (avec AFP)|Ecrit pour TF1|2012-06-10T19:17:30.000Z, mis à jour 2012-06-11T16:26:23.000Z

Cesc Fabregas, préféré à la surprise générale à Torres ou Negredo par le sélectionneur Vicente Del Bosque pour occuper la pointe de l'attaque ibérique dimanche, a fait le travail en égalisant face à l'Italie (1-1). Fabregas est-il simplement un recours ou une solution durable ?

Face à l'Italie, l'Espagne a fait du neuf avec du milieu. Torres, Llorente et Negredo sur le banc, Vincente Del Bosque avait choisi face à l'Italie (1-1) de faire confiance à Cesc Fabregas, milieu de formation, pour occuper la pointe du onze de la Roja. Une position pas franchement inédite pour lui. Lors de son premier mois à Barcelone l'été dernier, il évoluait déjà au coeur de l'attaque catalane. Résultat : quatre buts déjà et une foule de passes décisives (5) lors de son premier mois.

Son but face à l'Italie, né d'une belle combinaison avec un David Silva (62e) branché sur courant alternatif, donne une idée du potentiel offensif de l'ancien Gunner, aussi à l'aise dans la création que dans la finition. Lui fut le premier étonné par la décision de son sélectionneur : "Ça a été moi le plus surpris (d'être aligné). Ça faisait presqu'un mois et demi que je n'avais pas joué. Alors marquer, c'est vraiment super parce qu'à la fin de la saison, c'était pas ça", s'est réjoui l'ancien protégé d'Arsène Wenger à Arsenal.

Faux neuf, vraie solution ?

Fabregas, flambant neuf

Mais le choix de Del Bosque peut-elle être une solution durable pour les champions d'Europe ? Cette option du faux neuf est-elle véritablement le remède indiqué pour compenser le forfait de David Villa? Très actif, se montrant longtemps l'un des joueurs espagnols les plus dangereux avec Iniesta, Fabregas a signé une bonne prestation dimanche face aux Italiens. Mais la rentrée de Fernando Torres, un avant-centre de métier à la 73e pour Fabregas, invite forcément à comparer la performance des deux hommes.

Interrogé sur son choix de faire confiance au milieu barcelonais, Del Bosque a d'abord justifié sa décision par le profil du rival. "Nous avons choisi de commencer avec Fabregas parce que nous voulions une certaine sécurité au milieu du terrain et pouvoir bien combiner face à un adversaire qui nous a fait subir une pression élevée", a jugé le sélectionneur, qui étaie la thèse selon laquelle cette solution serait provisoire. Mais Del Bosque a également mis en avant le côté hybride de "Cesc", aussi à l'aise dans son rôle de milieu relayeur que de finisseur: "Fabregas a ce profil un peu particulier qui est d'être un milieu avec un grand sens du but".

Il n'en reste pas moins que l'on sent encore l'ancien entraîneur du Real Madrid hésitant sur la meilleure solution à adopter en attaque. Car si Torres n'a pas marqué, il a tout de même apporté un point de fixation non négligeable qui a fait défaut à la Roja durant toute la première période. Et si l'avant-centre de Chelsea s'est montré maladroit dans la finition, ajustant notamment mal son lob sur Buffon à la 84e, cela ne tranche pas nécessairement le débat entre "faux neuf" et "vraie pointe" au bénéfice de Fabregas. Une chose est sûre: l'absence de Villa, auteur de cinq buts lors des huit réalisations inscrites par l'Espagne lors de son Mondial victorieux de 2010, va sans doute continuer à faire cogiter Del Bosque.