M'Vila : "Il faut arrêter de m'enfoncer"

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M'Vila : 'Il faut arrêter de m'enfoncer'
Par Propos recueillis par Martin MOSNIER (à Clairefontaine)|Ecrit pour TF1|2012-05-25T16:34:44.000Z, mis à jour 2012-05-26T15:14:03.000Z

Très remonté, Yann M'Vila s'est montré plutôt agressif ce vendredi à Clairefontaine. Le Rennais a mis la semelle pour défendre sa saison. Lui qui compte bien sur l'Euro pour faire taire ses détracteurs, a admis ses erreurs et demande qu'on le laisse désormais tranquille.

Yann M'Vila avait un message à faire passer auprès de la presse ce vendredi à Clairefontaine. Mis en garde à vue début mai pour violence contre un jeune homme, le milieu de terrain, qui s'en était pris aussi à un supporter du Stade Rennais après la défaite face à Quevilly le 11 avril, assume ses erreurs. Ce ne sont pas ses premiers écarts sportifs. Selon L'Equipe, il avait agressé un automobiliste qui avait eu des propos racistes à son encontre en septembre 2010. Mais il n'admet pas que l'on juge sa saison par rapport à ses affaires hors du terrain. M'Vila, qui a confirmé qu'il quitterait Rennes l'an prochain sans préciser la possible destination, en profite donc pour régler ses comptes. Dans son collimateur : la presse. Il compte sur l'Euro pour faire taire ses détracteurs.

"YANN M'VILA, est-ce que vous estimez qu'on est trop exigeant avec vous alors que vous n'avez que 21 ans ?

Y. M. : On est beaucoup plus exigeant avec moi par rapport à ce qui s'est passé hors du terrain. J'ai fait des erreurs mais à un moment donné, il faut arrêter de m'enfoncer. Beaucoup de gens m'ont jugé par rapport à mon comportement extra-sportif. Sur le terrain, aujourd'hui, j'essaie d'en faire abstraction.

On vous sent très remonté...

Y. M. : Oui je suis remonté mais jamais touché. Je continue ma route. J'ai connu tellement de choses dans ma carrière...

Estimez-vous les critiques sur votre saison injustes ?

Y. M. : Oui, c'est injuste. J'ai payé les conneries que j'ai faites mais aujourd'hui donc, c'est de l'injustice.

Est-ce que les critiques que vous essuyez peuvent vous perturber sur le terrain ?

Y. M. : Je vais en faire abstraction. Ces critiques me renforcent et me motivent. Je suis toujours là et je veux faire taire les critiques, démontrer que tout ce qui a été dit sur moi était faux. Alors bien sûr, ça passe par un bon Euro.

Est-ce que vous estimez que ce qui a été écrit peut nuire à votre carrière ?

Y. M. : Ah oui, ça peut faire capoter des affaires. Ce qu'on raconte sur moi peut me faire rater des choses. Je vais en parler au sélectionneur. Je pense qu'il va vouloir m'en dire un mot, c'est bien normal. Je n'aime pas ces déclarations qu'on a faites sur mon dos. Si après, on vient me parler pour me dire : "Tu as fait un bon match", je m'en foutrais complètement. J'ai vu des mecs passer à coté de leur carrière à cause de la presse. J'ai fait une erreur de jeunesse, j'ai fait le con mais vous ne savez pas tout. Je suis calme, simple mais je peux être sanguin quand on me manque de respect. Pour les proches, les fans, ça me fait de la peine. J'ai deux enfants et je ne veux pas qu'on se dise ça de moi par rapport à eux.

Aujourd'hui, dans quel état de fraicheur abordez-vous l'Euro ?

Y. M. : J'ai ressenti de la fatigue au cours de la saison. Mais j'ai été bon lors de mes deux derniers matches. Je ne gère jamais en prévision de ce qui vient, même les matches internationaux. Gérer en match, c'est tricher. Aujourd'hui, je me sens frais.

Vous avez réussi plus de 2000 passes cette saison, c'est un record...

Y. M. : Oui, et après, on écrit que je ne fais pas une bonne saison. Voilà qui fait taire beaucoup de détracteurs.

On sent que la pilule a décidément du mal à passer.

Y. M. : Mais je ne suis pas dans cette guerre. J'aimerais retourner toutes les mauvaises langues, montrer mon vrai côté : je suis quelqu'un de gentil.

Que serait un bon Euro pour vous ?

Y. M. : On ne veut pas revenir bredouille. Sortir dès les poules, ce ne serait pas un échec mais une catastrophe. Au dix-septième rang au classement FIFA. On n'est pas à notre place. On devrait être dans les cinq premiers au niveau des Pays-Bas et de l'Allemagne.