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Ibra n'est pas prophète en son pays

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Ibra n'est pas prophète en son pays
Par William-Alexandre PROUST|Ecrit pour TF1|2012-06-04T05:13:00.000Z, mis à jour 2012-06-05T19:53:03.000Z

Zlatan Ibrahimovic sera la superstar et le danger n°1 de la Suède à l'Euro 2012. Une situation qui peut paradoxalement poser problème à l'équipe, puisque l'attaquant rossonero crée une dépendance trop forte sur le terrain.

SA SAISON :

Pour la première fois en neuf ans, Zlatan Ibrahimovic n'a pas été sacré champion avec son club (même si les titres de 2005 et 2006 avec la Juve ont été retirés après l'affaire du Calciopoli). Et pourtant, les supporters rossoneri ne pourront pas blâmer le Suédois. "Ibra" a été la figure de proue du secteur offensif de l'AC Milan et a largement contribué à sa conquête de la deuxième place. Mais s'il a compilé 35 buts toutes compétitions confondues (28 en Serie A dont 10 sur penalty), l'attaquant lombard a éprouvé des difficultés dans les matches décisifs. Face aux petites équipes, en revanche, pas de problème. Mais la France et l'Angleterre n'en sont pas.

SA FORME DU MOMENT :

L'ancien Barcelonais a plutôt été régulier cette saison. Avec l'AC Milan, il a bien terminé l'exercice 2011-2012 et a pu profiter de plusieurs jours pour se reposer. Mercredi soir, il a ouvert le score face à l'Islande (victoire 3-2) en match de préparation, le dernier avant l'Euro pour les Scandinaves. Dans la foulée de sa reprise de volée victorieuse, il s'est même mué en passeur décisif pour Ola Toivonen.

SON EXPÉRIENCE EN GRANDES COMPÉTITIONS INTERNATIONALES :

D'abord refusé aux portes de la sélection de Bosnie-Herzégovine, Zlatan Ibrahimovic a connu des hauts et des bas sous la tunique suédoise. S'il est remplaçant lors de la Coupe du monde 2002 (il a alors vingt ans), on se souvient en revanche tous de son but en aile de pigeon inscrit face à l'Italie à l'Euro 2004. Malheureusement, il rate son tir au but lors de la séance fatidique en quart de finale face aux Pays-Bas. Deux ans plus tard, "Ibra" passe à côté de son Mondial allemand en ne trouvant aucune fois la faille malgré un statut de meilleur buteur lors des qualifications. A titre personnel, l'Euro 2008 lui laisse un meilleur souvenir : il inscrit deux réalisations mais la Suède ne franchit pas le premier tour. Les hommes d'Erik Hamrén ne s'étant pas qualifiés pour la Coupe du monde 2010, Zlatan Ibrahimovic va disputer en Pologne et en Ukraine son quatrième grand tournoi international.

SON REGISTRE EN SÉLECTION :

Si Zlatan Ibrahimovic est voué à occuper la pointe de l'attaque, le sélectionneur Erik Hamrén aime le faire jouer à un poste de meneur de jeu, derrière Johan Elmander. A cette place, il a notamment brillé lors d'un match de qualification en Croatie en inscrivant un but et une passe décisive. Mais cela n'éteint pas la dépendance de la sélection à son égard. Il aimante tous les ballons et quand il est dans un mauvais jour, c'est toute la Suède qui n'y arrive pas. "Des fois, l'équipe est même meilleure quand il ne joue carrément pas, nous assure Petra Thoren, journaliste du grand quotidien Aftonbladet. Il est très bon, mais c'est toujours délicat d'être dépendant d'un seul joueur." Le plus fâcheux, c'est que Zlatan Ibrahimovic a du mal face aux grosses nations, tout du moins celles à l'arrière-garde puissante. Face à de bons défenseurs, il est muselé, s'agace, joue de manière égoïste et donc brise l'élan collectif. Et la Suède se tire une balle dans le pied. Au cours des qualifications, "Ibra" n'a marqué aucun but contre le Portugal, le Danemark, l'Angleterre et les Pays-Bas. Les Oranje sont tout de même tombés face aux Suédois... mais alors qu'Ibracadabra ne jouait pas !

LA STAT : 16%

Zlatan Ibrahimovic a beau créer une dépendance au sein de sa sélection et avoir empilé les buts cette saison avec l'AC Milan, il n'a étrangement pas été l'homme de la campagne de qualifications. Il n'a inscrit que 16% des réalisations de la Suède. Soit 5 buts sur 31. Le bilan est tout de même honorable, mais d'un homme qui porte à bout de bras sa sélection, l'on pouvait s'attendre à un certain déséquilibre. A titre de comparaison, il a marqué 35% des buts de l'AC Milan cette saison.

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