Lloris : "Notre vie de vestiaire, ça ne regarde personne"

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Lloris : 'Le vestiaire, ça ne regarde personne'
Par T.C.|Ecrit pour TF1|2012-06-28T10:09:42.000Z, mis à jour 2012-06-28T17:11:31.000Z

Discret pendant l'Euro, Hugo Lloris hausse le ton dans L'Equipe. Le capitaine des Bleus relativise notamment les incidents avec Nasri et Ménez. Furieux contre la ou les taupes, le portier dénonce également l'amalgame fait entre le Mondial 2010 et l'Euro 2012.

Hugo Lloris est sorti de sa carapace. Inaudible pendant l'Euro, si ce n'est pour reprendre avec précaution les paroles de Laurent Blanc, le gardien de l'équipe de France a enfin mis du piment dans son discours. Il refuse catégoriquement tout rapprochement entre Knysna et Kircha. "Cela n'a rien à voir ! Ce sont deux situations complètement différentes. En 2010, on s'était mis en situation de faute professionnelle, avec tous les événements que l’on connaît, et au-delà de l’échec sportif, le poids de l’extra sportif avait été considérable. Là, tout le monde a joué à fond", a tenu à préciser Lloris dans les colonnes de L'Equipe.

La mutinerie de la Coupe du monde 2010 avait été collective. Cette fois, les incidents qui ont émaillé la fin de parcours des Bleus sont individuels, et surtout n'auraient jamais dû "sortir du vestiaire", que ce soit l'accrochage entre Ben Arfa et Blanc, ou celui entre Diarra et Nasri. "La manière dont toute cette scène a été interprétée a malheureusement touché le groupe. C’est aux joueurs de faire la part des choses et de faire en sorte que cela ne soit pas su immédiatement à l’extérieur. C’est notre vie de groupe, notre vie de vestiaire, ça ne regarde personne! C’est là que tout cela me dérange vraiment. Parce que ce n’est pas la première fois que ça arrive", a repris le gardien de l'OL, irrité à l'idée qu'une ou plusieurs taupes n'aient pu retenir leur langue.

"J'ai pourri Ménez et c'était normal"

Pour le cas Samir Nasri, en revanche, nul besoin d'être une taupe, ni même une petite souris pour entendre ce qui s'est dit. Le milieu de terrain de Manchester City a proféré ses insultes devant la presse. Et si Lloris ne les cautionne pas, il refuse une fois encore tout amalgame: "Je trouve inadmissible qu'on résume le comportement de l'équipe à cet incident. Elle ne mérite pas ça, et de nombreux joueurs ne méritent pas ça (…) J’ai l’impression qu’on mélange tout. Associer deux ou trois cas individuels à l’ensemble de l’équipe de France, ça me choque".

Parmi ces "cas individuels", celui de Jérémy Ménez est au centre des débats. Le Parisien risque une sanction de la part de la FFF pour son comportement à l'Euro. Mais Lloris minimise le vif échange qu'ils ont eu lors du match France-Espagne: "Avec Ménez ? Soyons honnête, c’est moi qui lance les hostilités, a admis le capitaine français dans le quotidien sportif. Sur le terrain, il n’y a pas de sentiment à avoir, on n’a pas le temps de dire 's’il te plaît, excuse-moi'. Alors on se lance des flèches, mais ça n’empêche pas de se serrer la main et de se respecter à la fin. Je ne veux pas du rôle du gentil dans cette affaire. Je ne sais plus ce que je lui ai dit, mais je l’ai pourri, et c’était normal. Je ne sais pas non plus ce qu’il m’a dit, mais cela se passe comme ça dans n’importe quelle équipe."

La communication du capitaine des Bleus a changé. "Inadmissible", "ça ne regarde personne", ou "ça me choque", sont autant d'expressions que l'on aurait pas entendu pendant l'Euro. Peut être un bon signe pour l'avenir des Bleus. Pourvu que Lloris continue à refuser "le rôle du gentil".