Nasri se cherche encore

Voir le site Euro 2012 de football

Nasri se cherche encore
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-01T21:14:00.000Z, mis à jour 2012-06-02T17:22:06.000Z

Satisfaisante pour Laurent Blanc, la prestation de Samir Nasri face à la Serbie alimente pourtant le débat sur son rendement en Bleu.

"Peut mieux faire." Laurent Blanc n'a pas été pleinement convaincu par la performance de Samir Nasri face à la Serbie (2-0). Mais il n'a pas cédé au scepticisme ambiant. Les critiques, parfois acerbes, à l'égard du Citizen, le patron des Bleus les juge "sévères". Disproportionnées. Car aux yeux du Cévenol, Nasri "est tout de même en progrès". Par rapport à sa prestation insipide face à l'Islande (3-2), quatre jours plus tôt, c'est incontestable : l'ancien Gunner va effectivement mieux. Mais ce n'est pas encore Byzance.

Jeudi soir, Nasri a rendu une copie à peine plus convaincante que la précédente. Aligné sur le flanc droit, à un poste où il a ses repères à Manchester et qu'il occupait régulièrement à Arsenal, il s'est d'abord efforcé d'accélérer le jeu. De combiner avec Karim Benzema et Franck Ribéry, ses deux compères offensifs. Le Marseillais n'a pas hésité à s'appuyer sur le Madrilène et à permuter avec le Munichois. "Ces trois-là ont prouvé qu'ils pouvaient jouer ensemble, savoure Blanc. Mais il faut avoir l'état d'esprit de le faire. J'espère que cet état d'esprit va perdurer parce qu'avec leurs caractéristiques, ils peuvent mettre à mal une défense."

Meneur, ailier et relayeur

Pour peu que les bonnes intentions de Nasri perdurent. Jeudi, elles se sont évaporées au bout d'une demi-heure plutôt probante. Une demi-heure durant laquelle Nasri a gommé ses travers. Une demi-heure durant laquelle il a joué juste, dans le bon tempo. Ensuite ? Le tout frais champion d'Angleterre est retombé dans ses travers. Au lieu de faire vivre le ballon, il s'est remis à le monopoliser à outrance. Nasri a alors perdu sa spontanéité. L'entrée d'Hatem Ben Arfa, conjuguée à la sortie de Yohan Cabaye, l'a repositionné au milieu, à la droite d'Alou Diarra. Ce poste de relayeur ne l'a pas aidé à rayonner davantage sur le jeu tricolore. A sa décharge, il n'avait plus les jambes pour le tenir.

Cette circonstance atténuante est recevable. Elle le serait d'autant plus si ses sorties en Bleu étaient globalement positives. Elles ne le sont pas. Cinq ans après ses premiers pas internationaux, Nasri compte 30 sélections. Une seule a vraiment marqué les esprits : celle du 11 octobre, contre la Bosnie-Herzégovine. Ce soir-là, il a, de son propre aveu, "marqué le but le plus important de sa carrière" : un penalty qu'il avait lui-même provoqué et qui a envoyé les Bleus à l'Euro. Sa brillante partition contre l'Angleterre, le 17 novembre 2010, à Wembley (1-2), est également à ranger dans l'étagère de ses "souvenirs heureux". Mais son bilan sous l'ère Laurent Blanc est frustrant. Qu'il soit aligné en meneur de jeu axial, dans une position plus reculée, ou sur un côté.

La concurrence attend son tour

A 24 ans, Nasri affirme pourtant "s'être bonifié et assagi". "Avant, j'étais peut-être plus brut de décoffrage quand j'avais 20-21 ans, je démarrais au quart de tour, disait-il en ralliant Clairefontaine mi-mai. Mais je me suis calmé." A l'excès ? Avec les Bleus, il est devenu un joueur prévisible. Trop hésitant dans ses transmissions pour créer des décalages. Insuffisamment percutant pour dynamiser les couloirs.

Blanc attend toujours "une réponse sur le terrain" d'un joueur qui, l'été dernier, réclamait une explication "entre quatre yeux". Dix mois plus tard, le sélectionneur lui maintient sa confiance. Contre vents et marées. Mais à neuf jours de France-Angleterre, la concurrence frappe à la porte : à droite, elle s'appelle Hatem Ben Arfa, Jérémy Ménez et Mathieu Valbuena ; au milieu, puisque Yohan Cabaye et Florent Malouda semblent avoir une longueur d'avance, Marvin Martin et Blaise Matuidi attendent leur tour. Samir Nasri n'a plus qu'un match pour se frayer un chemin. Mardi prochain, au Mans, face à l'Estonie.