L'Espagne sur un fil

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L'Espagne sur un fil
Par Benoît VITTEK|Ecrit pour TF1|2012-06-18T22:12:45.000Z, mis à jour 2012-06-19T21:57:37.000Z

Victorieuse de la Croatie (1-0), l'Espagne s'avance en quarts de l'Euro avec un excellent bilan. Mais le premier tour n'a rien eu d'une formalité pour une équipe tantôt contrariée devant, tantôt fébrile derrière. Heureusement pour les hommes de Del Bosque, tout continue de sourire à leur talent.

Au coup de sifflet final, la même image que toujours. Les joueurs espagnols, invaincus pour leur 17e match officiel de suite, ont célébré lundi soir un nouveau succès après avoir dominé la Croatie (1-0). Jesus Navas a trouvé la faille, la Roja est sortie en tête de son groupe C, et tout apparaît pour le mieux à cinq jours d'un quart de finale à Donetsk. Mais les esprits intègrent une nuance de taille : loin des apparences comptables, l'aventure des tenants du titre aurait pu trouver un terme précoce sur la pelouse de l'Arena Gdansk. "Cela a été une victoire difficile", a dû concéder Vicente Del Bosque à la fin du match. Sérieusement bousculée par les Croates, la Roja s'en est bien sortie. Et ce n'est pas la première fois.

En 2010 déjà, la défaite inaugurale face à la Suisse avait privé les Espagnols de toute marge. La Roja avait su aller jusqu'au bout en faisant basculer la victoire de son côté sur quelques actions décisives même lorsque le caractère flamboyant de son jeu venait à être étouffé par la rigueur tactique de l'adversaire. Un succès dans la lignée d'une finale plus maîtrisée qu'emballée face à l'Allemagne pour remporter l'Euro 2008 (0-1). Reste à voir si les Espagnols, contrariés par les Italiens comme par les Croates, sont capables de réitérer ces performances et si, privés de plusieurs cadres, ils ont les joueurs pour faire la décision.

Sans Puyol ni Villa, mais avec Casillas

En 2008 et 2010, Luis Aragones et Vicente Del Bosque ont pu compter sur un David Villa exceptionnel, auteur de 45% des buts espagnols sur ces deux compétitions et particulièrement décisif en Afrique du Sud. El Guaje valide en 2012, Vicente Del Bosque serait affranchi d'une première part de ses soucis. Finies les doutes autour de l'homme à aligner à la pointe de la Roja. Véritable attaquant ou milieu de terrain offensif ? Le meilleur buteur de l'histoire de la sélection trancherait le débat et peut-être l'Espagne retrouverait tous ses repères dans la construction du jeu, parfaitement contenue par les Italiens et les Croates pendant près de 90 minutes.

"Il nous a manqué ce contrôle sur le jeu, ces idées claires de construction que nous avons d'ordinaire", analyse Vicente Del Bosque après 90 minutes parsemées de très rares occasions espagnoles. Mais le sélectionneur espagnol, aux options surprenantes dans le secteur offensif, entend "continuer avec notre philosophie et peut-être un peu plus nous-mêmes qu'aujourd'hui."

Autre cadre absent, Carles Puyol. Le défenseur du Barça, membre de la All-star team du dernier mondial, dispose de deux suppléants de grande qualité en Sergio Ramos et Gérard Piqué. Mais l'un comme l'autre sont capables de gros passages à vide. Ainsi Balotelli a-t-il pu se présenter seul face à Casillas sur une boulette de Ramos et les deux arrières espagnols auraient pu être sanctionnés d'un penalty face à la Croatie. Sans oublier ce contre rondement mené par Modric qui a vu Rakitic disposer d'une balle de but seul dans les 5m50. Heureusement pour l'Espagne, Iker Casillas veillait au grain. Ballottée en ce début de compétition, la Roja peut toujours compter sur son dernier rempart, meilleur gardien en 2008 et en 2010. Un atout de premier ordre pour aller chercher un triplé Euro-Mondial-Euro inédit.