L'Espagne habituée, pas lassée

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L'Espagne habituée, pas lassée
Par De notre envoyé spécial à Kiev, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-30T18:33:51.000Z, mis à jour 2012-07-01T11:42:39.000Z

La Roja disputera dimanche face à l'Italie sa troisième grande finale de suite. Les Espagnols commencent à connaitre la musique. Force est de constater qu'elle leur plait.

Vicente del Bosque est du genre à rigoler quand il se brûle. Ce qui ne l'empêche pas de se montrer taquin quand il le faut. Samedi, un journaliste italien lui a fait remarquer qu'Iker Casillas avait mis l'Italie et l'Espagne sur un pied d'égalité avant cette finale alors que la Roja était juste championne de tout quand la Squadra Azzurra sortait d'un Mondial raté. Ce a quoi "le Marquis" a répondu : "Vous êtes négatif pour un Italien". Rires dans la salle. Pas sur le visage du sélectionneur de l'équipe d'Espagne, qui a embrayé le plus sérieusement du monde et justifié le pronostic de son capitaine : "Si l'on regarde le passé, l'Italie a gagné quatre Coupes du monde. Nous, une. Si on regarde le présent, on voit qu'on a joué un tournoi qui se ressemble : même groupe au premier tour, même style de jeu, on a dû passer un tour aux tirs au but et nos joueurs se ressemblent. Je ne crois pas qu'il y ait une grosse différence".

La similitude est également comportementale. Si les Italiens ne s'attendaient pas à se retrouver au banquet il y a encore quelques semaines, les Espagnols un peu plus. Mais, comme les membres de la Squadra Azzurra, savourent cette finale comme si c'était la première. Sans lassitude. Ni excès de confiance. "Vous n'y croyez pas tant que vous n'y êtes pas, a justifié Xavi, qui a pourtant joué quelques finales durant sa carrière, aussi bien avec l'Espagne que le FC Barcelone. On est heureux de posséder une grande génération de joueurs. On veut continuer à écrire l'histoire et à s'améliorer encore. On est content des années passées ensemble."

"Je me sens très chanceux"

Iker Casillas a lui du mal à contempler ce que l'Espagne a réalisé depuis quatre ans et les hauteurs atteintes. La force de l'habitude, oui. Mais le plaisir et l'étonnement, toujours et encore : "Je n'aurais jamais cru que l'on réaliserait ça il y a quatre ans. Gagner l'Euro et la Coupe du monde..." A cet étonnement, Xavi y ajoute du plaisir. Celui qu'il prend depuis des années en équipe nationale. Celui qu'il donne aux supporters. Et cette impression que rien ne sera plus comme avant grâce à ce que l'Espagne et lui-même réalisent depuis 2008, date de leur envol. "Je me sens très chanceux, assure le Barcelonais. Avant, le football avait tendance à être plus physique. On a des joueurs moins costauds mais plus talentueux. On veut offrir un jeu fantastique. Je suis ravi qu'il y ait plus de gens qui aiment ça. Les joueurs comme Pirlo ont un jeu identique. C'est bien que le football soit revenu vers cela." On sait grâce à qui.