Même endroit, autre histoire

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Même endroit, autre histoire
Par Notre envoyé spécial à Donetsk, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-13T19:20:53.000Z, mis à jour 2012-06-14T23:32:09.000Z

Un an après avoir gagné à Donetsk face à l'Ukraine (1-4), les Bleus vont tenter de bisser dans un contexte complètement différent, vendredi.

En théâtre, on appelle ça la générale. Sur les planches, cette dernière répétition est jouée à quelques encablures de la grande première. En football, en temps normal, ça n'existe pas. Mais l'équipe de France s'est offert ce luxe l'an dernier à la même époque. Après avoir fait match nul en Biélorussie (1-1) lors des éliminatoires de l'Euro, les hommes de Laurent Blanc avaient profité de leur voyage dans le coin pour faire un crochet par la Donbass Arena et s'imposer 4-1 face à l'Ukraine, dont elle ne savait pas encore qu'elle serait l'adversaire le 15 juin 2012. Se souvenir des tribunes quasiment vides de l'enceinte de Donetsk et se remémorer qu'on pouvait s'entendre parler dans le stade suffit à rappeler que le contexte était grandement différent de celui que vont connaitre les Bleus vendredi soir.

De ce 6 juin 2011, on aurait envie de retenir le score, très favorable aux Français. Mais surtout très flatteur, alors que les Bleus avaient longtemps été ballottés, avec une équipe expérimentale où Younès Kaboul, Mamadou Sakho, Blaise Matuidi ou encore Kevin Gameiro avaient été titularisés, ainsi que Steve Mandanda, capitaine d'un soir. Les entrées de Florent Malouda, Franck Ribéry et Karim Benzema, après l'heure de jeu, avaient remis les Bleus dans le droit chemin, avant qu'un petit nouveau, Marvin Martin, ne fasse le show et vole à vedette à tout le monde. Deux buts et une passe décisive entre la 87e et la 92e minute de jeu. Une première réussie. Et une invincibilité conservée face à l'Ukraine (6 matches joués, 3 victoires, 3 nuls). Au-delà de ça, difficile de s'appuyer sur quoi que ce soit qui puisse offrir la moindre assurance à une équipe de France qui, Martin mis à part, a rangé cette soirée du 6 juin 2011 dans ses mémoires.

"Un état euphorique"

Hôte de l'Euro 2012, l'Ukraine doit-elle être plus traumatisée que la France rassurée par le précédent de l'an dernier ? Sur le papier et à première vue, on aurait tendance à répondre de manière positive alors que des seize joueurs qui avaient défié les Bleus, onze sont toujours là dans les vingt-trois. Mais si l'on se fie à la composition de l'équipe d'Ukraine lors de son premier match de l'Euro, seuls cinq titulaires de 2011 l'étaient face à la Suède. Ajoutez à cela que ce premier match gagné, avec un doublé de Shevchenko, a complètement changé la donne.

Oleg Blokhine, revenu à la tête de l'équipe nationale en avril 2011, parlait d'une équipe loin d'être prête il y a encore peu de temps, suite à une préparation plutôt ratée, marquée par des défaites en Autriche (3-2) et en Turquie (2-0). Il a changé son fusil d'épaule et doit désormais faire en sorte que l'Ukraine ne s'enflamme pas, portée par des signes du destin tels que la renaissance d'Andrei Shevchenko, 35 ans et des bobos un peu partout depuis un bon bout de temps. Laurent Blanc l'a bien compris. Si les coorganisateurs ont bien progressé quelque part depuis un an, ce n'est pas dans un secteur de jeu. Mais dans la tête. Et c'est récent. "L'Ukraine va être dans un état euphorique, juge le sélectionneur de l'équipe de France. Ça va devenir un adversaire coriace. Ce sera un match compliqué. Mais on va le préparer comme on avait prévu de le faire." Pas certain que le DVD du match de 2011 soit la base de travail du staff des Bleus.