"France, dans quel pétrin t'es-tu mise !"

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'France, dans quel bourbier t'es-tu mise !'
Par Anthony PROCUREUR|Ecrit pour TF1|2012-06-20T13:07:01.000Z, mis à jour 2012-06-21T09:38:11.000Z

Si Marca se réjouit de retrouver la France en quarts, la presse espagnole reste globalement prudente. Le souvenir de 2006 reste vivace.

L'Espagne s'est réveillée un peu surprise ce matin. Pour la presse, comme Marca par exemple, "l'identité de l'adversaire de l'Espagne en quarts de finale semblait devoir sortir du match Angleterre-Ukraine (1-0)". Finalement, ce sera donc la France. La faute notamment à la Suède de Zlatan Ibrahimovic (0-2). "Les Français ont été impuissants à empêcher Ibrahimovic d'ouvrir le score pour la Suède, qui a tiré sa révérence de l'Euro 2012 en donnant un dernier aperçu de sa qualité, y compris en marquant l'un des plus beaux buts du tournoi jusqu'à maintenant", souligne le quotidien espagnol. "Ibra a déprimé la France", assure de son côté El Pais tandis que As souligne la "leçon de fierté" administrée par les Suédois. Conséquence : "la punition de la France est un quart de finale contre l'Espagne, champion du monde et d'Europe en titre" (Marca).

"Devons-nous avoir peur ?", s'interroge donc Marca. Et la réponse est assez claire. La prestation des Bleus face à la Suède incite à l'optimisme côté espagnol. "France, dans quel pétrin t'es-tu mise !", peut-on lire sur la Une du journal ibérique qui montre une photo de Karim Benzema se cachant les yeux avec ce titre évocateur : "Ils ne voulaient pas nous voir". "Satisfaction dans le vestiaire espagnol, la France jouera et laissera des espaces et ne bétonnera pas comme l'Angleterre", assure-t-on également. Pour les Espagnols, la France "a déçu avant de se mesurer à l'Espagne" (Marca) et les hommes de Laurent Blanc "se sont montrés peu dangereux contre une équipe qui en voulait" (As). Autre motif de satisfaction pour El Mundo Deportivo, Philippe Mexès, "le défenseur central titulaire français sera suspendu pour accumulation de cartons jaunes".

"J'aurais préféré l'Angleterre"

'France, dans quel bourbier t'es-tu mise !'

Mais l'Espagne a aussi retenu les leçons de 2006 quand, après avoir annoncé vouloir mettre Zinedine Zidane à la retraite, elle était rentrée chez elle après les huitièmes de finale (3-1). Globalement, la presse reste donc prudente. "Cette fois, l'Espagne ne prendra pas les Bleus à la légère", assure Marca en référence à cette "nuit fatidique" du 27 juin à Hanovre. Une statistique est également présente dans tous les quotidiens, et notamment en Une de As : "Attention, l'Espagne n'a jamais battu la France en match officiel" (qualifications et phases finales). Soit six matches sans victoire, une "malédiction française". Mais, six ans après le Mondial 2006, seuls Ribéry et Malouda sont toujours présents. Cette équipe de France suscite donc des interrogations. "L'Espagne est favorite de ce match, comme elle l'était en 2006. La France reste une énigme", estime As.

Du côté de la Roja, on met également en garde contre tout triomphalisme. "J'ai gravé une image du Mondial 2006. Nous avions sous-estimé les Français qui étaient si vieux... C'est une habitude très espagnole de ne pas faire attention aux adversaires", a déjà prévenu Vicente Del Bosque à la radio espagnole Onda Cero. "J'aurais préféré l'Angleterre", est allé jusqu'à dire Alvaro Negredo : "Pour être champions, il faut jouer de grandes équipes. La France en est une". Son sélectionneur dit sensiblement la même chose : "La France était le rival le plus compliqué, le plus fort du groupe D. Ce sont des joueurs techniquement très bons, bien organisés. Benzema est en bonne forme et derrière lui, ils ont trois joueurs qui sont très bons. Je pense qu'ils vont jouer comme nous. Les Français n'ont aucun complexe".

"Une France qui voudrait être l'Espagne"

El Mundo Deportivo souligne d'ailleurs que Laurent Blanc est "un admirateur de l'école du Barça et transmet cette idée sur le terrain". En quart, on verra donc "une France qui voudrait être l'Espagne", selon El Mundo, même si As rappelle que Blanc cherche toujours son Xavi... "Blanc a inventé une autre France et veut la possession du ballon. La question est de savoir s'il sera fidèle à ce plan", s'interroge-t-on sur la physionomie du match. Mais El Mundo Deportivo, qui s'attend à vivre "une finale", ose un pronostic : "Espagne-France sera peut-être l'un des matches les plus spectaculaires du tournoi entre deux équipes qui jouent avec un milieu créatif", "un match à pile ou face" où "une erreur ou un détail fera la différence".