Gallas : "On n'a pas les mêmes valeurs"

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Gallas : 'On n'a pas les mêmes valeurs'
Par G. Ba.|Ecrit pour TF1|2012-06-28T22:25:20.000Z, mis à jour 2012-06-29T21:49:10.000Z

Pour William Gallas, l'Euro des Bleus a montré "qui était vraiment Samir Nasri", symbole de "jeunes joueurs (qui) prennent la grosse tête".

Officiellement, il ne "s'en réjouit pas". Mais William Gallas ne tombe pas de l'armoire lorsqu'il évoque le comportement et les dérapages verbaux de Samir Nasri. Avant de devenir son meilleur ennemi, il fut son coéquipier à Arsenal et en équipe de France. Gallas ne se prive donc de l'égratigner un peu plus : "Les gens ont pu apprécier par eux-mêmes qui était vraiment Samir Nasri, lâche le défenseur de Tottenham ce vendredi, dans France Football. Et je n'étais ni en Ukraine, ni en Pologne !" Dans l'entretien accordé au bihebdomadaire, Gallas sourit. Ne mâche pas ses mots. Et en profite pour régler quelques comptes. "Il (Nasri) n’a jamais cessé de faire croire que c’était moi la mauvaise personne et il a sali mon image. Vous savez, j’en ai pris plein la tête. On a toujours ressorti mon nom dans la presse ou ailleurs, on m’a toujours pointé du doigt, alors que beaucoup de gens dans le milieu du football connaissent le personnage Nasri."

Pour étayer ses propos, Gallas rappelle quelques expériences personnelles. Comme celle de l'Euro 2008. Dans un livre intitulé "La parole est à la défense", qui avait pour "objectif d'éduquer la nouvelle génération", Gallas n'avait pas hésité à étaler sur la place publique l'épisode du bus (pas celui de Knysna) dans lequel un certain "S." avait refusé de céder la place habituellement réservée à Thierry Henry. L'année suivante, "il y a eu ce match à Rome, avec Arsenal", qui a valu "une sévère explication dans le vestiaire à la fin du match." Gallas raconte : "Il perd un ballon. Je montre ma déception, mais sans plus, et là, il me traite de tous les noms, sur le terrain: 'Fils de p…'" Samedi dernier, dans les couloirs de la Donbass Arena de Donetsk, Nasri a adressé les mêmes insultes, au mot près, à un journaliste de l'AFP. Deux semaines après avoir lancé son Euro face à l'Angleterre par un "Ferme ta g..." qui l'avait déjà placé sous le feu des critiques.

"Pas les seuls fautifs"

Au-delà du cas Nasri, l'attitude de certains Bleus en Ukraine et en Pologne a choqué. Mais Gallas refuse de mettre tout le monde dans le même sac. Notamment Yann M’Vila, avec lequel il a eu "une ou deux conversations à Clairefontaine", lorsque le milieu de terrain rennais "jouait à l’époque avec les Espoirs". "Je l’ai trouvé très respectueux des anciens. J’ai senti beaucoup de respect dans son regard." Pourtant, les conflits de génération font parfois des étincelles. "Moi, reprend Gallas, j’ai huit ou dix ans d’écart avec certains de ces joueurs, et ça suffit à expliquer certaines tensions : on n’a pas toujours la même approche des choses, les mêmes valeurs…"

A ces "jeunes joueurs (qui) prennent la grosse tête", Gallas ne "veut pas trouver d'excuse". Juste quelques circonstances atténuantes. "Ils ne sont pas les seuls fautifs: quand un jeune a du talent et qu’il est convoité par de grandes écuries, son club fait tout pour le garder et accepte ses moindres caprices. Ils n’ont plus de repères et n’ont pas la maturité suffisante pour prendre du recul. Tout leur arrive trop vite et ils ne maîtrisent plus la situation. Je me souviens qu’à une certaine époque, tu attendais sagement ton tour en équipe de France, même si tu étais un jeune joueur de talent. Aujourd’hui, les sélectionneurs leur donnent tout de suite les clés."