L'Italie peut voir plus loin

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L'Italie peut voir plus loin
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-19T11:07:55.000Z, mis à jour 2012-06-20T07:28:08.000Z

Soulagée de s'être extirpée du groupe C, la Squadra a jusqu'ici affiché des vertus qui pourraient l'emmener au-delà des quarts de finale.

Mardi matin, la presse italienne n'a d'yeux que pour eux. Pour Antonio Cassano et Mario Balotelli. La veille, les attaquants du Milan et de City ont délivré la Squadra face à l'Eire (2-0). Délivrance ? Le mot n'est pas trop fort. Il est à la hauteur du soulagement vécu par toute l'Italie. Car si elle "vole vers les quarts", comme se félicite La Gazzetta dello sport, elle a eu peur. Peur que l'Espagne et la Croatie s'arrangent pour sceller son élimination. Peur de ne pas venir à bout d'une sélection irlandaise limitée. Finalement, la Roja l'a emporté sur le fil (1-0). Pendant que l'Italie faisait le boulot face à l'Eire (2-0). "Pas de biscotto, souffle La Repubblica, mais quelle souffrance."

Depuis son banc, Cesare Prandelli aussi a connu quelques sueurs froides. "Oui, j'ai beaucoup souffert, admet le sélectionneur italien, mais il y avait la qualification en jeu! Jusqu'à la 75e, on était bien dans le match, mais après, dans les quinze dernières minutes ils ont été forts. Nous avons été en difficulté dans les vingt premières minutes parce qu'ils avaient décidé de nous presser, il y avait aussi beaucoup de tension."

La prime au "beau jeu"

L'Italie peut voir plus loin

Consciente de l'enjeu, la Nazionale voulait plier l'affaire au plus vite. Résultat : elle a confondu vitesse et précipitation dans le dernier geste. Et plus globalement, elle s'est montrée moins séduisante que lors de ses deux premières sorties face à l'Espagne (1-1) et la Croatie (1-1). Tellement entreprenante que Michel Platini s'était dit "surpris" par cette Italie excessivement joueuse. "C’est incroyable, lors du dernier match contre la Croatie ils menaient 1-0 et les Croates sont revenus au score, avait souligné le patron de l'UEFA, qui a jadis arpenté les pelouses de Serie A sous le maillot de la Juventus. C’est contre la religion en Italie ça, après le pape, la religion en Italie c’est, ‘quand tu mènes 1-0 c’est impossible que l’adversaire revienne’... Le sélectionneur Cesare Prandelli les fait jouer, c’est bien."

En abandonnant (momentanément ?) son 3-5-2, la Squadra a tenu le choc lundi soir. Son 4-3-1-2, avec Thiago Motta derrière le duo Di Natale-Cassano, lui a même donné le monopole du ballon. En face, l'Eire de Giovanni Trapattoni voulait s'en débarrasser au plus vite. "Nous ne voulions pas d'un match ping-pong, retient Prandelli. Il est difficile de garder la balle au sol quand l'équipe en face commence à balancer de longs ballons aériens devant."

Trapattoni : "L'Italie peut aller jusqu'au bout"

L'Italie a donc "accepté de souffrir", en "faisant preuve de personnalité". Cette force de caractère s'avérera précieuse face à la France, l'Angleterre ou l'Ukraine, son futur adversaire en quarts. Précieuse, mais pas nécessairement suffisante. Prandelli persiste et signe : "Les équipes qui savent jouer au football vont généralement très loin dans les compétitions majeures. Il ne suffit pas de chercher uniquement le résultat, il faut aussi pratiquer du beau jeu pour y arriver".

L'Italie peut voir plus loin

De ce point de vue-là, la Nazionale est "sur la bonne voie". "Et maintenant qu’elle est en quart de finale, cette équipe va prendre conscience de ses propres qualités, prévient Giovanni Trapattoni, qui a dirigé la Squadra de 2000 à 2004 avant de prendre les rênes de l'Eire en 2008. Cette Italie n’est peut-être pas encore l’Allemagne ou l’Angleterre. Reste qu'elle peut s’appuyer sur une technique de base très précise, elle ne rate que très peu de passes. Elle peut faire un long chemin dans ce tournoi. Peut-être même aller jusqu'au bout." Au regard des épreuves qu'elle a traversées ces dernières semaines, cela sonnerait comme une douce revanche. Mais l'Italie cultive cette habitude : elle n'est jamais aussi forte que lorsqu'on ne l'attend pas.