Mexès-Rami, les deux font la paire

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Mexès et Rami, demi-tour impossible
Par Vincent BREGEVIN|Ecrit pour TF1|2012-05-21T20:24:20.000Z, mis à jour 2012-05-26T15:30:19.000Z

Proches sur le terrain comme en dehors, Philippe Mexès et Adil Rami auront un rôle clé à jouer lors de l'Euro 2012. Le duo, qui composera sauf cataclysme la charnière centrale de l'équipe de France pour la première fois dans un grand tournoi international, déterminera en partie le destin tricolore.

Laurent Blanc partira un peu dans l'inconnu à l'Euro 2012, son premier grand tournoi international en tant que sélectionneur. Mais l'ancien libéro des Bleus en connait déjà un rayon sur l'importance de la défense centrale pour ce type d'épreuve. A sa prise de pouvoir, il avait ainsi confié à Philippe Mexès et Adil Rami la responsabilité de composer cette charnière si déterminante pour la stabilité d'une équipe. En indiquant assez clairement qu'il comptait sur elle à long terme. En Suède et en Ukraine, elle effectuera, sauf cataclysme, son baptême en compétition internationale.

Jusqu'ici, cette charnière a plutôt donné satisfaction. Même si Blanc aurait probablement préféré l'aligner plus souvent. Les blessures de Mexès, absent d'avril à novembre 2011 après avoir été touché au genou puis à la main, ne lui ont pas permis de réaliser ce souhait. Au total, Mexès et Rami ont composé la défense centrale à dix reprises. Le sélectionneur est resté fidèle à son idée de départ, malgré une entame un peu poussive. "Quand on a perdu en Norvège (1-2), pour notre première sélection commune, je me suis dit : 'ils vont dire que c'est parce qu'on manque de vécu'. Après la Biélorussie : 'cette fois, on va nous tomber dessus'. Et puis on a eu le déclic en Bosnie", se souvient Rami.

La victoire à Sarajevo (0-2) a été fondatrice pour les Bleus de Blanc, et en particulier pour ce duo de défenseurs centraux. Derrière, ils ont été alignés ensemble à huit reprises, pour sept victoires et un nul, face à la Croatie, le 29 mars 2011 (0-0). Sur ces huit matches, les Bleus n'ont concédé que deux buts, lors de la victoire en Angleterre le 17 novembre 2011 (1-2), et récemment à l'occasion du succès acquis en Allemagne (1-2). La cage tricolore est par ailleurs restée inviolée à six reprises avec cette charnière, ce qui prouve son efficacité. "Ça se passe bien avec Rami, confirme Mexès. "On doit apprendre à mieux se connaître encore. C'est plus facile dans ce contexte que lors des rassemblements pour les matches de qualification, qui ne durent que deux ou trois jours. Il y a de la complémentarité entre nous deux. Rami est un peu plus le "bûcheron", mais il a beaucoup progressé dans la relance. Moi, je suis plus dans le rôle du libéro", estime le défenseur du Milan AC.

Rami : "L'humain est aussi très important"

Le profil de cette charnière n'est pas sans rappeler celle que composait justement Laurent Blanc avec Marcel Desailly aux plus grandes heures de l'équipe de France. La comparaison n'a pas manqué de fuser depuis que Blanc est le sélectionneur tricolore. "Je suis qui ? Blanc ou Desailly ? Je pense plus être dans le rôle de Desailly, s'exclame Rami dans un éclat de rire. "L'humain est aussi très important, reprend-il. Quand on sait que la personne à côté est capable de se battre pour toi, à nous couvrir, c'est ce qui fait la différence. Et avec Philippe, c'est ce que je ressens. On se chambre hors du terrain. C'est Philippe, le clown. Moi, j'ai mûri." Spontanément, Mexès souligne aussi l'importance de la bonne relation qu'il entretient avec Rami dans leurs performances sur le rectangle vert. "S'il y a de la complémentarité entre nous deux, peut-être aussi parce qu'on s'entend bien en dehors du terrain", avance l'ancien Auxerrois.

Un autre phénomène rapproche les deux joueurs. A trois semaines de l'Euro, leur forme physique fait débat. Mexès a connu une saison tronquée par les blessures, tandis que Rami a semblé émoussé au terme de son premier exercice avec Valence. "Je ne suis pas inquiet. Il faudra attendre les matches pour en savoir plus. On a rendez-vous en quarts et après on pourra en parler, lance l'ancien Lillois. Je trouve ça marrant d'en parler. Tout ça c'est pour vendre du papier. Je ne suis pas fatigué et, de toute façon, il n'y a jamais rien qui va. J'ai été suspendu pour le dernier match et j'ai pu me reposer un peu. Et je continue de lire que c'est inquiétant. Je n'ai pas 36 ans, j'en ai 26." Comme Mexès, Rami va pouvoir profiter du temps qui sépare l'équipe de France du coup d'envoi de l'Euro pour retrouver une forme physique optimale. Et montrer à Laurent qu'il a bien fait de rester fidèle à ce duo de choc.