Italie : une nuit en enfer

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Italie : une nuit en enfer
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Kiev|Ecrit pour TF1|2012-07-01T20:52:35.000Z, mis à jour 2012-07-02T14:49:16.000Z

Une option tactique qui n'a pas payé, deux blessés et une Espagne tranchante, l'Italie a vécu une sale soirée, dimanche en finale de l'Euro.

De Gdansk à Kiev, Cesare Prandelli avait changé les ingrédients. Mais perdu la recette en route. Dimanche, l'Italie s'est inclinée en finale de l'Euro face à une implacable équipe d'Espagne. Difficile de blâmer le sélectionneur italien, dont les prochaines nuits restent d'être difficiles et courtes. Il avait deux solutions pour appréhender cette finale. Durant les trois dernières semaines, elles avaient toutes fait leurs preuves. Sauf que la première (défense à trois) avait fonctionné face à l'Espagne, lors du premier match (1-1). Prandelli a préféré la seconde (défense à quatre), sur laquelle la Squadra Azzurra s'est appuyée durant la majeure partie du tournoi. Mauvais choix. La faute en revient essentiellement à la Roja, implacable le soir où elle est devenue unique puisque détentrice des deux derniers titres européens et de la couronne mondiale.

Italie : une nuit en enfer

Cette finale, l'Italie a semblé la prendre par le bon bout. Une petite dizaine de minutes. Avec sa défense à quatre, Abate reprenant sa place à droite, son milieu en losange avec un quarterback nommé Pirlo et son attaque bicéphale Cassano - Balotelli, les Italiens ont commencé par presser haut, tenter de pousser les Espagnols à allonger et jouer contre nature. Vaine ambition. La preuve en a été donnée par une interminable passe à dix rouge qui aurait pu déboucher sur l'ouverture du score, par Xavi (10 e). Elle vint finalement quatre minutes plus tard, signée Silva au terme d'un mouvement made in Spain (14e).

L'intelligence et l'endurance espagnole

Menés au score pour la première fois de l'Euro, les Italiens ont mal choisi leur moment et leur adversaire. Contre l'Espagne et son savoir-faire, se retrouver derrière est rédhibitoire. Ça l'est définitivement devenu après le deuxième but signé Jordi Alba (41e). Entretemps, les Italiens n'avaient pas modifié leur plan. La sortie sur blessure de Chiellini ayant été compensée par l'entrée en jeu de Balzaretti. Si Pirlo a récité sa partition habituelle à la récupération lors du premier acte, ses trois compères du milieu de terrain ont joué un ton en-dessous. Privilégiant la gauche et Cassano, souvent dans le couloir, l'Italie a joué sur ses forces et cherché à s'attaquer au "point faible" supposé de l'Espagne, Arbeloa. En vain. Et Balotelli dans tout ça ? Il a parfois pesé dos au but. Il eut été plus utile face. Mais se retourner quand on a Pique et Ramos sur le paletot n'est pas une mince affaire. Même quand on s'appelle Super Mario.

L'Italie a surtout été battue par l'intelligence et l'endurance espagnole. Les champions du monde 2010 ont laissé le ballon aux Azzurri durant la première période (53% de possession pour l'Italie) et plus joué verticalement que depuis le début du tournoi. Tant qu'ils ont joué à onze contre onze, les hommes de del Bosque ont laissé l'Italie manœuvrer, puis accélérer au moment opportun pour mettre en difficulté la Squadra Azzurra. Tout ce que l'Italie n'a su faire. Sauf à de rares occasions, les Transalpins n'ont pas réussi à changer de rythme, grandement perturbés par le pressing des marathoniens ibères. Même avec di Natale, buteur lors du premier match, et entré à la place de Cassano (46e). Le buteur de l'Udinese s'est créé deux occasions au retour des vestiaires, dont une qui aurait pu relancer cette finale. Finale qui a définitivement choisi son camp quand Thiago Motta, entré en lieu et place de Montolivo, a quitté ses partenaires, lui aussi blessé. L'Italie a joué une demi-heure à dix et avec un losange devenu triangle par la force des choses. Elle l'a payé avec deux buts de plus dans la valise. Elle n'avait pas besoin de ça. Les finales d'Euro se suivent et ressemblent pour les Azzurri. Des cauchemars à douze ans d'intervalle.