L'Italie n'a pas la tête à ça

Voir le site Euro 2012 de football

L'Italie n'a pas la tête à ça
Par J. V. et G. Ba.|Ecrit pour TF1|2012-06-01T20:26:00.000Z, mis à jour 2012-06-01T22:01:09.000Z

Perturbée par le scandale des matches truqués, l'Italie a pris l'eau face à la Russie (0-3), pour son unique match de préparation à l'Euro. A neuf jours de son entrée en lice face à l'Espagne, la Nazionale semble encore trop fébrile et trop déséquilibrée.

Dans neuf jours, l'Italie débutera son Euro face à l'Espagne, le tenant du titre. Si, d'ici là, le scandale des matches truqués n'a pas définitivement convaincu Cesare Prandelli de renoncer au voyage en Pologne. Sur ce qu'il a vu vendredi soir, le sélectionneur de la Squadra Azzurra a du mouron à se faire. A Zurich, les Italiens ont pris l'eau dans des proportions ahurissantes face à la Russie (0-3). Le pire, pour la Nazionale, c’est que cette déroute ne souffre d'aucune contestation. Mais pour Prandelli, elle est peut-être un mal pour un bien. "Paradoxalement, c’est mieux d’avoir perdu ce soir, a réagi le technicien italien en conférence de presse. Nous revenons ainsi les pieds sur terre. Je reste convaincu que nous serons prêts pour l’Euro."

Peut-être. Mais dans ce cas, l'Italie a du pain sur la planche. Devant quelque 18000 tifosi, dans un contexte pesant, elle a rapidement montré des signes de fébrilité. Illustration dès la 22e minute : Shirokov, très en vue tout au long du match, a passé en revue pas moins de trois défenseurs italiens dans la surface de réparation de Buffon. Pour mieux décaler Zyryanov, à la frappe trop imprécise. Dominatrice, la Russie a mis au supplice une charnière Bonucci-Barzagli aux abois. Sur les côtés, Balzaretti, le joueur de Palerme, a tenu son rang à gauche. Tandis qu'à droite, Maggio en a oublié ses obligations de replacement.

"Le problème de la défense ? Ça vient aussi de l’attaque"

Inquiétants défensivement, les hommes de Cesare Prandelli ont montré de bonnes intentions offensives après le repos. Ils ont fait le siège du but russe. Mais Cassano (51e), magnifiquement servi en profondeur par Balotelli, et Marchisio (52e) se sont tour à tour heurtés à un Akinfeev impérial. Revers de la médaille, à trop vouloir attaquer, la Nazionale s'est très vite divisée en deux. Et le bloc défensif a fini par craquer sur un contre russe ultra-rapide, conclu par Kerzhakov devant De Sanctis, qui avait remplacé Buffon à la mi-temps (1-0, 58e). Un quart d'heure plus tard, le gardien napolitain a fait preuve à son tour preuve de fébrilité : sa sortie hasardeuse (0-2, 74e) puis sa mésentente avec Maggio (0-3, 88e) ont offert à Shirokov deux autres buts sur un plateau.

Cette Italie-là est encore trop déséquilibrée pour prétendre bousculer l'Espagne dans une dizaine de jours. Mais là encore, Prandelli relativise : "C’est notre troisième rencontre en huit mois, il faut travailler et corriger tout cela, les joueurs sont déjà prêts sur de nombreux points, mais ce n’est pas suffisant. Le problème de la défense ? Ça vient aussi de l’attaque, il faut de l’équilibre dans tous les domaines." L'Italie doit vite le trouver : le compte à rebours est lancé.