Iniesta, le matador silencieux

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Iniesta, le matador silencieux
Par De notre envoyé spécial à Kiev, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-07-01T00:30:54.000Z, mis à jour 2012-07-01T14:05:07.000Z

Décisif lors de la finale du Mondial, Andres Iniesta réalise une nouvelle fois un tournoi brillant. Tout en discrétion. Comme d'habitude.

La force de l'habitude probablement. Ou l'émotion. Sinon, comment expliquer que Sara Carbonero, journaliste et petite amie d'Iker Casillas, n'ait pas vu Andres Iniesta réussir son tir au but face au Portugal, mercredi en demi-finale du Championnat d'Europe ? Quand elle lui a demandé s'il avait été déçu de ne pas frapper, le Barcelonais ne s'est pas formalisé. "En fait, j'ai marqué le deuxième", a-t-il répondu sans en rajouter. Pas le genre de la maison. Iniesta, c'est la discrétion incarnée. Ce qui n'empêche pas le joueur de briller depuis des lustres et de réaliser, une nouvelle fois, une compétition accomplie.

Privée de David Villa, avec un Xavi qui semble éreinté par son exercice 2011/2012, l'Espagne peut toujours compter sur Iniesta. Buteur lors de la finale de la Coupe du monde 2010 face aux Pays-Bas (1-0), le Barcelonais est devenu une légende vivante mais n'a rien changé à ses habitudes. Discret dans la vie, Iniesta se met en avant sur le terrain par son intelligence de jeu et ballon au pied. Pas autrement. Elu homme du match face à l'Italie et la Croatie, le milieu de terrain (28 ans) réalise un Euro de qualité, même si ses statistiques ne traduisent pas son influence : 1 passe décisive et 0 but, malgré de multiples tentatives.

"L'illuminateur de notre jeu"

Ses coéquipiers ne peuvent que se réjouir de posséder un tel coéquipier. "Je le considère comme l'illuminateur de notre jeu, juge Sergio Ramos, défenseur heureux. Il tient la baguette. C'est un grand joueur qui impose le respect à nos adversaires. Il est arrivé au tournoi dans une forme fantastique." Ce n'était pourtant pas gagné alors que la saison du champion du monde et d'Europe a été perturbée par les pépins physiques. Vingt-sept matches de Liga, dont 21 titularisations, 8 matches en Ligue des Champions, Iniesta a finalement profité de ces périodes repos forcé pour recharger les accus et débarquer en Pologne et en Ukraine frais comme un gardon.

"Andres est de mieux en mieux, match après match. Sa saison a été difficile à cause des blessures mais il est revenu, se félicite son coéquipier Cesc Fabregas. Il est adroit dans la dernière passe, créatif et efficace ballon au pied. Il nous donne beaucoup de confiance. En attaque, c'est notre point d'ancrage." Il le sera bien évidemment encore, dimanche face à l'Italie. Les finales, Iniesta sait comment les jouer. Il sait surtout comment y mettre fin.