Giroud, version accélérée

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Giroud, version accélérée
Par Maxime DUPUIS, au Touquet|Ecrit pour TF1|2012-05-29T19:38:31.000Z, mis à jour 2012-05-30T14:28:08.000Z

Olivier Giroud, que son frère surnommait "le diamant brut", a mis du temps à se polir. Mais depuis, l’attaquant des Bleus (4 sélections) brûle les étapes.

L'Euro 2008, Olivier Giroud s'en souvient comme si c'était hier. "Je revenais d'Istres où j'avais été prêté. Il me restait un an de contrat à Grenoble et je regardais ça à la télé en supporter de l'équipe de France." L'Euro 2012, Olivier Giroud rêve de le gagner. Entre les deux rendez-vous continentaux, quatre années se sont écoulées. Une éternité dans la vie du Montpéllierain, devenu depuis quelques mois l'un des attaquants les plus en vue du football français. En Ukraine, il débarquera avec une confiance décuplée par un titre de champion de France et une couronne de meilleur buteur de Ligue 1 (21 buts).

Olivier Giroud, c'est l'anti-Benzema. Dans le jeu, où la puissance et le flair du premier répondent à l’exécution clinique et la vitesse du second. Mais aussi au niveau de la trajectoire. Quand l'attaquant du Real Madrid était porté aux nues et promis au plus bel avenir avant même d'avoir foulé une pelouse de Ligue 1, Giroud, lui, trainait sa peine du côté de Grenoble. Pas si loin de Lyon géographiquement. Mais à des années-lumière de Benzema. Les deux hommes n'étaient pas programmés pour jouer un jour dans la même équipe, de France de surcroit. Et puis Giroud a explosé.

"Olive, t’es un diamant brut"

Des buts, des buts et encore des buts, puis l'équipe de France le 11 novembre 2011. Une entrée en jeu en guise de récompense, face aux Etats-Unis. Et la grande vie qui commence. "Cette soirée restera gravée dans mon cœur. C'est un très, très bon souvenir. Tout a été facilité par l’intégration des mecs et du staff. Tu rentres dans une famille, se souvient-il. Il faut foncer et ne pas se poser de question. C’est ce que j’ai pu faire lors de ma troisième sélection." Cette troisième sélection, en Allemagne, a coïncidé avec sa première titularisation. Et son premier but avec les Bleus : "Blanc nous a tous félicités après le match et il a été élogieux à mon égard. J’étais touché même si cela n’était pas une fin en soi."

La suite, on la connait. Une fin de saison canon avec Montpellier et deux passes décisives dimanche face à l’Islande (3-2) ont renforcé sa légitimité. "Ça m’a permis d’augmenter mon capital confiance, de montrer à mes coéquipiers ma façon de jouer, se réjouit-il. On n’a pas encore eu beaucoup de temps pour jouer ensemble, notamment avec Karim qui n’était pas là en Allemagne." Cette réussite soudaine ravit forcément le clan Giroud. Une personne en particulier. "Mon frère était mon idole quand j’étais petit. Il me disait : ‘Olive, tu es un diamant brut. Maintenant, il faut le tailler’, se remémore le numéro 9 des Bleus. Il avait peur que je me mette un frein. Je dis ça avec humilité, je n’ai pas la prétention de dire que je suis Messi ou Ronaldo." Olivier Giroud n’est pas Messi ou Ronaldo, c’est un fait. Il n’en reste pas moins que dans quelques jours, du côté de l’Ukraine, il évoluera dans la même cour que le Ballon d'Or portugais.