La même rengaine pour l'Allemagne

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La même rengaine pour l'Allemagne
Par Vincent BREGEVIN|Ecrit pour TF1|2012-06-28T22:48:02.000Z, mis à jour 2012-06-29T18:16:27.000Z

Sortie par l'Italie (2-1) en demi-finale de l'Euro 2012, l'Allemagne restera une seizième année consécutive sans succès dans un tournoi international.

Toujours placée, jamais gagnante. L'Euro 2012 n'a pas permis à l'Allemagne de Joachim Löw d'inverser cette tendance. Eliminée par l'Italie (2-1) en demi-finale, la Mannschäft a une nouvelle fois échoué dans sa quête d'un premier titre international majeur depuis celui de champion d'Europe acquis en 1996. Seize ans pour l'Allemagne, c'est long. Si elle ne gagne pas la prochaine Coupe du monde au Brésil, elle égalera un "record" personnel, celui de la plus longue période disette du pays entre deux trophées (18 ans, entre la Coupe du monde 1954 et l'Euro 1972).

La déception est d'autant plus grande que les Allemands disputaient à Varsovie leur quatrième demi-finale consécutive dans un tournoi international, après les demi-finales des Coupes du monde 2006 et 2010 et la finale de l'Euro 2008. D'autant plus importante que l'équipe de Joachim Löw avait jusqu'ici réalisé le parcours parfait. Elle était sortie en tête du groupe présentée comme le plus relevé de cet Euro 2012, avec les Pays-Bas, vice-champions du monde en titre, le Portugal et le Danemark. Elle a réalisé le carton plein en signant trois victoires, avant de valider facilement son billet pour les demi-finales face à la Grèce (4-2). La Mannschäft abordait sa demi-finale face à l'Italie en pleine confiance, et avec 48 heures de récupération en plus que son adversaire. Cela n'a pas suffi pour lui faire franchir l'obstacle transalpin.

Lahm : "On fait des fautes idiotes"

L'Allemagne n'a que trop rarement semblé en mesure de faire tomber l'Italie. Elle est apparue dans une forme méconnaissable. Le choix de Joachim Löw de titulariser Toni Kroos sur le côté droit de l'attaque n'a pas porté ses fruits. Au contraire, les Allemands n'ont jamais pu exploiter le terrain sur toute sa largeur comme ils savent le faire habituellement. Mais c'est surtout la défense qui a failli. A l'image de Mats Hummels, révélation allemande du tournoi, passé à côté de son match et de son duel face à Mario Balotelli. "C'est très très dur. On fait des fautes idiotes et c'est comme cela qu'on prend les buts. Cela ne doit pas nous arriver. Le plus dur, c'est que cette équipe a un tel potentiel pour faire plus que ça. Mais on n'a pas été assez malins non plus. Quand on n'est pas capable de jouer à son vrai niveau au bon moment, c'est comme ça qu'on perd ce type de match", résumait le capitaine allemand Philipp Lahm, dépité, après la rencontre.

C'est tout le paradoxe de l'équipe Joachim Löw, assurément l'une des plus talentueuses au monde à l'heure actuelle. Mais incapable jusqu'ici d'acquérir cette dimension mentale qui avait fait la force de ses devancières. L'Euro 2012 ne constituera pas le déclic tant attendu pour cette génération, qui a cependant encore de belles années devant elle. Avec une moyenne d'âge de 25 ans, l'Allemagne présentait l'une des plus jeunes équipes du tournoi. Certains joueurs ont profité de cette compétition pour se révéler au niveau international, notamment la charnière Hummels-Badstuber, ainsi que le milieu offensif Marco Reus. Meilleur buteur allemand avec trois buts, Mario Gomez a également prouvé qu'il pouvait remplacer la légende Miroslav Klose. Avec les cadres que sont Manuel Neuer, Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger, Sami Khedira et Mesut Özil, l'Allemagne sera encore l'un des outsiders à la Coupe du monde 2014, probablement la dernière compétition de Joachim Löw en tant que sélectionneur. Avec pour unique objectif de décrocher enfin un trophée.