Mexès, libéro surveillé

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Blanc: 'Il y a plus gras que Mexès'
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-10T21:25:04.000Z, mis à jour 2012-06-11T16:04:01.000Z

En retrait lors de la préparation, Philippe Mexès, qui dispute son premier Euro à 30 ans, n'aura pas le droit à l'erreur face à l'Angleterre (18 heures).

Il a longtemps eu l'avenir devant lui. Malheureusement, le temps est rarement un allié. Encore moins pour les sportifs dont la maturité s'apparente souvent à un carrefour vers le déclin. Philippe Mexès, 30 ans, est arrivé à cette intersection sans que l'on sache s'il a entamé la descente ou si ses performances actuelles ont plus à voir avec la conjoncture et une saison difficile, passée en rééducation après une rupture des croisés en avril 2011, puis sur le terrain, avec des hauts et des bas qui l'ont parfois relégué sur le banc de touche du Milan AC. C'est dans ces conditions et avec une grosse dose d'incertitude que le Milanais s'apprête à jouer son premier match en grande compétition internationale*, lundi (18 heures), face à l'Angleterre.

Talentueux, Philippe Mexès a longtemps eu un défaut : ne pas plaire au patron, Raymond Domenech, qui n'a jamais rien fait pour le mettre dans des conditions propices à son éclosion. Pas la peine de revenir sur l'épisode de l'Autriche, en 2008. Ajoutez à cela une incompatibilité entre les deux hommes. Le libéro trouvant le patron des Bleus "antipathique". Avec Laurent Blanc, rien de tout cela. Le sélectionneur actuel des Bleus aime son lointain successeur, joueur de ballon habile, même si parfois un peu trop facile. Dès sa prise de fonction, il en a fait un titulaire indiscutable, lui donnant le brassard en Norvège où les nouveaux Bleus de Blanc faisaient leurs premiers pas, en août 2011. Deux ans après, Mexès est toujours là, associé à Adil Rami. Laurent Blanc n'a pas dévié d'un iota.

Il fait les efforts et surveille son alimentation

Entre-temps, il y a eu du bon. Du très bon même, comme ce soir de février 2011 face au Brésil (1-0), où Mexès avait réalisé une prestation de choix. Du moins bon aussi. Après sa grave blessure, l'ancien Auxerrois a retrouvé sa place mais pas la totalité de ses moyens. On l'a vu lors de la préparation, où le natif de Toulouse a parfois été limite, face à des adversaires d'un calibre bien inférieur à ceux qu'il va croiser en Ukraine. Même si le staff médical et Blanc ont pris sa défense. Philippe Mexès fait les efforts, tente de surveiller son alimentation et doit, avant tout, son étouffement physique à un recours appuyé à la musculation. Il est évident que le défenseur central n'est pas au top.

Pour le moment, Laurent Blanc n'est pas inquiet. Et trouve des circonstances atténuantes au défenseur, que le staff a "beaucoup fait travailler, beaucoup jouer" et qui a "peut-être eu du mal à encaisser". C'est recevable. C'est surtout souhaitable alors que les solutions ne sont pas légion en défense centrale, où Laurent Koscielny est le troisième et dernier stoppeur retenu par Laurent. Plus que jamais, Philippe Mexès est conscient de la responsabilité qui lui incombe. Face à l'Angleterre, il sera scruté de près. Et n'aura pas le droit à l'erreur. Il serait tout de même dommage d'être revenu d'aussi loin pour échouer aussi près du but.

* Philippe Mexès a disputé et remporté la Coupe des Confédérations 2003.