Martin s'est frayé un autre chemin

Voir le site Euro 2012 de football

Martin s'est frayé un autre chemin
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-14T17:07:34.000Z, mis à jour 2012-06-15T15:56:04.000Z

Un an après ses débuts tonitruants en Bleu, Marvin Martin retrouve l'Ukraine vendredi, à Donetsk. Dans la peau d'un indiscutable... joker.

Il en connaît les moindres recoins. La moindre parcelle. La pelouse de la Donbass Arena n'a aucun secret pour Marvin Martin. Elle lui rappelle même de "bons souvenirs". 6 juin 2011 : l'équipe de France boucle sa saison et sa tournée des pays de l'Est. Quand Martin supplée Yohan Cabaye dans l'entrejeu, les Bleus sont accrochés (1-1). En un quart d'heure, le Lionceau renverse tout sur son passage. Un doublé et une passe décisive plus tard, sa première cape est couverte de lauriers. Comme celle d'un certain "ZZ" dix-sept ans plus tôt. Marvin Martin n'est pas Zinédine Zidane. Et pourtant, les médias s'emballent : le phénomène "MM" est en marche.

Une année a passé depuis ces débuts internationaux en fanfare. Martin compte aujourd'hui 12 sélections en Bleu. Son statut n'y a guère évolué, même s'il est pressenti pour débuter vendredi dans l'enceinte de Donetsk, à la place de Florent Malouda. Cette titularisation-surprise n'occulterait pas douze derniers mois houleux, au cours desquels Martin s'est un peu perdu en route. Il l'admet volontiers : "J'ai connu une saison difficile avec mon club, nous avons joué le maintien toute l'année." Les critiques, si élogieuses, ont pris une toute autre tournure. Sans que cela entame son étonnante lucidité. "Je savais qu'il y aurait un retour de flamme, disait-il au Touquet, juste avant le deuxième match de préparation face à la Serbie (2-0). Après ce qui s'est passé en Ukraine, je m'y étais préparé." Les critiques ? "Elles font partie du jeu." Et balle au pied, il ne s'en préoccupe pas. "Quand je suis sur le terrain, je suis concentré."

Blanc : "Il sent le football"

Martin s'est frayé un autre chemin

Cette implication a convaincu Laurent Blanc de l'emmener dans ses bagages, au détriment de Yoann Gourcuff. Dans l'esprit du sélectionneur, le meilleur passeur de Ligue 1 en 2010-2011 n'est peut-être pas indiscutable. Mais à l'heure du coaching, quand il s'agit d'injecter du sang neuf, Blanc hésite rarement à lancer son milieu de poche. Ce fut le cas lundi, face à l'Angleterre (1-1). Rentrer à six minutes de la fin, "il ne s'y attendait pas du tout". "Après, quand le coach nous a envoyés nous échauffer à trois, je me suis dit que j'avais une chance. C'est vrai que ça fait bizarre de se dire qu'on joue un tel match. J'ai ressenti beaucoup d'excitation, j'avais très envie de participer."

Sa polyvalence, son habilité technique et sa capacité, rare, à fluidifier le jeu en font un recours appréciable. "Il est plaisant à voir, il met à l'endroit l'équipe, affirmait Blanc à son sujet en août dernier. Il perd peu de ballons. Il continue d'avancer, il sent le football." "Il voit clair, avant de recevoir le ballon, soulignait, au micro de RTL, Francis Gillot, qui fut son entraîneur à Sochaux. Dans ce registre il fait bien jouer les autres, c’est quelqu’un qui est généreux, qui peut jouer partout. C’est un joueur complet." Qui ne se fait aucune illusion sur son sort. Cet Euro 2012, sa première grande compétition internationale, Martin la vivra essentiellement sur le banc. "Le coach a une équipe en place, dédramatise-t-il. Quand on est dans la compétition, comme ça, c'est dur, enfin, c'est rare, de changer." Jusqu'ici, il ne s'en est jamais plaint.

Martin s'est frayé un autre chemin