Le Graët : "Blanc n'est pas un smicard"

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Le Graët : 'Blanc n'est pas un smicard'
Par Hichem SADAOUI|Ecrit pour TF1|2012-04-23T17:04:48.000Z, mis à jour 2012-04-24T09:05:51.000Z

S'il persiste à affirmer qu'il prolongera le contrat de Laurent Blanc en cas d'Euro réussi, Noël Le Graët ne mâche pas ses mots, affirmant que le sélectionneur des Bleus n'est pas "un smicard qui cherche du boulot". Il assume le risque que ce dernier signe dans un grand club européen d'ici là.

Têtu comme un Breton. Malgré les rumeurs envoyant Laurent Blanc à Chelsea et surtout à l'Inter Milan, Noël Le Graët n'en démord pas. Dans un entretien accordé au Monde, il confirme qu'il ne prolongera pas le contrat du sélectionneur des Bleus avant de savoir si ce dernier a su redorer le blason du football hexagonal lors du prochain Euro. Homme d'affaire intransigeant, ancien maire, socialiste, de Guingamp, le boss de la FFF reste droit dans se bottes. Peu importent les risques, il assume son choix. Convaincu que le libéro des champions du monde 98 a une conscience et un intérêt pour sa "mission de service public" plus forte que son intérêt personnel.

Quitte à choquer, il évoque, sans le dire ouvertement, que Blanc pourrait toucher plus à l'étranger mais qu'il n'est pas "un smicard" à la fédération. "Laurent Blanc n'est pas un gamin. C'est un grand garçon. Il sait ce qu'il veut. Ce n'est pas un smicard qui cherche du boulot. J'ai la chance de le connaître depuis 1994 quand j'étais président de la Ligue. Il ne peut pas être déstabilisé par un oui ou par un non", affirme l'ancien président de l'En Avant Guingamp, persuadé de convaincre Blanc de continuer l'aventure. Peu importe les Moratti ou autre Abramovich.

"Je m'interdis de le bloquer"

Le Graët : 'Blanc n'est pas un smicard'

Mais quels seront les critères retenus pour juger le travail et l'efficacité de l'ancien coach de Bordeaux à la tête de la sélection nationale ? Sans lui imposer un objectif de résultat, Le Graët attend avant tout de son sélectionneur qu'il modifie l'image des Bleus auprès du grand public."Sortir des poules et avoir un comportement très positif, est un minimum selon lui. Être performant sportivement pour restaurer l'image. Etre bien élevé, c'est la moindre des choses". Provocateur, il poursuit en affirmant que "Soit il (Blanc) réussit l'Euro et il a une proposition de la FFF. Soit il a une proposition formidable d'un club et je m'interdis de le bloquer". Ajoutant, limite cynique: "j'aurais été gêné s'il n'avait eu aucune offre (...) Cela montre qu'il a des qualités".

Le mois dernier, Fabien Barthez se plaignait des critiques de la fédération autours de son salaire et des parasites qui perturbent le travail de Blanc en mettant en cause l'étendue de son staff. Encore une fois, Le Graët reste droit comme un menhir, assurant que "si Blanc est reconduit, il faudra rediscuter" de la dimension de l'encadrement des Bleus. Loin de s'arrêter là, le président remet même en question les liaisons, tants décriées, entre l'ancien Marseillais et Jean-Pierre Bernès. "Juridiquement, que ce soit sain, la réponse est non. Je préfèrerais que ça n'existe pas. Mais concernant Laurent Blanc, je suis certain de son honnêteté intellectuelle sur un dossier comme celui-là". Là ou l'on pouvait s'attendre à un discours tempéré et rassembleur, Noël Le Graët a une nouvelle fois jeté un pavé dans la marre. Alors que l'on attendait une déclaration d'amour vis-à-vis du coach des Bleus, l'ex président de la Ligue persiste et signe. L'équipe de France est et restera plus grande que son sélectionneur. Pas sûr que le principal intéressé apprécie le message.