Källström : "Faire tomber les favoris"

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Källström : 'Faire tomber les favoris'
Par De notre correspondant à Lyon, Julien Huët|Ecrit pour TF1|2012-06-05T07:29:42.000Z, mis à jour 2012-06-05T15:50:09.000Z

Placé dans le Groupe B en compagnie de la France, de l'Angleterre et de l'Ukraine, la Suède de Kim Källström est l'un des outsiders de cet Euro 2012. Le Lyonnais dévoile les ambitions, les forces et l'état d'esprit de sa sélection.

Kim Källström, comment se présente cet Euro 2012 pour la Suède?

K.K: Je pense que nous avons les moyens de franchir le premier tour, même si les Français et les Anglais sont les deux grands favoris. Mais le jeu est justement de faire tomber les favoris. On a la chance de débuter contre l'Ukraine, je pense que ce premier match sera hyper important. Une compétition comme un Euro se joue sur très peu de choses. Sur une saison de 38 journées, c'est toujours le meilleur qui gagne, ce qui n'est pas obligatoirement le cas lors d'un Euro.

La Suède a-t-elle le potentiel pour aller au bout?

K.K: Personne n'imaginait que la Grèce l'emporterait en 2004... Toutes les nations ont une petite chance de s'imposer même si je place les Néerlandais, les Allemands et les Espagnols favoris. Derrière ces nations, il y a un petit groupe avec la France, l'Angleterre…

Quels sont les points forts de votre sélection?

K.K: Nous avons un très bon d'état d'esprit, nous sommes très bien organisés, nous avons des joueurs de talent plus Zlatan Ibrahimovic qui est un élément de classe mondiale. Notre groupe est équilibré avec des jeunes et des joueurs d'expérience.

Et vos points faibles?

K.K: Par rapport aux grandes nations, nous avons beaucoup moins de joueurs qui évoluent dans des grands clubs et qui disputent la Ligue des Champions. Nous manquons donc un peu de qualité individuelle, mais on peut compenser par un collectif très fort. Nous sommes une petite nation, il n'y a que 9 millions d'habitants en Suède, c'est-à-dire autant qu'en région parisienne!

Vous parliez à l'instant d'Ibrahimovic…

K.K: C'est notre capitaine, le joueur le plus important de notre équipe. Il a un physique exceptionnelle, et il parvient à combiner cette qualité avec une explosivité et une technique remarquables. Ces dernières saisons, il est aussi devenu un véritable buteur, ce qui lui manquait un petit peu car c'est bien de marquer des beaux buts, mais il faut aussi inscrire des buts de renard. C'est notre leader, on dépend beaucoup de lui. Comme Zidane il y a quelques années en équipe de France, il est notre joueur décisif. Dans le groupe, il est cool, c'est un vrai leader. Avec son statut, il a des raisons d'apparaître sûr de lui.

Personnellement, quel est votre rôle?

K.K: Je fais évidemment partie des anciens, j'ai presque 90 sélections et cela fait dix ans que je joue en sélection. Je connais tout le monde et tout le monde me connaît, j'ai un peu le même rôle qu'à Lyon.

Est-ce particulier pour vous de jouer contre la France?

K.K: Même si c'est un vrai plaisir d'affronter l'équipe de France, cela ne change rien du tout. Qu'il y ait Hugo (Lloris) ou quelqu'un d'autre en face, c'est pareil. Nous en avons d'ailleurs très peu parlé ensemble, même si on s'enverra sans doute quelques textos avant le match.

Que pensez-vous des Bleus?

K.K: Je crois qu'ils ont touché le fond en 2010. Depuis, ils ont récupéré un sélectionneur qui est un très grand monsieur et un très grand entraîneur, qui a fait des merveilles avec Bordeaux. Il reconstruit cette équipe de France avec des joueurs de très haut niveau à tous les postes, et qui doit normalement être considérée comme l'un des favoris du tournoi. S'il les Français parviennent à créer un état d'esprit collectif, je pense qu'ils feront peur à beaucoup de monde.

Comment voyez-vous le troisième match contre la France (le 19 juin)?

K.K: Il faudra voir dans quelle situation mathématique seront les deux équipes avant ce match. La France est une formation joueuse, avec des joueurs de couloir très forts. Il faudra les bloquer, bien défendre et les prendre en contre-attaques.