Le grand bond en arrière

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Le grand bond en arrière
Par Maxime DUPUIS (Envoyé spécial à Kiev)|Ecrit pour TF1|2012-06-19T21:14:01.000Z, mis à jour 2012-06-20T13:09:36.000Z

Amorphes et à côté de la plaque, les Français ont rendu une copie désastreuse alors qu'il s'agissait de bâtir sur les acquis de l'Ukraine.

Organisation au coup d'envoi : Comme l'Angleterre à l'Ukraine, Laurent Blanc a réalisé deux changements pour affronter la Suède. Buteurs vendredi, Jérémy Ménez et Yohan Cabaye ont disparu du onze de départ bleu. Pour des raisons qui n'ont évidemment rien à voir avec des sanctions. Le premier avait reçu un carton jaune face aux Ukrainiens, le second a été réservé en raison d'une alerte musculaire qui l'avait déjà forcé à sortir lors de la dernière rencontre. Pour remplacer les deux hommes dans un 4-2-3-1 rigoureusement identique - sur le papier - à celui de la dernière rencontre, Laurent Blanc a donné sa chance à Hatem Ben Arfa, entré en jeu face aux Anglais, et Yann M'Vila, qui avait fait son retour contre l'Ukraine. Le Rennais a évolué à la droite d'Alou Diarra dans l'entrejeu. Le joueur de Newcastle s'est également positionné sur ce flanc, avec Nasri dans l'axe et Ribéry à gauche. Derrière, RAS. Sinon que Gaël Clichy a conservé sa place aux dépens de Patrice Evra.

De la première à la 45e minute : Eloge de l'impuissance et de l'ennui

Bien démarrer une rencontre, c'est mieux. Les Bleus ont déjà payé pour le savoir lors de la première journée face à l'Angleterre. Etre performant d'entrée face aux Suédois, déjà éliminés, eut donc été une riche idée. Cela aurait poussé Kim Källström et ses copains à se projeter vers leurs vacances un peu plus vite que prévu. Les Français y ont certainement pensé mais cela ne s'est pas traduit dans les actes. En raison notamment d'une assise défensive qui n'a pas encore réussi à prendre la mesure de la compétition. Si Rami, au marquage de Zlatan, a fait preuve d'une autorité retrouvée, Mexès a commencé par passer à côté et offrir une occasion XXL à Toivinen, dont le tir a terminé sur le poteau (10e). Globalement, la moitié droite s'est montrée rassurante que la gauche. Mais quand les fondations ne sont pas solides, difficile de bâtir sereinement.

Les animateurs du jeu ont essayé d'avancer en début de match. Avec un Hatem Ben Arfa qui, à la différence de Jérémy Ménez face à l'Ukraine, s'est beaucoup plus baladé sur le front de l'attaque. Ses mouvements ont ouvert le couloir à Mathieu Debuchy, qui a tenté de le prendre quand il en avait l'opportunité. Les autres joueurs offensifs, Samir Nasri et Karim Benzema, se sont cherchés quand Franck Ribéry a connu une entame plus difficile, avec beaucoup de ballons perdus. Du coup, le jeu français, qui penchait beaucoup à gauche ces derniers temps, s'est rééquilibré. Sans que l'on récolte le moindre bénéfice. La chaleur et les calculs y sont peut-être pour beaucoup mais la partie a très vite perdu en intensité et rythme. Si bien que les séquences arrêtées ne se sont pas limitées aux seuls coups francs. Et que l'on s'est ennuyé ferme à Kiev.

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De la 46e à la 59e minute : Lloris contre la Suède

Touché et grimaçant en fin de première période, Samir Nasri a repris sa place au retour des vestiaires. Mais a trop souvent donné le ballon dans le zig quand son partenaire l'attendait dans le zag. Endormis, les Bleus ont fini par oublier qu'ils jouaient un match de football. Et Zlatan Ibrahimovic, oublié par Philippe Mexès, est venu leur rappeler que sans engagement, ils n'arriveraient à rien. Son ouverture du score aurait pu être suivie de deux ou trois autres buts si Hugo Lloris ne s'était pas montré impérial sur sa ligne.

De la 60e à la 83e minute : Un autre système, une même "énergie"

Voyant son équipe en perdition, Laurent Blanc a changé un homme et son système en faisant rentrer Florent Malouda à la place d'Hatem Ben Arfa. Les Bleus se sont remis en 4-3-3 version Angleterre, avec Nasri à droite dans les phases de replacement et dans l'axe en attaque, tandis que Malouda s'est positionné à la gauche de M'Vila, avec Diarra en sentinelle. Dire qu'on a vu une grosse différence serait mentir tant les Bleus ont continué à se montrer poussifs et brouillons. Quand on démarre sur un rythme de sénateur, on ne passe pas la seconde en claquant des doigts. L'entrée de Jérémy Ménez, à droite et en lieu et place de Samir Nasri, n'a rien changé au système ni à l'affaire, même si ce dernier a failli égaliser.

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De la 83e minute à la fin : Giroud en pointe, Benzema en soutien

Olivier Giroud et Karim Benzema n'avaient que quatre minutes de vie commune en équipe de France avant ce soir. Leur association a pris un peu d'âge mais dans un 4-2-3-1 et non pas dans le 4-4-2 que la physionomie du match aurait exigé. Résultat, Benzema s'est positionné en 10, derrière le Montpelliérain qui aurait pu égaliser dès son entrée en jeu. C'eut été très généreux pour des Bleus qui ont fini par en prendre un second. Triste. Mais mérité.

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