Ils n'ont pas vu le même match

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Ils n'ont pas vu le même match
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-24T06:33:32.000Z, mis à jour 2012-06-24T21:54:23.000Z

Après leur défaite face à l'Espagne, les Français se sont consolés en se disant qu'ils avaient fait douter les champions du monde. Une manière de voir les choses...

Avant de monter dans le bus et de rentrer à Kirsha pour leur dernière nuit ukrainienne, les Bleus se sont divisés en deux groupes, samedi soir. D'un côté, les fatalistes. De l'autre, les soulagés. Mais tous ont été réunis par un constat : le coup n'est pas passé loin face à ce qui reste une formidable machine à gagner et à dérouler, l'Espagne. Constat qu'il est difficile de suivre tant les joueurs de Vicente del Bosque ont semblé maîtres de leur affaire et sûrs de leur coup sur la pelouse de la Donbass Arena.

"L'Espagne n'était pas à son meilleur niveau, elle était fébrile et perdait des ballons", a jugé Hatem Ben Arfa qui, du banc, a senti qu'il y avait "la place". "On leur a quand même fait peur", a osé de son côté Yann M'Vila. Dans un match de football, il y a ce que le score dit : 2-0, avec un deuxième but marqué durant les arrêts de jeu. Ce que les statistiques laissent entendre (55% de possession de balle "seulement" pour les Ibères). Et le ressenti qui, lui, est bien moins favorable à la thèse bleue. Durant 90 minutes, ou tout au moins après l'ouverture du score de Xabi Alonso, cette équipe espagnole a semblé jouer à l'économie, parfois même en marchant, tandis que l'équipe de France s'époumonait à essayer de revenir à marque, sans jamais y parvenir.

Six fautes espagnoles...

"On a fait une bonne deuxième période. On a réussi à les mettre en difficulté, se félicite Yohan Cabaye. A 1-0, ils n’étaient pas aussi sereins qu’ils le sont d’habitude." Cette sensation n'était pas palpable vu des tribunes, où l'on a surtout eu le sentiment que la machine espagnole, il est également bon de le rappeler, a parfaitement quadrillé le rectangle vert et laissé que peu d'espaces à Karim Benzema et ses partenaires. Sur l'ensemble de la partie, les Français n'ont frappé qu'à quatre reprises et cadré une seule fois, par Yohan Cabaye, sur un coup franc magistral qu'Iker Casillas est allé sortir de sa lucarne(32e). Le reste est passé loin du but espagnol. Très loin.

Ajoutez à cela que les Ibères n'ont pas eu à s'employer plus que cela, auteurs de six fautes seulement sur l'ensemble de la rencontre. Sur un quart de finale de Championnat d'Europe, on ne doit pas être très loin d'un record et de la preuve ultime que le danger bleu n'était pas si oppressant. N'en déplaise aux Tricolores. Finalement, l'analyse la plus lucide est peut-être sortie de la bouche de Gaël Clichy, aligné lors de trois des quatre matches de l'équipe de France et qui, pour avoir joué Barcelone avec Arsenal, a vu quelques points communs entre la formation catalane et l'équipe nationale. Et a ressenti cette même impression : "Pendant le match, tu cours après le ballon. Une fois que tu peux l'utiliser et faire le geste juste, la fatigue se fait se sentir et il manque la lucidité pour réussir un coup." Le sentiment d'y être presque. En étant loin du compte. Un peu l'histoire de l'équipe de France samedi.