L'Italie contre la montre

Voir le site Euro 2012 de football

L'Italie contre la montre
Par Thomas CHOLET|Ecrit pour TF1|2012-06-25T13:13:58.000Z, mis à jour 2012-06-27T06:34:23.000Z

A l'heure d'affronter l'Allemagne, jeudi, en demi-finale de l'Euro 2012, l'Italie aura deux jours de récupération en moins et une prolongation en plus dans les jambes. Mais le poids du calendrier ne plombe pas la Nazionale.

L'Italie a le cœur léger mais les jambes lourdes. Pour éliminer l'Angleterre, dimanche soir lors du dernier quart de finale de l'Euro 2012, les coéquipiers d'Andrea Pirlo n'ont pas choisi le plus court des chemins (0-0, 2-4 tab). Cent-vingt minutes de jeu qui contrastent avec la victoire presque tranquille des Allemands, deux jours plus tôt, face à la Grèce (4-2).

Et la Mannschaft a pu se payer le luxe de faire tourner son riche effectif. "L'Allemagne est toujours la favorite avec l'Espagne, a estimé le sélectionneur italien Cesare Prandelli. Ils ont changé trois joueurs et ça n'a rien changé". Quand Gomez ne joue pas, Klose se charge de marquer. Quant à Schürrle (21 ans) et Reus (23 ans), qui fêtaient également leur première titularisation à l'Euro, ils symbolisent une autre inquiétude pour la Squadra Azzurra: la différence d'âge notoire qui jouera physiquement en défaveur des Italiens.

"Si on finit cette conférence un peu plus vite..."

L'équipe de Joachim Löw, la plus jeune du tournoi (24 ans et demi de moyenne d'âge), affrontera une équipe transalpine plus expérimentée (28 ans de moyenne), usée par des matches accrochés, et qui aura eu 48 heures de moins pour récupérer. Cette accumulation de facteurs défavorables peut peser lourd. "Il nous n'avons que trois jours de récupération. Jouer 120 minutes à ce niveau, c'est vrai que c'est beaucoup. Mais une victoire comme celle-là nous donne de l'énergie. On est prêts à les faire souffrir et on ne craint personne" a positivé Riccardo Montolivo, l'un des meilleurs italiens face à l'Angleterre.

Le scénario du match Angleterre-Italie accentue les incohérences du calendrier de l'Euro, qui voit les demi-finalistes s'affronter avec deux jours de récupération d'écart. Un gouffre quand la Mannschaft en a eu cinq. Interrogé sur le sujet, Cesare Prandelli a préféré désamorcer la polémique, non sans une pointe d'humour: "Si on finit cette conférence un peu plus vite, on pourra gagner du temps de récupération. Dix minutes après la fin du match, on avait fini de faire la fête". Un sourire, certes, mais un peu jaune quand même: "Avec la même envie qu'aujourd'hui, nous aurons une carte à jouer. Mais c'est vrai qu'à l'avenir, il faudra se pencher sur ce problème. Allonger la durée de la compétition peut être une solution. Nous avons presque 50% de repos en moins, c'est énorme". A défaut d'avoir des jambes, les Italiens joueront avec leur tête. Et au petit jeu de la guerre des nerfs, l'ancienneté sera un avantage.