Lizarazu : "Personne n'est indispensable"

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Lizarazu : 'Personne n'est indispensable'
Par Entretien réalisé par Maxime DUPUIS (à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-26T10:28:18.000Z, mis à jour 2012-06-26T16:22:47.000Z

Bixente Lizarazu pense qu'il faudra trancher dans le vif dans le futur et écarter les joueurs dont le comportement ne sera pas exemplaire. Consultant pour TF1 - RTL et L'Equipe, l'ancien arrière latéral des Bleus juge également que Laurent Blanc reste l'homme de la situation.

L'équipe de France a été éliminée en quart de finale de l'Euro. Il est désormais l'heure de tirer le bilan des Bleus, et notamment de Laurent Blanc. Selon vous, doit-il continuer ?

BIXENTE LIZARAZU : Je pense qu’il est souhaitable qu'il continue l'aventure, mais il faudra dorénavant privilégier l’état d’esprit, la mentalité plutôt que le talent. Il a entamé un premier chantier et posé des bases dans le jeu de l'équipe de France. Il a construit un début de quelque chose pendant près de deux ans, même si la Suède et l'Espagne ont gâché beaucoup de choses à la fin. Depuis 2010, il avait une équipe et des joueurs à relancer. Laurent Blanc a réussi un travail de qualité avec certains comme Franck Ribéry ou Karim Benzema, même si ce dernier a été très mal utilisé pendant l’Euro. Mais avec d’autres joueurs comme Samir Nasri, c’est un échec.

Vous parlez de Samir Nasri. Quel pouvoir de nuisance a pu avoir son comportement, aussi bien sur l'équipe que sur le grand public ?

B.L. : Quand le public voit son attitude, il se sent méprisé et insulté. Ça déteint évidemment sur l’image de l’équipe de France. Dans une équipe, il suffit de trois ou quatre mecs pour plomber l’unité. Et il faut veiller aussi à ne pas écœurer ceux qui jouent le jeu et veulent faire leur maximum.

Que doit-on faire aujourd'hui pour ne pas revivre une énième fois ce type de psychodrame ?

B.L. : Il faut arrêter de prendre des demi-mesures. Mettre un cadre plus strict et ne pas avoir peur de se priver de joueurs qui ne respectent pas l’équilibre de l’équipe, quel que soit leur talent. Il faut mieux se couper un doigt plutôt que la main.

L'exemple, peut-on le trouver ailleurs ?

B.L. : Les meilleures nations du monde aujourd'hui sont l'Allemagne et l'Espagne. En termes de cohésion collective, c'est carré, c'est clair. Regardez aussi l’esprit de l'Italie dimanche. Quand Montolivo a raté son penalty et que Buffon a stoppé la tentative de Cole, il a levé le doigt et regardé Montolivo pour lui dire "c’est pour toi". Nasri, quand il a marqué contre l'Angleterre, il a dit "ferme ta gueule" aux médias. Ça fait une immense différence… Contre l'Espagne et la Suède, les Bleus ne nous ont pas donné envie ni d’émotions. Vous avez vu Italie - Angleterre ? L'Angleterre a fait un beau perdant. J'aurais aimé qu'il en soit de même, que l'on soit beau contre l'Espagne, malgré la défaite.

Que préconisez-vous pour les joueurs qui ont franchi la ligne jaune ?

B.L. : C’est au président de la fédération de trancher. Moi je pense que personne n'est indispensable et que ceux qui ne veulent pas respecter certains devoirs en équipe de France s’éliminent tous seuls.