Ménez, joyau à polir

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Ménez, joyau à polir
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-16T13:32:09.000Z, mis à jour 2012-06-16T23:30:35.000Z

Malheureux puis buteur face à l'Ukraine (2-0), Jérémy Ménez a passé une riche soirée vendredi. Laurent Blanc a aimé et en veut encore plus.

Jérémy Ménez, ce sont les autres qui en parlent le mieux. Heureusement d'ailleurs, puisque le principal intéressé a quitté la Donbass Arena en claquettes, mains dans les poches et bouche close, vendredi. Dommage, il y avait tant à dire et raconter après une rencontre qu'il a sans doute vécue comme un "roller-coaster" émotionnel. D'une première période qu'il aurait pu ne pas finir, à son but, le Parisien est passé par tous les états avant sa sortie à la 73e minute de jeu, remplacé par Marvin Martin. Il est alors allé souffler sur le banc, sans doute satisfait du devoir accompli et fort d'un deuxième but en équipe de France, après celui inscrit face à l'Estonie (4-0), au Mans.

Sa titularisation, Ménez l'a apprise cinq minutes avant de monter dans le bus. Même s'il avait évolué avec les titulaires lors du dernier entraînement, l'ancien Sochalien n'a eu la certitude de débuter que lorsqu'il a vu son nom sur le paperboard de Laurent Blanc. Goûtant peu aux entrées en jeu en cours de rencontre, comme il le confiait avant le début de la compétition, Jérémy Ménez a eu ce qu'il voulait vendredi. Aligné à droite de l'attaque française, il a, par sa présence, aidé à étirer le jeu en largeur et offert des possibilités aux copains dans la profondeur. Mais n'a pas été heureux toute de suite. Avant de débloquer la situation, il y a eu ces trois occasions franches manquées et un carton jaune qui aurait pu déboucher sur un rouge, si l'arbitre ne s'était pas montré un brin magnanime.

"Agaçant et jubilatoire"

Revenu des vestiaires "la tête dans le sac", dixit Nasri, Ménez a finalement trouvé la parade en débloquant la situation du gauche. Au grand plaisir des copains, qui ont toujours encouragé le joueur du Paris Saint-Germain. "Au moment où il a raté sa première occasion, ce n’était pas évident. Il pouvait perdre confiance mais sur le terrain, j'ai lui ai dit : continue, tu vas nous faire le match", a révélé Franck Ribéry. Ménez, qui marche beaucoup à la confiance selon ses partenaires, s'est remis la tête dans le guidon et, au final, a été grandement récompensé.

Ce n'est pas Laurent Blanc qui s'en plaindra. Le sélectionneur national n'en veut pas au joueur d'avoir manqué ces occasions. "Il n'a que 23 ou 24 ans (25, ndlr). Il a combien de sélections ? 14. Pendant les dix premières, vous êtes un gamin. Après, ça commence à compter." Le sélectionneur, que l'on a vu plus agité devant son banc qu'à l'accoutumée, n'a-t-il pas cependant été agacé par les échecs à répétition de son joueur ? "Les joueurs qui ont du talent sont souvent agaçants. Mais ils sont jubilatoires quand ils réussissent. D'autres ne vous agacent jamais..."

Jérémy Ménez, au sortir d'une saison accomplie même si irrégulière, est à un tournant de son histoire personnelle. Un peu comme l'équipe de France. Vendredi, il a montré de belles choses. Et prouvé qu'on pouvait compter sur lui. Mais l'exigence sera forcément plus élevée lors de sa prochaine sortie. "Il faut être très rigoureux mais très exigeant aussi", prévient Blanc. "Tout a l'air facile avec les joueurs talentueux. Il faut leur donner confiance. Le palier, j'espère qu'il le franchira. Pour le moment, on lui dit : c'est bien, tu as eu des occasions. Bientôt, on lui dira : il faut marquer."