"Si Gerrard et Young ne sont pas de bons joueurs..."

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'Si Gerrard et Young ne sont pas de bons joueurs...'
Par De notre envoyé spécial à Donetsk, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-09T19:20:57.000Z, mis à jour 2012-06-11T15:59:32.000Z

L'Angleterre et ses joueurs, les Bleus connaissent plutôt bien. Même amoindrie et perturbée, la sélection d'Hodgson reste un sacré morceau que les Français ne sous-estiment pas.

Anthony Réveillère n'était pas au courant. Au Touquet, quand un journaliste made in England lui a demandé ce qu'il pensait d'Ashley Young et de sa propension à se retrouver le nez dans le gazon, le latéral droit s'est retrouvé sans voix. La réputation de plongeur du joueur de Manchester United n'avait pas franchi les berges du Rhône. C'est d'ailleurs bien la seule chose que les Français ignorent de leurs voisins d'outre-Manche.

Dans les rangs de l'équipe de France, ils sont sept à évoluer en Premier League, paradis bleu depuis que le conquérant Cantona y a planté son drapeau au début des années 90. Yohan Cabaye et Hatem Ben Arfa ont déposé leurs bagages dans le nord de l'Angleterre, à Newcastle. Patrice Evra, Samir Nasri et Gaël Clichy ont fait leur nid à Manchester. Et, du côté de la capitale, Florent Malouda (Chelsea) et Laurent Koscielny (Arsenal) ont eu le temps d'observer leurs adversaires de lundi, ballottés par monts et par vaux depuis quelques semaines mais toujours aussi redoutés. Qu'importe si Roy Hodgson est un sélectionneur pompier. Ou que Frank Lampard, Gary Cahill, Gareth Barry, forfait pour l'Euro, et Wayne Rooney, suspendu, manquent à l'appel.

Laurent Koscielny veut bien compatir. Mais n'en est pas à plaindre les footballeurs de sa Très Gracieuse Majesté. "Rooney, c'est leur option numéro un. Ne pas l'avoir est un coup dur pour eux. Ils ont néanmoins des attaquants de bonne qualité. Carroll pose des soucis avec sa taille, Welbeck aussi. Defoe est petit mais rapide. Ils ont une variété d'attaquants assez complète", décrit le défenseur, qui se coltine tout ce petit monde depuis deux saisons. Le Gunner n'est pas prêt à vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Yohan Cabaye non plus : "On s'attend tous à un gros combat et un gros match, renchérit-il. Et on n'a pas besoin de prévenir ceux qui ne jouent pas en Angleterre." Ni les joueurs, ni Laurent Blanc.

"Regardez Roberto di Matteo..."

"Les Anglais seront là, ne vous inquiétez pas. On connaît leur force. Je ne me fais pas de soucis pour eux : ils ont de bons joueurs. Même s’ils ont des blessés et Rooney suspendu, je ne m’inquiète pas pour eux. Je ne suis pas là pour rassurer les Anglais mais si Gerrard, Young ou encore Milner ne sont pas de bons joueurs, je n’y comprends plus rien…", ironise Laurent Blanc qui n'attend rien d'autre qu'une "équipe compétitive" et sans doute difficile à bouger. Au propre comme au figuré.

Un match se déroule rarement comme on le pense. Mais les Bleus n'ont pu s'empêcher d'imaginer le scénario qui les attend à la Donbass Arena : Onze Anglais, onze défenseurs. "Il faudra beaucoup bouger et ne pas tomber dans leur jeu. Ils vont vouloir imposer un combat physique", prédit Karim Benzema, comme bon nombre de ses partenaires.

A défaut d'être aussi talentueux qu'ils auraient pu l'être si le ciel ne leur était pas tombé plusieurs fois sur la tête, les Anglais restent une menace, au profil de tueur silencieux. Un peu comme Chelsea, roi d'Europe : "J'entends dire 'ils ont changé d'entraîneur', etc. Mais regardez Roberto di Matteo : il arrive en cours de saison à Chelsea. Résultat, il gagne la Champions League, prévient Patrice Evra. Il ne faut pas les sous-estimer. Je les connais très bien. Il faudra vraiment être très concentré. Et j'aimerais bien rentrer à Manchester tranquillement." Le plus tard possible tant qu'à faire.