"Ne vous inquiétez pas..."

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'Ne vous inquiétez pas...'
Par Maxime DUPUIS (Envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-21T09:11:03.000Z, mis à jour 2012-06-21T22:53:23.000Z

Jeudi matin, Alain Boghossian est venu assurer le service après-vente et mettre le couvercle sur les évènements du vestiaire de Kiev qui n'ont, juge-t-il, rien à voir avec Knysna.

Depuis deux ans, les Bleus ont progressé. Et pas seulement sur le terrain. Au surlendemain d'une défaite face à la Suède (0-2) qui a laissé des traces et déclenché quelques déflagrations dans le vestiaire, Alain Boghossian est venu éteindre les dernières braises d'un incendie qui n'a jamais vraiment pris puisque rapidement circonscrit par Laurent Blanc et le staff de l'équipe de France, et ceci dès mercredi. Du coup, même deux ans après Knysna, 2012 n'a rien à voir avec 2010. Boghossian, qui était du désastre sud-africain, le clame haut et fort. Sans aucune hésitation.

"Ce n'est pas du tout comparable, a lancé l'adjoint de Laurent Blanc. Il y a eu des échanges dans le vestiaire mais c'est tout à fait normal. C'eut été pire s'il n'y avait rien eu. On est complètement passé à côté. Il y a eu des altercations, enfin des échanges. On s'est dit les choses. C'est comme dans un couple. Maintenant, on est qualifiés. On peut donc rebondir. J'espère que ça sera un plus pour samedi."

"Il faut lâcher le crabe"

Samedi, ce sera l'Espagne. Et si les Bleus ont une chance de passer ce tour, c'est aussi en raison de la gestion de crise de l'Etat tricolore. Si ça a chauffé dans le vestiaire, tout a été mis en place pour que ce petit monde revienne à la raison aussi vite qu'il était monté dans les tours. Une fois le départ du stade effectué, les Bleus se sont retrouvés à table à Kirsha. Un dîner "tranquille", dixit Boghossian, pour digérer et une petite réunion pour relancer la machine. "On s'est dit les choses et on est reparti pour affronter le match de samedi", a-t-il expliqué, lui qui, d'expérience, sait que laisser mariner les gens dans leur coin n'est pas la bonne manière de faire : "Il faut faire des briéfings et des débriefings. On a des rapports humains. Il y a des échanges qui sont fondamentaux. On ne laisse pas trainer. Il faut lâcher le crabe, comme on dit dans le sud."

Le crabe, Ben Arfa et Blanc l'ont également lâché et tout est rentré dans l'ordre rapidement. "Il n'y a pas eu d'accrochage plus que ça. Il y a eu un échange. Les deux personnes ont tout remis à plat et se sont serré la main", dévoile l'ancien champion du monde qui n'est pas contrarié par les fuites de vestiaire. Le métier veut ça. "On le sait avant toute compétition. On sait que tout se sait. J'ai pu le voir par le passé. Rien ne vous est inconnu mais on n'a rien à cacher. Si ça ne s'était pas dit, peut-être que Laurent vous l'aurait dit. Ne vous inquiétez pas, nous n'avons aucun souci." Enfin si, un. Il s'appelle l'Espagne. Et Boghossian, comme l'équipe de France, est désormais complètement concentré dessus : "Je peux vous dire que tout est aplani, le feu est éteint. On part sur une base solide et j'espère que vous aurez oublié après notre victoire."